Critique de film

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Alita: Battle Angel

"Alita: Battle Angel"
affiche du film

Lorsqu’Alita se réveille sans aucun souvenir de qui elle est, dans un futur qu’elle ne reconnaît pas, elle est accueillie par Ido, un médecin qui comprend que derrière ce corps de cyborg abandonné, se cache une jeune femme au passé extraordinaire. Ce n’est que lorsque les forces dangereuses et corrompues qui gèrent la ville d’Iron City se lancent à sa poursuite qu’Alita découvre la clé de son passé...

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Trailer - Alita : Battle Angel (2019)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique d’Alita : Battle Angel - Cyborg, Amour et Motorball
Par : Seb Lecocq

Arlésienne hollywoodienne dont on parle depuis le débuts des années 2000 mais sans cesse repoussée par James Cameron pour laisser libre cours au projet pharaonique Avatar, Alita :Battle Angel voit enfin le jour sous la caméra de l’hyperactif Robert Rodriguez. Drôle de duo que celui-là tant les hommes semblent différents en tous points : stylistique, thématique, méthodologique. Rien ne rapprochait ces deux-là et pourtant, c’est bien le Mexicain qui porte à l’écran le projet couvé par Cameron depuis presque vingt ans.

Le résultat à l’écran rend parfaitement cette impression étrange de voir un film de James Cameron réalisé par un autre metteur en scène forcément moins doué et moins à l’aise avec les obsessions de son auteur qui imprègnent chaque virgule d’un script dont la densité ne parvient pas à être, pour tout un tas de raisons, totalement retranscrite à l’écran. L’humanité que Cameron parvient à donner à ses films malgré tout la fatras technologique qui en compose la chair est souvent absente, on se retrouve avec des personnages d’une agaçante niaiserie. Sensation renforcée par un casting qui pose question dans le cas de Hugo incarné par un très falot Keean Johnson qui n’apporte que peu d’épaisseur au destin pourtant tragique de son personnage dont l’allure générale qui rappelle celle de Rodriguez lui-même ne peut être fortuite. Ces écueils rendent l’histoire d’amour, élément central du film beaucoup plus que tout le reste, balourde, mièvre et clichée au possible.

L’univers est bien là mais tellement poli et nettoyé que l’enfer d’Iron City ressemble plus à certains quartiers multiculturels de Paris et sa banlieue que le coupe-gorge poisseux qu’il est censé être. Toutefois, on sent partout et tout le temps la patte de James Cameron, tant dans les thématiques déployées qui lui sont chères - comme le transhumanismes, la robotique, l’avenir apocalyptique de l’humanité - que dans les personnages de femmes fortes prêtes pour la bagarre mais cependant féminines ou du jeune rebelle ténébreux au grand cœur. Plus que Cameron même, c’est l’ombre de Terminator qui est là dès les premiers plans dans la décharge ou un crâne qui rappelle furieusement le second film. Une ombre envahissante dont on sent Rodriguez en constante lutte pour tenter de s’en défaire. Il y arrive parfois mais au prix d’efforts presque surhumains. On trouve sa patte dans les personnages secondaires, les bad guys notamment que le réalisateur d’Une Nuit en enfer a toujours vus comme des personnages plus grands que nature, presque surnaturels. Le monde des cyborgs lui permet ici de faire joujou comme il l’entend et de laisser libre cours à son imagination. Mais même là, le chaperon Cameron rappelle sans cesse qui est le patron.

Comme lors de cette baston de bar à l’ancienne sortie d’un blockbuster d’action des années quatre-vingts ou dans la maîtrise des scènes d’action, véritables morceaux de bravoure bien qu’assez peu nombreuses au regard des standards actuels. Dans sa forme, son rythme et son séquençage, Alita : Battle Angel est un film d’une autre époque, qui prend son temps de poser les bases de son univers et de ses protagonistes sans chercher à noyer le spectateur dans un déluge d’action dès les premières minutes. On découvre, Ido, puis Alita présentée comme une enfant cyborg mais normale dans un monde où le transhumanisme est monnaie courante avant de prendre connaissance de ses pouvoirs au détour d’une scène de violence qui fait sens tant dans le récit filmique que dans le récit de vie d’Alita. C’est grâce aux explosions de violence non maîtrisée qu’Alita ouvre une fenêtre sur son passé et retrouve peu à peu la mémoire. Cette violence est nécessaire pour savoir qui elle est. Une formidable idée d’écriture malheureusement abandonnée en cours de route pour des artifices plus classiques.

Étonnamment, ou pas d’ailleurs, Alita : Battle Angel est un film tiraillé entre trois pôles d’influence : James Cameron, Robert Rodriguez même si celui-ci n’est finalement qu’un simple exécutant, il reste derrière la camera et Yukito Kishiro, créateur du seinen originel. Il contient au sein même de sa création, les thématiques qu’il développe et est, quelque part, une œuvre transfilmique, un corps sur lequel sont venues se greffer des influences extérieures. Cette tension interne se ressent tout au long du métrage. Dans son rythme, ses personnages, sa facture visuelle qui alterne la perfection lors des scènes de motorball et le bancal lors de simples scènes de marche durant lesquelles Alita semble pataude ou un peu raide. Le motorball est un peu en retrait voire parfois trop elliptique par rapport à l’importance capitale qu’il joue dans l’histoire. Rappelons qu’il est le seul moyen pour Alita d’accéder à la cité de Zalem. Sa (relative) faible présence est compensée par le dynamisme de ces séquences qui constituent toutes des points d’orgues visuels du film et peuvent être perçues comme des petits films dans le film tant chacune des courses est mue par sa propre dynamique interne. Les scènes de motorball sont l’une des vraies grandes réussites du film.

Difficile de se faire un avis définitif tant l’excellent se confronte au moyen au sein d’une œuvre monstre ou transfilmique qui sacrifie un peu trop au film introductif aux séquelles qui doivent suivre. Certaines choses sont sciemment éludées ou à peine évoquées pour être exposées plus tard. Rodriguez fait de son mieux pour tenir les rênes d’un projet duquel il n’est pas maître mais au service. On ne peut s’empêcher de voir planer l’ombre omnipotente de James Cameron, vraie tête pensante du projet, dans chaque recoin de chaque composante. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si Hugo possède de faux airs d’un jeune Robert Rodriguez tandis que Nova, démiurge de Zalem ressemble presque traits pour traits à James Cameron. Nous vous laisserons faire le parallèle qui peut s’imposer...


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