Critique de film

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The Addiction

"The Addiction"
affiche du film
  • Année de production : 1995
  • Réalisateurs : Abel Ferrara
  • Scénaristes : Nicholas St John
  • Acteurs : Lili Taylor, Christopher Walken, Annabella Sciorra, Edie Falco, Paul Calderon
  • Musique : Joe Delia
  • Genre : Horreur
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 1h22
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Programmation Cinebel
  • Récompenses : Prix de la critique pour Abel Ferrara au festival de Mystfest en 1995 Prix du meilleur film au festival de Mystfest en 1995 Prix de la meilleure actrice (Lili Taylor) à la Semaine Internationale du Film Fantastique de Malaga en 1997 Prix du meilleur film à la Semaine Internationale du Film Fantastique de Malaga en 1997 Prix de la meilleure actrice (Lili Taylor) au Sant Jordi Awards en 1998

Comment une jeune étudiante en philosophie de l'université de New York, passionnée de Nietzsche et de Heidegger, va basculer dans la violence et l'horreur pour finir dans la rédemption.

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Trailer - The addiction (1995)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de The Addiction - Pour Lili Taylor uniquement...
Par : Gore Sliclez

En 1995, Abel Ferrara connaît alors sa plus belle période créatrice de sa carrière. Cinq ans après son film culte The King of New York (1990) et deux ans après le mitigé film de commande Body Snatchers (1993), le réalisateur new-yorkais revient avec un film plus personnel et discret : The Addiction (1995). L’histoire d’une jeune étudiante en philosophie, Kathleen Conklin, passionnée de Nietzsche et Heidegger, qui se fait mordre un soir par une vampire devenant ainsi son propre et principal sujet d’étude pour la thèse qu’elle doit défendre à la fin de son année universitaire. Devenue dépendante de sang humain, elle met en parallèle la théorie du plus fort prônée par ses auteurs favoris allemands et sa nouvelle vie nocturne, sombrant alors dans un cauchemar sans fin et une existence morbide.

Reprenant son thème de prédilection qui montre ses héros en proie à leur côté obscur, Abel Ferrara utilise ici comme prétexte le sujet du vampirisme pour aborder cette descente aux enfers que connaît son personnage de Kathleen. Tourné en noir et blanc comme un hommage au film de Murnau, The Addiction est un film sombre, pessimiste qui montre la dépendance vitale d’une femme pour le sang comme d’autres pour la drogue à travers des symptômes et des manifestations physiques similaires. Un « Cogito ergo sum » devenu ambigu et cynique pour cette jeune fille qui connaît soudainement l’immortalité du vampire et apprend parallèlement la philosophie.

Ceux qui attendent de voir des canines surdimensionnées et une hystéro grimper au mur seront déçus. Ici rien de cela, Ferrara privilégiant plutôt un réalisme conventionnel ce qui n’empêchera pas celui-ci de nous offrir au final une scène d’orgie sanglante bien gore accentuée par les contrastes du noir et blanc.

Parsemé de dialogues hautement philosophiques, le film peut paraître quelque peu prétentieux (le critique Peter Bradshaw du Guardian estimait que ce film était le meilleur de tous les temps c’est dire…) et surtout inabordable pour les allergiques de Platon et les recalés du bac. L’intérêt est à voir du côté de l’interprétation magistrale de Lili Taylor (High Fidelity, Factotum) qui trouve ici un de ses plus beaux rôles et paradoxalement (et volontairement) le plus déjanté pour une actrice qui reflète plutôt la timidité et la douceur. Epaulée pour l’occasion par un Christopher Walken toujours aussi inquiétant et félin.

The Addiction, s’il ne s’adresse donc pas à un public très large, et s’il est particulièrement lent par moment, n’en demeure pas moins un bon film d’ambiance, à la photographie soignée et aux contrastes saisissants. Une réalisation à ne pas aborder évidement comme un film pop-corn mais plutôt comme une œuvre unique, stylisée, décrivant une introspection obscure, fidèle en cela au cinéma d’un réalisateur décidément en marge du tout Hollywood.

Commentaires sur le film

Viscéral et cérébral, sans tomber dans le piège de l’intellectualisme.

4 etoiles

The Addiction se risque sur un terrain très ambitieux : celui de la métaphore du vampirisme d’une idée obsessionnelle, si obsessionnelle, qu’elle touche à l’être même de la pensée, en qui elle génère une transformation. Peu importe au fond l’idée : elle est addictive et vampirique. Aussi est-il tentant de dire que c’est dans les parages poétiques d’oeuvres littéraires comme La Métamorphose (Kafka) ou Morphine (Boulgakov) que Ferrara s’aventure. Les références philosophiques ne font guère plus que planter un décor, où la psychologie ne suffit plus, tandis que le film nous abreuve d’une noirceur poétique digne de son réalisateur, et dont la chute cannibale laisse la gorge un peu sèche, l’idée finale étant : nous nous entre-dévorons. On le savait déjà. Faute d’une vraie métamorphose, la métaphore tient la route.

26 mai 2011 à 12:05 | Par Plug

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