AVANT-PREMIERE

AVANT-PREMIERE - Catacombes

Interview de Perdita Weeks

En prévision de la sortie - prévue pour le 20/08 - de Catacombes (As Above, So Below en v.o.), nous avons eu la chance de rencontrer Perdita Weeks, héroïne tête brûlée de l’efficace found footage des frères Dowdle. Le charme de l’actrice british est tel qu’il est difficile de ne pas fondre. C’était donc couru d’avance que de multiples journaleux se liquéfient sur leur siège durant cette journée parisienne de junket, désarmés par sa beauté naturelle et son sourire communicatif. Vous me direz, il y a pire comme épreuve…

Alan Deprez : Perdita, le tournage de Catacombes (As Above, So Below) a dû s’avérer très physique. Comment vous y étiez-vous préparée ?

Perdita Weeks : Il l’était ! J’ai l’habitude de m’astreindre à des séances de fitness pour garder la forme, mais je n’étais pas certaine à 100 % du degré d’implication physique nécessaire au tournage du film. Sur place, beaucoup de choses se sont déroulées de manière spontanée - en fonction du temps dont l’on bénéficiait dans les catacombes - et j’étais ouverte à toutes les suggestions. Personnellement, j’ai tourné le maximum qui m’était permis, car j’avais une doublure pour les cascades et les scènes plus dangereuses. Elle était incroyable, très svelte et tonique. Elle passait son temps à escalader des tas d’obstacles et à grimper sur des parois délicates. Qui plus est, elle me permettait d’être à deux endroits à la fois ; tournant certains plans en caméra subjective, pendant que par exemple, je m’éclipsais pour me changer et revenir sur le plateau couverte de sang. Nous passions toutes deux beaucoup de temps à courir. « Physique », c’est tout à fait le mot. Je me suis bien amusée, même si je ne comptais plus les contusions aux genoux et aux coudes. Ça faisait partie du boulot.

Et qu’est-ce qui a été le plus éprouvant à tourner ?

Par où commencer… Peut-être descendre en rappel dans une galerie des catacombes ? J’avais déjà un peu fait ce genre de choses dans ma vie privée, mais uniquement pour le plaisir. C’était génial à tourner, parce que nous étions plusieurs acteurs à être suspendus dans ce tunnel et donc à expérimenter la même situation. J’ai aussi beaucoup dû courir, avec un sac à dos et du matériel caméra très lourds. Sans oublier cette scène de combat à la fin du film, quand George (Ben Feldman-ndr) s’est fait mordre dans le cou et pour laquelle les cascadeurs nous ont vraiment impliqués dans le processus. Je me souviens de ce cascadeur, très costaud, qui devait m’attraper et me jeter au loin. Je me suis retrouvée en train de voler ! (rires) Si bien qu’après cette prise, John (John Erick Dowdle, réalisateur de Catacombes-ndr) a bondi vers moi pour savoir comment j’allais. Je lui ai fait signe de continuer à tourner. Nous étions constamment dans l’énergie. Nous filmions dans des endroits très exigus et inconfortables. Mais selon moi, celui qui a eu le travail le plus difficile est Léo (Hinstin-ndr), le directeur de la photographie, car il devait composer avec tous ces paramètres. Nous, les acteurs, nous contentions de faire notre boulot et d’éviter de nous cogner à la caméra, qui nous suivait au plus près et bougeait dans tous les sens.

Vous intéressiez-vous à l’archéologie et à l’alchimie avant de vous retrouver sur ce projet ?

Je ne connaissais pas vraiment l’alchimie, sauf des personnalités historiques citées dans le film, comme Nicolas Flamel. C’était de lointaines réminiscences de mes études d’Histoire. Je m’étais toujours intéressée à Paris et j’étais enchantée de découvrir ces lieux par moi-même. A l’image de cette église proche de la Gare du Nord (l’Église Saint-Vincent-de-Paul-ndr), dans laquelle je me rends pour débaucher George et où l’on se retrouve dans le clocher (George est sensé réparer l’horloge) puis sur le toit. Ce sont des endroits interdits au public et nous étions privilégiés d’y avoir accès.

Sur le plateau, était-ce compliqué de devoir s’adresser frontalement à la caméra (un des aspects récurrents du found footage-ndr) ?

C’était assez particulier. D’ordinaire, en tant qu’acteur, c’est quelque chose que l’on n’est pas supposé faire : briser le quatrième mur (distanciation : quand le comédien/l’acteur s’adresse directement au public/à la caméra-ndr). Mais sur As Above, So Below, il ne s’agit que de cela. L’intégralité du projet repose là-dessus. Cet effet est partie prenante du film et totalement justifié, car on y tourne un documentaire sur mon personnage. Ça a eu des répercussions sur tout le monde : chaque acteur devait en tenir compte et réagir en fonction. Pour ma part, je devais souvent m’adresser à Benji (Edwin Hodge-ndr), l’homme derrière la caméra, et être concentrée sur le fait que les spectateurs ne devaient jamais oublier qu’il était présent. Par conséquent, nous avons énormément improvisé. Nous marchions longuement dans les catacombes, alors que la caméra nous suivait, pour cultiver les interactions entre nos personnages. Nous y étions habitués. Léo (Hinstin, le chef opérateur-ndr) était incroyable. La plupart du temps, il était en plein milieu de la scène, parmi nous, et devait réagir comme un acteur. Quand on courait, la caméra devait se mouvoir sous l’effet de l’essoufflement de son personnage. A un point tel qu’à la fin du tournage, Léo était devenu le 7ème membre de l’équipe (d’explorateurs des catacombes-ndr) !

Était-ce particulier de ne pas savoir quand la caméra se tournerait vers vous ?

C’était inhabituel et ça impliquait que l’on soit constamment dans le jeu. On ne pouvait pas faire semblant. Rester dans l’énergie de l’acting - en alerte - est un des aspects les plus intéressants pour un acteur lorsqu’il tourne dans un found footage.

On a plutôt l’habitude de vous admirer sur le petit écran (dans Les Tudors, la mini-série Le vol des cigognes, …). En réaction, Catacombes marque-t-il une nouvelle orientation dans votre carrière ?

J’adore le cinéma. C’est si différent de quand on travaille pour la télé. Et encore plus dans ce cas, au vu de la forme choisie pour As Above, So Below (le found footage-ndr). Professionnellement, c’est le meilleur rôle que l’on m’ait confié. C’était très excitant de me confronter à ce genre d’univers et j’aimerais réitérer l’expérience. En tant qu’actrice, j’aime multiplier les plaisirs, en tournant pour le cinéma et la télé. Et j’adorerais me produire au théâtre.

Après Prowl (2010), Catacombes est une autre incursion de votre part dans le fantastique et l’horreur. Est-ce un genre qui vous attire ? Et à l’avenir, aura-t-on le privilège de vous revoir dans des œuvres du même acabit ?

Absolument. En tant que spectatrice, je suis très facilement impressionnable par ce genre de films. Leur vision m’est éprouvante et très intense ! (rires) J’adore Cloverfield, dans lequel figure Ben (Feldman-ndr). Après l’avoir vu en salle, j’étais sortie épuisée par l’expérience et en sueur. Le film maintient le spectateur dans un état de tension permanent. Sinon, je trouve Paranormal Activity très effrayant. On ne peut jamais prévoir ce qui va s’y passer. Ce qui est certain, c’est que j’adorerais retravailler dans le genre, mais tout dépend des opportunités et des talents impliqués. Sur Prowl, j’avais eu un bon contact avec tout le monde, bien que le tournage avait été très exigeant. Nous devions faire vite : nous ne bénéficiions que de trois semaines de tournage en Bulgarie (à Sofia) et le lieu de tournage était surréaliste : une ancienne exploitation minière, emplie de vase et de poussière. D’ailleurs, toute l’équipe technique portait des masques de protection. C’était grisant, dans le sens où à l’époque, c’était mon expérience professionnelle la plus difficile. Durant trois jours, nous avions enchaîné les nuits de tournage, à devoir maintenir nos personnages dans l’état émotionnel adéquat (ils vivent des choses atroces). C’est ce type d’expériences qui contribue à consolider les liens entre les acteurs. On est tous dans le même bâteau, à repousser nos limites.

Sans indiscrétion, sur quoi allez-vous travailler dans les mois à venir ?

Je n’en suis pas certaine. Ce n’est pas encore défini.

Peut-être que l’on vous verra sur scène ?

Bien sûr, j’adorerais revenir à Londres pour jouer dans des pièces de théâtre. Je ne sais pas quand, mais ça me plaîrait.

On vous imagine bien dans ce registre.

Oui, après m’avoir vue dans tous ces drames historiques télévisés. C’est pourquoi je suis d’autant plus heureuse d’avoir pu tourner dans As Above, So Below, qui m’a permis de faire quelque chose de complètement différent. En Angleterre, les gens m’associent beaucoup aux films d’époque, à cause de la série Les Tudors et de Lost in Austen (Orgueil et quiproquos, 2008-ndr). Je ne renie rien de tout cela, mais j’ai aussi d’autres envies. J’ai démarré l’acting très tôt et au fur et à mesure que je vieillis, j’ai l’impression que les rôles que l’on me propose s’étoffent. J’aspire à des rôles de plus en plus complexes, qui expriment une très large palette d’émotions.

Avec quels réalisateurs rêveriez-vous de collaborer ?

J’adorerais travailler avec Steven Spielberg, qui est un des plus grands cinéastes en activité. Cela dit, en Angleterre, on ne manque pas non plus de talents, avec des gars comme Joe Wright (réalisateur du Orgueil et préjugés porté par Keira Knightley, de Reviens-moi et du thriller Hanna-ndr) et Tom Hooper (Le discours d’un roi-ndr). Et je serais aux anges si Pedro Almodovar pouvait me choisir pour un de ses prochains films. C’est un de mes réalisateurs préférés. Mais je devrais perfectionner mon espagnol ! (rires) Je n’aurais pas le même problème avec Alfonso Cuarón, qui est tout aussi génial et a l’habitude de diriger des films en anglais. Il y en a tellement… Par contre, j’avoue que je serais terrifiée à l’idée de travailler avec certains d’entre eux. Ce serait placer la barre très haut !

Merci à Ariane Vandenbosch, à Banita Ramchurun, ainsi qu’aux équipes de Sony Pictures Releasing Belgium et NBC Universal (Universal Pictures International).

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