AVANT-PREMIERE

AVANT-PREMIERE - Hansel et Gretel : Chasseurs de sorcières

Poings d’épice

La relecture des grands classiques des contes de fées devient peu à peu un filon hollywoodien à la mode. Si certains choisissent de traiter le sujet avec légèreté (Tarsem Singh avec son Blanche-Neige), d’autres privilégient l’approche sombre, épique et guerrière (Blanche-Neige et le chasseur, le futur Maléfique).

Vu son titre, Hansel et Gretel : Chasseurs de sorcières fait clairement partie de la seconde catégorie et nous présente un Hansel (Jeremy Renner) et une Gretel (Gemma Arterton) ayant bien grandi depuis le fameux épisode de la maison en pain d’épice, armés jusqu’aux dents et prêts à en découdre avec une bande de sorcières menée par la diabolique Muriel (Famke Janssen). Cette orientation n’étonne pas lorsque l’on sait que Tommy Wirkola se trouve derrière la caméra. Pas vraiment un spécialiste de la finesse, on lui devait déjà la parodie déjantée Kill Buljo et Dead « zombies nazis » Snow, deux films perfectibles mais témoignant d’une vraie personnalité.

Une fois passé à la moulinette américaine, que reste-t-il des particularités du Norvégien ? Malheureusement, pas grand-chose. Visiblement l’ami Tommy s’est sagement contenté de suivre à la lettre le guide du petit blockbuster. On nage ici en terrain connu tout du long et on n’est jamais réellement surpris. Ainsi, le script enquille séquences d’action parfois peu lisibles, la faute à une obscurité trop forte accentuée par la 3D (dispensable, comme d’habitude), et rebondissements que l’on voit venir de loin. Même l’aspect gore, qui aurait pu extraire le film de la masse des actioners bien propres sur eux, ne change rien à l’affaire et semble avoir été intégré au film après coup, histoire de grapiller quelques fans de cinéma de genre.

Restent un rythme globalement bien maîtrisé, le charme de Gemma Arterton et le charisme inattendu d’un gentil troll nommé Edward (oui, je sais à qui vous pensez…), sans doute la seule bonne surprise du film. C’est toujours ça de pris.

Manquant de folie et de personnalité, malgré l’une ou l’autre bonne idée (comme le diabète de Hansel ou la présence de gadgets que ne renierait pas James Bond), Hansel et Gretel : Chasseurs de sorcières se laisse regarder le cerveau en pause et le pop-corn à la main, mais n’est pas la friandise qu’on aurait pu espérer au vu du concept. Espérons que Wirkola arrive à se sortir de l’emprise de la sorcière Hollywood et qu’il ne finira pas au four, comme un vulgaire tâcheron à la solde des studios.

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