Critique de film

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Anthropophagous 2000

"Anthropophagous 2000"
affiche du film

Un naufragé dérive sur un bateau avec sa femme et sa fille. Affamé et devenu fou il les dévore. Puis, il échoue sur une île et poursuit ses méfaits...

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Trailer - Anthropophagous 2000 (1999)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de Anthropophageous 2000 - Relecture ratée
Par : Fred Pizzoferrato

Le cinéaste Andreas Schnaas est un Allemand né en 1968 et fanatique, depuis son plus jeune âge, de kung fu et du cinéma gore des années 80. Bref, un garçon tout à fait sain d’esprit qui, à 20 ans, décide de se lancer dans la confection d’un premier long métrage poétiquement titré Violent shit, lequel se veut un hommage appuyé à la saga Vendredi 13. Tourné pour un budget de misère et avec quelques copains en guise d’acteurs, le métrage (le premier direct-to-video horrifique allemand) récolte un modeste succès auprès des amateurs de slasher gore, un genre qui a alors quasiment disparu des vidéoclubs. Convaincu de tenir un bon filon, Schnaas poursuivra la saga de son tueur fou (incarné par le cinéaste lui-même !) avec Violent shit 2 et Violent shit 3 : Infantry of doom tout en se payant un hommage à George Romero et Lucio Fulci via Zombie 90 : Extreme pestilence.

Après Goblet of gore et le « gros budget » Demonium (tourné en 35mm avec uniquement des acteurs professionnels), Schnaas se permet un sympathique Nikos the impaler (alias Violent shit IV) et un nouveau film de zombies titrés Don’t wake the dead sorti en 2007.
Antropophageous 2000, pour sa part, date de 1999 et se veut un remake plus ou moins officiel du classique bis de Joe d’Amato sorti vingt ans plus tôt. Le résultat, très attendu, s’avère hélas décevant. Même si le cinéaste utilise pour la première fois des acteurs professionnels, l’interprétation reste fort médiocre et peu convaincante, peu aidée il est vrai par des dialogues d’une rare banalité d’ailleurs souvent difficilement audibles vu les conditions de tournage très amateures. Andreas Schnaas se réserve logiquement le rôle principal, celui de Nikos Karamanlis, autrefois interprété (de manière plus convaincante et surtout menaçante !) par George Eastman.

La mise en scène pour sa part se révèle quasiment inexistante même si quelques plans paraissent un minimum plus soignés ou travaillés, tout en restant bien sûr d’un amateurisme affiché. Cependant, les cadrages et les éclairages (privilégiant des teintes verdâtres et quelques scènes nocturnes) sont plutôt efficaces et démontrent que Schnaas a indéniablement progressé depuis ses débuts assez navrants.
La musique synthétique est pour sa part fort redondante et rapidement lassante. Pour ne rien arranger, le grain de la photo, bien terne, renvoie directement à un porno bas de gamme et trahit un tournage en vidéo numérique peu esthétique. Beaucoup de points négatifs donc, pour cet Antropophageous 2000 qui, au niveau de l’intrigue, se contente de décalquer les « péripéties » de l’original. Le pêcheur Nikos Karamanlis, n’ayant plus rien à manger sur son petit bateau devient fou sous l’influence conjointe de la faim et du soleil. Il dévore alors sa femme et son enfant avant d’échouer en Toscane (Schnaas déplace l’action de la Grèce vers l’Italie). Le cannibale massacre tous les habitants à l’exception d’une jeune fille aveugle qui échappe au monstre. Bientôt, une bande de touristes débarque dans la petite ville et le carnage peut recommencer.

L’œuvre de Joe d’Amato s’inspirait clairement du Massacre à la tronçonneuse de Tobe Hooper en développant une atmosphère putride d’attente, traversée d’éclairs de violences sanglantes. Schnaas tente de reproduire le même schéma en jouant sur une certaine lenteur et un climat pesant. Hélas, le cinéaste ne retrouve jamais cette ambiance glauque et se contente de balader ses personnages caricaturaux dans des décors champêtres. L’aspect gothique de l’original, tourné dans des décors (le manoir) ou des extérieurs (l’île grecque), se montre totalement absent et accentue le côté bas de gamme de ce remake.
Antropophageous 2000 parait donc très long, pour ne pas dire interminable, et Schnass mise essentiellement sur le sexe et le gore pour maintenir l’intérêt, à l’image de ses collègues Andreas Bethmann (Exitus, Angel of death, Rossa Venezia, Demon terror) ou Olaf Ittenbach (Premutos, The burning moon) spécialisés dans l’extrémisme cinématographique.

Si l’érotisme s’avère très soft (les actrices n’ont pas l’air très à l’aise et hésitent à tomber leurs vêtements), le gore se montre sanglant à souhait. Schnaas nous offre ainsi un véritable catalogue d’atrocités : punkette démembrée à la hache, type empalé par le fondement sur un pieu qui ressort par sa bouche (un hommage à Cannibal Holocaust ?), éventration (dont la célèbre scène du fétus dévoré dans le ventre de sa mère reprise directement du premier film), etc.
Une orgie sanglante qui se clôture, comme son modèle, par la mort du psychopathe se dévorant les tripes. Malheureusement la médiocrité des maquillages (on se croirait dans un film de Hershell Gordon Lewis, le charme suranné en moins !) rend l’ensemble plus risible que secouant et ce remake piteux parait ennuyeux et longuet, malgré une durée réduite à seulement une heure quinze minutes.

En définitive, Antopophageous 2000 se montre plutôt vain. Les amateurs de cinéma indépendant enthousiaste et gore pourront cependant y trouver un certain intérêt tant Schnaas semble passionner et de bonne volonté. Malheureusement cela ne suffit pas à réaliser un bon film, ni même un petit produit potable. En l’état, ce remake est juste une curiosité très sanglante aussitôt vue et aussitôt oubliée.

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