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AVANT-PREMIÈRE - Super 8 Madness

9 juin 2014 | Par : Darkness Fanzine

Avant-première parisienne

Après avoir été présenté, hors compétition, en début d’année au 21e Festival international du film fantastique de Gérardmer, Super 8 Madness (2014), de Fabrice Blin, a (enfin) été projeté pour la première fois à Paris, vendredi dernier au cinéma Max Linder, en présence de la joyeuse équipe de Metaluna Productions et d’une grande partie des acteurs du documentaire. Pendant près d’une heure trente, les spectateurs ont pu découvrir l’histoire incroyable du Festival du super 8 fantastique – organisé de 1984 à 1989 par Jean-Pierre Putters et toute la rédaction de la revue Mad Movies – racontée par celles et ceux qui l’ont fait. A l’époque, Darkness Fanzine était présent pour parler de l’évènement. Voici un extrait du compte rendu du 5e Festival organisé à Paris, le 8 octobre 1988, et l’entretien exclusif de Fabrice Blin pour Handicapman II (16 minutes), son deuxième court métrage. Notez que l’intervieweur et l’interviewé avaient alors un peu moins de 20 ans...

Darkness Fanzine n°7, hors série, octobre 1988.

« Après avoir traversé la capitale pour rejoindre le théâtre de Paris, je découvre sur l’affiche du 5e Festival placardée à la sortie du métro : « Théâtre Marigny, ouverture à 12h30. » Me voilà reparti. A ma montre, il est 11h30 lorsque j’arrive sur place et il y a déjà du monde. Environ 300 personnes. Une demi-heure plus tard, on ouvre enfin les portes et c’est la bousculade. Cette année, les billets sont contrôlés à l’entrée. Tout le monde s’installe, réserve sa place. Les maquilleurs se préparent (et les maquillés aussi). Les responsables de fanzine se mettent en place lorsque je remarque Jean-Pierre Putters. Je m’avance vers lui et lui demande les raisons de ce changement de dernière minute. J’apprends que le théâtre de Paris, réservé par Michel Berger pour la comédie musicale Starmania, ne souhaitait finalement pas accueillir la manifestation. Une décision prise 48 heures avant l’ouverture du Festival ! Je laisse alors le rédacteur en chef de Mad pour voir et photographier les travaux éblouissants de l’Atelier international de maquillage ainsi que les créatures étonnantes du film Circus (10 minutes), de Jean-Christophe Spadaccini, en compétition cette année. L’heure indique 12h30. Je m’assois et Jean-Pierre Putters annonce l’ouverture du 5e Festival du super 8 fantastique de Paris en compagnie de la charmante Sue Perrouitt. »

Entretien avec Fabrice Blin :

Combien de temps as-tu mis pour réaliser Handicapman et Handicapman II ? Combien d’acteurs étaient présents ?

Trois jours de tournage avec les quatre acteurs, tous des copains de classe, plus Sam le chien de son vrai nom Samouraï Odon Frédéric des Ironvalles : vive les « pure race » ! Puis, environ deux jours pour le générique et quelques effets spéciaux. Voilà pour le tournage lui-même. Mais après ont suivi plusieurs semaines de galère solitaire pour tout ce qui touchait au montage et à la sonorisation du film. Note que pour Handicapman II, on a carrément mis le paquet avec trois jours de tournage à Noël, trois autres à Pâques et un acteur en plus !

Peux-tu rappeler ce que tu as reçu pour avoir remporté le Grand Prix et le Prix du Public du 4e Festival du super 8 fantastique de Paris ?

Ben pas grand chose ! La collection complète des livres Gore et quelques cassettes vidéos assez moyennes excepté celle d’Evil Dead, de Sam Raimi. Ce n’est pas terrible comparé au stage d’assistant-réalisateur remporté par Jean-Christophe Spadaccini pour Etat Stationnaire !

Peux-tu raconter brièvement l’histoire de Handicapman II ?

Il s’agit essentiellement d’une parodie du dernier Superman. A la place de l’homme nucléaire Made in Prisunic, on a mis Tchernoman, réplique à peine plus ridicule que l’original. C’est donc à ce bouffon qu’Handicapman va s’attaquer cette fois-ci, puisqu’il a l’intention de détruire notre planète. Original non ? Auparavant, le public a eu droit à la traditionnelle scène de pré-générique et à un flash-back sur l’enfance d’Handicapman...

Comment réalises-tu les photos truquées que tu proposes dans le film ?

Ce sont tout simplement des photos que je découpe et colle moi-même. A propos de celle parue dans Mad Movies n°55, il s’agit en fait de l’affiche du film dont j’ai fait tirer un négatif par un labo.

Y-a-t-il eu autre chose avant Handicapman et y-aura-t-il un Handicapman III ?

Avant Handicapman, il y a effectivement eu autre chose, en particulier une adaptation en dessin-animé du Slowburn Gag de Gotlib et d’autres films d’animation. Par contre, après Handicapman II, il n’y aura pas de III et, cette fois, c’est catégorique !

Combien coûte la réalisation d’un film ? Quels matériels utilises-tu ?

En fait, ce qui coûte le plus cher dans un film comme Handicapman, c’est la pellicule. Pour une durée de 10 minutes, il faut compter la moitié de ratages divers. Il faut donc acheter 15 minutes de pellicule de film S8K40 prépisté d’une durée de 2,5 minutes chacun, en 24 images par seconde, à 70 francs pièce soit 420 francs [64 euros]. A cela s’ajoute le prix du matos de location. Pour ma part, j’utilise une caméra Canon que je loue environ 100 francs par semaine. Enfin, pour Handicapman, il a fallu acheter pas mal de tissu pour les costumes et les accessoires. Le tout pour environ 200 francs [30 euros]. Soit un coût total d’un peu plus de 700 francs [110 euros] ce qui est vraiment un minimum pour un film super 8 correct.

As-tu des projets pour l’avenir ?

Pourquoi pas un film d’animation pour le Festival de 1989, mais rien n’est encore certain.

En 2002, Fabrice Blin réalisera le dessin animé Lobotoman, puis le court métrage Monsieur Méchant en 2008 et Mandragore en 2011 avant de terminer le documentaire Super 8 Madness en 2014.

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