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AVANT-PREMIÈRE - Fornacis

25 juin 2018 | Par : Quentin Meignant

Écorchée vive

Organisatrice du festival Même Pas Peur dont nous vous parlons avec assiduité dans ces colonnes depuis quelques années déjà, Aurelia Mengin est aussi une réalisatrice dont les courts et moyens métrages ont jusque là fait l’unanimité pour leur qualité et ont surtout voyagé dans le monde entier. Autant dire que son premier long, Fornacis, était fortement attendu du côté de notre rédaction et que le découvrir en avant-première a été un véritable plaisir.

Fornacis, dont nous vous parlions déjà au cours de l’interview d’Aurélia Mengin (à retrouver ICI), suit Anya, obsédée par la disparition de Frida, sa compagne. Voyageant avec l’urne de la défunte, elle plonge petit à petit dans un univers parallèle fait de souvenirs, de souffrances et où le rêve et la réalité se mélangent au moment d’une rencontre troublante avec Wolf.

Premier long métrage 100% indépendant, Fornacis ne tarde pas à faire la démonstration de son originalité. La mise en place unique de son personnage central étincelle dès les premiers instants, bercée par une bande son incroyable encore renforcée par une implacable voix off. Ce traitement très particulier fait de Fornacis un OFNI, statut que le film ne manque pas de revendiquer à chaque instant. Sons saturés, bande originale décalée, tout y est à l’avenant.

Développant les différentes facettes de la souffrance d’Anya - merveilleusement campée par elle-même - , Aurélia Mengin parvient à tirer la quintessence de l’image du deuil en procédant à un véritable enchevêtrement du rêve et de la réalité. Les intrications entre onirisme et douleur humaine transforment le tout en oeuvre hautement sensitive. Écorchée vive au propre comme au figuré, Anya constitue le véritable prisme du symbolisme du cinéma de la réalisatrice. En appelant à la sensualité autant qu’à la douleur, aux plaisirs de la chair qu’à la violence des sentiments, le film est à classer au rang des réussites telles que L’étrange couleur des larmes de ton Corps ou encore du fabuleux Under the Skin.

Certes pas exempt de tout défaut - la séquence de présentation du personnage campé par Philippe Nahon étant un peut trop longue que pour tenir la route -, Fornacis parvient à instaurer une véritable ambiance troublante et envoûtante. Pépite d’un cinéma "autre", Fornacis est une belle leçon en matière d’esthétisme et de sensibilité. Le genre de film qui, certes, ne peut que diviser, mais qui rend toutes ses lettres de noblesse au cinéma de genre.

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