AVANT-PREMIERE

AVANT-PREMIERE - Elysium

District 10

En 2154, fait pas bon être pauvre : la Terre est désormais un bidonville géant où se tassent 99.99% de prolos. Ancien délinquant, Max Da Costa fait partie du lot et travaille désormais dans une usine en faisant profil bas. Mais un accident de travail va l’amener à subir des radiations mortelles à long terme, et comme la couverture sociale équivaut à peau de balle, Max est sûr de crever s’il reste sur Terre. Sa seule option est d’aller sur Elysium, beignet géant interstellaire où ont émigré les plus gros portefeuilles de la planète. Mais comme ces salauds de pauvres ne sont pas bienvenus, il faudra trouver un moyen plus musclé pour y accéder.

En 2009, un jeune Sud-Africain secoue la planète avec District 9, petit film SF parrainé par Peter Jackson, qui récolte plus de 200 millions de dollars au box-office et 4 nominations aux Oscars. Pas mal du tout pour un début, d’autant que le film est un petit bijou d’impertinence punk.

Evidemment, les sirènes d’Hollywood n’ont pas tardé à appeler Neill Blomkamp et le voilà parachuté sur un projet de 100 millions de dollars avec Matt Damon en tête d’affiche. Connaissant l’imagerie unique de Blomkamp et l’esprit libertaire qui se dégageait de District 9, les attentes étaient très fortes. Trop fortes, peut-être.
Si Elysium est incroyablement généreux en scènes d’action, plus burnées les unes que les autres, on sent que le taureau Blomkamp est devenu un bœuf : châtré par le formatage hollywoodien, il reste sagement dans les rangs, sucre toute impertinence et délivre un sous-texte politique d’un manichéisme ahurissant (bons prolos contre méchants riches).

Si Matt Damon et Sharlto Coplay (magnifique dans le rôle du mercenaire Kruger) tirent leur épingle du jeu, que dire de Jodie Foster, engoncée dans un rôle de méchante caricaturale qui passe son temps à serrer la mâchoire et faire les gros yeux ? Mais ce n’est pas encore le plus grave : District 9 racontait l’histoire de Wikus van de Werve obligé de se planquer dans un bidonville pour échapper à de vilains corporatistes qui en voulaient à son ADN mutant. Elysium raconte l’histoire de Max qui se fait poursuivre dans un bidonville par d’infâmes capitalistes car il a des secrets cachés dans son cerveau. Ahem, rien à ajouter votre honneur…

Visuellement superbe et généreux en scènes d’action, Elysium a malheureusement courbé l’échine devant le formatage hollywoodien et se vautre dans un scénario gluant d’humanisme niais. Le film reste néanmoins dans le haut du panier question dystopies sur écran, mais la sanction est sévère car on pouvait vraiment s’attendre à mieux de la part du petit génie qui nous avait offert District 9.

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