Critique de film

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Achoura

"Achoura"
affiche du film

Quatre gosses jouent à se faire peur et se rendent dans une demeure condamnée, réputée maudite. L'un d'eux disparaît dans des circonstances mystérieuses. Les trois survivants refoulent le souvenir de ce qui a bien pu se passer, jusqu'à ce que Samir ne ressurgisse 25 ans plus tard. La bande recomposée va devoir se confronter à son passé.

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Les critiques à propos de ce film

Critique d’Achoura - Stranger Things happened in Morocco
Par : Damien Taymans
Tags : BIFFF 2019

Niveau calendrier, Achoura ne pouvait pas mieux tomber. Alors que la suite de Ça est annoncée et que Stranger Things en est à deux saisons sur Netflix, le film de Talal Selhami s’apprête à capter à son tour l’attention de ce revival des eighties confrontant une créature hideuse et une poignée de mioches prêts à en découdre au péril de leur vie. Pour autant, les similitudes s’arrêtent à peu près à l’évocation de cette thématique puisque le design de la créature et la mythologie développée sont ici singulières, bien plus que la narration binaire composée de nombreux flash backs illustrant le chaos qui a frappé un groupe d’enfants vingt ans auparavant.

Projet pharaonique en regard d’une production marocaine absolument pas rodée au cinéma fantastique, Achoura exploite avec distance une tradition nationale homonyme (appelée Nuit des enfants), davantage comme un prétexte pour préparer un terrain propice à son monstre qui se nourrit exclusivement de marmots. Vingt ans plus tard, ces multiples disparitions semblent trouver un écho dans le retour de Samir, depuis porté disparu, auprès de ses amis d’enfance. Dès lors, Achoura devient un film d’aventure fantastique davantage qu’un film d’horreur dans lequel des adultes torturés doivent affronter leurs propres peurs et traumatismes en même temps qu’ils tentent d’inhumer de nouveau la créature.

Nettement plus abouti et inspiré que Mirages, Achoura est un vrai film de monstres qui a le mérite d’aborder une mythologie inédite. Bénéficiant d’effets visuels efficaces, rythmé et visuellement bien foutu, le métrage de Talal aurait peut-être gagné à ramasser son histoire et à raccourcir la partie flash-back dans laquelle les comédiens enfants ânonnent leur texte comme des chiards déclament la poésie de fête des mères. En l’état, le métrage est une très recommandable alternative à des productions plus friquées, situé quelque part entre Ça et Fantômes contre fantômes mâtiné d’une vraie empreinte nationale.

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