Critique de film

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Ames en stock

"Cold souls"
affiche du film

Paul Giamatti, célèbre acteur américain, est en pleine crise existentielle. Il se cherche, peinant même à trouver le ton juste lors des répétitions de sa prochaine pièce, « Oncle Vania » de Tchekhov. Il entend alors parler de la « Banque des Ames », laboratoire privé proposant un service des plus intrigants : soulager les patients de leur âme. Séduit, il décide de procéder à l'ablation de son âme. S'en suivent des réactions en chaîne dont il n'imaginait pas l'ampleur...

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Trailer - Ames en stock (2009)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de Cold souls - Une fable ontologique intéressante
Par : Damien Taymans

Alors qu’il peine à trouver le juste ton pour sa prochaine pièce "Oncle Vania" de Tchekhov, l’acteur Paul Giamatti entre dans une phase de doute, plus profonde encore que l’attitude dubitative de Descartes. Son agent lui parle de la Banque des Ames, un labo privé qui propose à ses clients de les débarrasser de leur âme et de la conserver dans une jolie boîte transparente, emmitouflée dans une protection blanche extrêmement seyante. Séduit par l’idée, Giamatti passe sur le billard high-tech tandis qu’un praticien aux méthodes douteuses met toute son âme à extraire celle de son patient (vous suivez toujours, là ?). L’âme en paix, Giamatti sent pourtant que quelque chose lui manque, que le néant l’habite. Seule solution : opter pour celle d’un quidam choisi selon certains critères dans un catalogue...

Il y a dix ans, Spike Jonze, the Jackass man, nous proposait une plongée Dans la peau de John Malkovich avant de s’enfermer dans la tête de Nicolas Cage (sans mise en abyme cette fois mais avec une dynamique surréaliste comparable) via Adaptation. Deux films basés sur des scenarii de Charlie Kaufman, oscarisé en 2005 pour le script de Eternal sunshine of the spotless mind, une autre variation psychanalytico-absurde qui s’affranchissait de toute notion spatio-temporel, entraînant le spectateur dans un cauchemar éveillé où fiction et réalité, passé et présent, folie et bon sens se voyaient mélangés suivant les manipulations mémorielles de la firme Lacuna Inc. Thématiques proches et autre style pour ce Cold souls (Ames en stock dans sa version française), premier long métrage de la réalisatrice franco-américaine Sophie Barthes.

Paul Giamatti remplace Malkovich, La Banque des âmes se substitue aux laboratoires spécialisés dans la mémoire lacunaire, les élucubrations filmiques de Jonze et Gondry cèdent la place à la sobriété formelle de Barthes, plus proche des expérimentations de Buñuel. Des décors épurés et monochromes à la caméra à l’épaule filmant au plus près les acteurs, tout concorde à supporter formellement la fragilité psychologique des personnages et à entretenir une illusion de réalité dénotant dans cet univers foncièrement sur-réaliste. L’onirisme déborde et laisse des traces invisibles dans le quotidien de Giamatti, acteur renommé qui fit ses débuts cinématographiques sous l’égide de Woody Allen dans Maudite Aphrodite. Woody joue également un rôle, certes passif, dans la conception de Cold souls puisqu’il tenait le rôle du héros dans le rêve de Barthes, qui est à l’origine du script. "Je me retrouvais dans la salle d’attente futuriste d’un médecin, une boîte à la main comme tous les autres patients. On nous expliquait que celle-ci contenait l’âme que l’on venait de se faire extraire. Juste devant moi dans la file, il y avait Woody Allen. Lorsque son tour venait, il ouvrait sa boîte et en sortait un pois chiche. Il était furieux : son âme ne pouvait ressembler à ÇA. Heureusement pour moi, je me suis réveillée avant de voir à quoi ressemblait la mienne." Trois ans plus tard, le script est écrit pour que Giamatti en interprète le premier rôle, avant même que celui-ci ne donne son accord. Envoûté par l’idée, l’acteur accepte le rôle et met toute son énergie à soutenir ce projet qui lui fournit l’occasion de renouer avec le cinéma de Woody Allen en devenant l’archétype du New-Yorkais névrosé, hanté par son incapacité à surmonter ce mal-être qui le ronge.

Le principal reproche que l’on pourrait formuler à l’encontre de Cold souls touche à son apathie rythmique, la cinéaste peinant à affranchir son concept intellectualisant du carcan du film d’auteur classique. Plutôt convaincant dans ses saillies verbales, le métrage s’essouffle rapidement à force de se cantonner à n’être qu’un film de dialogues, rendu volontairement théâtral. Cold souls contredit les pensées de Mauriac sur ce point : l’âme n’échappe pas forcément au temps.


Critique de Cold Souls - Qualités en stock
Par : Quentin Meignant

Alors que de précédentes expériences cinématographiques américaines nous avaient déjà permis de nous enfermer dans l’esprit d’acteurs célèbres (Dans la Peau de John Malkovich, Adaptation), c’est cette fois d’une jeune réalisatrice française qu’est venue l’étincelle par l’entremise de Cold Souls, alias Ames en Stock. Déjà diffusé sur les écrans français et américains, où il a rencontré un joli succès, le métrage avait connu un galop d’essai de choix lors du BIFFF 2010. Cold Souls suit Paul Giamatti, célèbre acteur américain, qui est en pleine crise existentielle. Il se cherche, peinant même à trouver le ton juste lors des répétitions de sa prochaine pièce, « Oncle Vania » de Tchekhov. Il entend alors parler de la « Banque des Ames », laboratoire privé proposant un service des plus intrigants : soulager les patients de leur âme. Séduit, il décide de procéder à l’ablation de son âme. S’en suivent des réactions en chaîne dont il n’imaginait pas l’ampleur...

Cinéaste encore vierge de toute expérience dans le long-métrage, Sophie Barthes vit un vrai conte de fées depuis que sa participation à de nombreux festivals grâce à son court-métrage Happinness, qui lui permit d’enfoncer bien des portes et de donner son script à Paul Giamatti, acteur américain très célèbre. Charmé par le fait qu’un film lui donne la vedette, le comédien accepta bien entendu l’aventure et c’est ainsi que, dès les premières secondes de Cold Souls, le spectateur peut le découvrir dans sa pseudo-vie de tous les jours. Dépressif et désabusé, il entraîne lui-même l’œuvre vers la science-fiction de manière assez rapide.

Habile mélange entre réel et irréel, Cold Souls prouve donc dès les premiers instants les influences surréalistes de son metteur en scène. Fortement imprégnée du théâtre de l’Absurde, Sophie Barthes n’éprouve aucun problème à instiller à son ensemble la dose de folie et de second degré nécessaires, et ce malgré une certaine arythmie qui touche le métrage dès ses balbutiements. Sans jamais ni hausser le ton, ni le rythme, Cold Souls suit donc son cours, faisant avant tout la part belle au jeu exceptionnel de son casting et au développement d’une photographie en tout point parfaite. Profitant par ailleurs du montage extrêmement fluide du mondialement connu Andrew Mondshein, le film fait office de véritable introspection aux relents comico-dramatiques, à l’image de ce qu’un Woody Allen a de maintes fois montré dans ses œuvres.

S’il est certain que Cold Souls ne constitue pas le film de l’année, notamment à cause d’un manque de rythme entretenu tout au long de son déroulement, le métrage de Sophie Barthes s’avère être un exercice de style aussi périlleux qu’il n’est réussi. La jeune cinéaste ne peut donc que se féliciter du chemin parcouru en un seul film et devrait livrer, dans les années à venir, des œuvres d’un tout autre calibre encore.


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