Critique de film

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Les Ailes de l'enfer

"Con Air"
affiche du film

Cameron Poe est un ancien 'ranger' décoré par l'armée américaine. Il sort de prison après une peine de 8 ans pour avoir défendu sa femme lors d'une agression. Il fait partie du même convoi aérien qu'un groupe de prisonniers extrêmement dangereux transferés vers une nouvelle prison. Il se retrouve rapidement au milieu d'une piraterie aérienne méticuleusement préparée par Cyrus Grissom dit 'le virus'. Aidé au sol par le marshal Vince Larkin, Poe va devoir se battre pour arrêter Cyrus et sa bande de sauvages...

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Trailer - Les ailes de l’enfer (1997)
Par : Damien Taymans


Les Ailes de l’enfer
Bande annonce vost publié par CineMovies.fr - Les sorties ciné en vidéo

Les critiques à propos de ce film

Critique de Con air, les ailes de l’enfer - Si tu n’aimes pas ce film, je tue le lapin
Par : Fred Pizzoferrato

Réalisé à la fin des années 1990, Les ailes de l’enfer s’inscrit logiquement dans la continuité des précédentes productions de Jerry Bruckheimer, le spécialiste de l’action explosive, précédemment derrière les réussites (commerciales du moins) que furent en leur temps Top Gun, Le filc de Beverly Hills, USS Alabama, Bad boys ou The rock. Ce-dernier ayant mis la barre assez haut tant par son casting prestigieux que par sa propension à détruire à peu près tout ce qu’il était possible de réduire en cendres, Bruckheimer se doit de franchir une nouvelle étape avec ce spectaculaire Les ailes de l’enfer.
Première idée : un scénario plutôt original et complètement farfelu dans lequel la vraisemblance n’est sans doute pas primordiale. Nous découvrons donc un brave héros, Cameron Poe, un ancien militaire ayant envie de passer une bonne soirée avec son épouse enceinte, pris à partie par trois petits voyous. Une bagarre éclate et Cameron tue un de ses antagonistes. Sur les conseils de son avocat, Cameron plaide coupable et espère s’en tirer avec un ou deux ans de prison. Malheureusement, la justice américaine, cette salope, décide de faire un exemple et envoie moisir notre brave soldat au trou pour huit ans. Là, il se sculpte un corps d’athlète et attend de retrouver sa fille en compagnie de son compagnon de cellule et ami « Baby O ». Le jour de la libération arrive finalement et Cameron et Baby O prennent place dans un avion aux côtés des pires raclures de l’humanité : le violeur récidiviste Johnny 23, le tueur en série sanguinaire Garland Greene, le militant noir extrémiste Diamond Dog, le travesti taré Sally Can’t Dance et le fameux Cyrus The Virus, surnommé ainsi car il est plus mortel que le cancer. Evidemment ce qui devait arriver se produit : les dingues prennent possession de l’avion et filent vers la liberté. Le dernier espoir des otages réside en Cameron Poe mais que peut-il, seul, contre cette bande de criminels impitoyables ?

Deuxième idée de Bruckheimer : réunir une galerie d’acteurs de premier plan, plus habitués du cinéma d’auteur ou des films dit « de prestige » que des superproductions estivales. Et, niveau casting, Les ailes de l’enfer ne lésine pas sur les vedettes, plaçant dans le rôle principal un Nicolas Cage tout à fait crédible en action star soucieux de se lancer sur les traces de Bruce Willis. A l’époque, Cage opère sa reconversion et quitte le cinéma d’auteur ou dramatique (Arizona junior, Sailor et Lula, Leaving Las Vegas pour lequel il vient de gagner un Oscar) en se lançant dans le cinéma d’action et de divertissement via The rock, 60 secondes chrono, 8mm ou encore Volte/Face. Dans Les ailes de l’enfer, Cage ne lésine pas sur la performance physique, se laisse pousser une tignasse, muscle son corps, sue à grosses gouttes et apprend à lever la jambe de manière crédible comme s’il avait regardé en boucle Delta force ou 58 minutes pour vivre.

A ses côtés, dans le camp des gentils, John Cusack incarne le flic opiniâtre, le seul à vouloir sauver les fesses du héros alors que tous les autres souhaitent abattre l’avion sans autre forme de procès. En dépit d’un temps de présence à l’écran assez restreint, Cusack livre une prestation enjouée et pleine d’entrain. Il passe, lui aussi, du cinéma intimiste (Stand by me) au blockbuster, délaissant Woody Allen (Bullets over Broadway) pour le débutant Simon « Je fais tout péter et je reviens » West. Une « reconversion » bien orchestrée tant l’acteur semble s’amuser, entre autre lorsqu’il s’empare de la superbe bagnole de sport d’un de ses collègues pour piquer une pointe sur l’autoroute. Enfin, Rachel Ticotin (FX 2, Total recall, Chute libre) joue l’indispensable mais discret élément féminin, à savoir la gardienne de prison à la quarantaine sexy menacée par un redoutable violeur en série. Une petite touche de grâce dans un monde d’hommes car le métrage de Simon West laisse peu de place à la douceur, laissant le champ libre à une avalanche de testostérone.

Car, évidemment, c’est du côté des méchants que Les ailes de l’enfer se lâche complètement en proposant une galerie de personnages tous plus tarés les uns que les autres, sans doute la plus belle réunion de déchets de la société jamais vue sur un écran de cinéma.
John Malkovich (Les liaisons dangereuses) mène la danse en incarnant Cyrus, tueur en série surnommé « The Virus », une véritable machine à tuer capable de toutes les cruautés et de toutes les bassesses, même de prendre en otage le lapin en peluche que Cage a acheté pour l’anniversaire de sa fille (« Si tu bouges, le lapin y passe »). Une séquence absolument délirante et jouissive faisant définitivement basculé Les ailes de l’enfer dans la parodie déjantée plus ou moins assumée et volontaire.

Ajoutons encore du côté des « gueules », Ving Rhames (la trilogie Mission : impossible mais aussi Pulp fiction ou Le sous-sol de la peur) en militant noir psychopathe, Danny Trejo (Une nuit en enfer, Anaconda) dans le rôle de Johnny 23, un violeur ayant 23 victimes à son palmarès (« si ils savaient la vérité ils m’appelleraient Johnny 600 ») et surtout Steve Buscemi, lequel joue un serial killer monstrueux, considéré par ses pairs comme un « trésor national » (« j’aime ce que vous faites » lui dit un Cyrus admiratif). Véritable clone de Hannibal Lecter, Buscemi (vu précédemment dans Le grand saut, Fargo ou Pulp fiction) s’en donne à cœur joie dans les répliques cultes (« le comble de l’ironie est de voir une bande de crétin danser dans un avion sur la musique d’un groupe mort dans un crash aérien » dit il alors que les taulards se trémoussent sur Sweet Home Alabama) même si on peut regretter que le cinéaste ne joue pas davantage sur sa cruauté plus suggérée qu’exposée. Reste toutefois une séquence inspirée de Frankenstein assez malsaine quoique traitée avec humour dans laquelle le maniaque chante une chanson avec une petite fille innocente.

Oscillant entre premier et second degré, entre action bien violente (la version « unrated » se permet encore quelques jets de sang supplémentaires) et humour parodique, Les ailes de l’enfer alterne le grand spectacle et la comédie avec une bonne humeur assez communicative. Les scènes d’action se révèlent en outre explosives (la dernière demi-heure donne d’ailleurs dans une joyeuse surenchère basculant définitivement le métrage dans le n’importe quoi assumé) et les acteurs, tous en grande forme, alignent les répliques les plus énormes ou les situations les plus absurdes avec un professionnalisme sans faille. Notons toutefois que la vision du métrage nécessite un certain sens du second degré, ce qui n’est manifestement pas le cas du jury des Razzie (les anti-Oscars) qui décernèrent au film un prix spécial pour sa totale absence de respect envers la vie humaine.

Prototype du blockbuster popcorn apparemment stupide mais réalisé solidement par une équipe motivée, Les ailes de l’enfer pourrait aisément mériter le qualificatif de « plaisir coupable » si on ressentait la moindre culpabilité devant ce divertissement rondement mené qui ne laisse guère au spectateur le temps de souffler ou de s’ennuyer. Sans être un chef d’œuvre, le film de Simon West (qui ne retrouvera jamais une telle qualité « d’entertainement » par la suite, comme en témoigne son piteux Tomb Raider) procure deux heures de plaisir simple et se conclut de manière ironique par un petit clin d’œil savoureux. A consommer sans modération !


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