Critique de film

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Anon

"Anon"
affiche du film

Dans un avenir où l'intimité est abolie, un enquêteur se penche sur le profil d'un tueur en série qui a été effacé de tous les enregistrements visuels.

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Trailer - Anon (2018)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique d’Anon - Le bon retour de Niccol
Par : Jonathan Chevrier

Même si le bonhomme n’a jamais vraiment eu la carrière que sa sublime plume laissait présager, Andrew Niccol aura marqué le septième art par la force de trois péloches au moins aussi mémorables qu’indispensables : Lord of War, The Truman Show (en tant que scénariste) mais surtout Bienvenue à Gattaca, sommet de SF citant directement les productions alarmistes des 70’s - L’Âge de Cristal en tête -, avec sa société futuriste à forte tendance carcérale, hantée par la " pureté " de la race ; dite pureté déterminant directement le statut du citoyen, mais point celui de Vincent Freeman (son nom est tout un symbole), qui fera tout pour réaliser son rêve et devenir astronaute. Voir le bonhomme revenir à la SF après le solide Good Kill, tant même dans ses travers (Time Out), Niccol n’a jamais cessé de s’inquiéter face à l’évolution technologique et humaine de ces dernières décennies.

Avec à nouveau Amanda Seyfried en vedette, et faisant cette fois son trou chez Netflix - qui devient l’eldorado number one du moment pour les amoureux de SF -, le cinéaste fait de son Anon une oeuvre dystopique brillante au suspens constant, croquant une société autoritaire, hyper-connectée et où la transparence est obligatoire, qui s’inscrit dans le prolongement logique de notre actuelle civilisation, où les rapports humains digitaux - les réseaux sociaux -, notre manque d’intimité causée par une dépendance féroce à la technologie nouvelle, règnent en maître.
Impressionnant visuellement, sans effets spéciaux tapageurs (on joue limite la même carte minimaliste que pour Gattaca), Anon déroule sans trop d’accrocs sa satire sociale au sein d’un polar noir tordant volontairement le réel pour mieux surligner tous les aspects déshumanisants du monde contemporain (consumérisme, conformisme, instrumentalisation de la population,...).

Loin du simple épisode de Black Mirror étiré plus que de raison, référencé (Strange Days et Gattaca viennent souvent à l’esprit), s’attachant à ses personnages pour mieux les rendre empathiques (Clive Owen en impose en flic désabusé et Amanda Seyfried étonne par sa justesse et sa froideur), Anon se veut autant joli thriller hypnotique et léché que constat froid et sec d’une société contemporaine sans âme et contrôlée, où la liberté n’est plus.
Niccol n’a rien perdu de sa fibre alarmiste, et c’est sans doute l’une des bonnes nouvelles du moment...


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