Critique de film

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Antichrist

"Antichrist"
affiche du film

Un couple en deuil se retire à Eden, un chalet isolé dans la forêt, où ils espèrent guérir leurs coeurs et sauver leur mariage. Mais la nature reprend ses droits et les choses vont de mal en pis...

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Trailer - Antichrist (2009)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de Antichrist - Vainqueur par chaos
Par : Damien Taymans

Au départ de l’œuvre, un postulat cinglant : la création du monde incomberait au Diable et non à une quelconque force divine comme essaient de le faire croire toutes les doctrines monothéistes. Dès lors, la Nature, devenue l’Eglise de Satan, perd ses vertus régénératrices et contraint plutôt à la dégénérescence tant physique que psychologique. L’homme (Willem Dafoe, ancien Jésus Christ tenté de Scorsese) et la femme (Charlotte Gainsbourg), heurtés par le décès de leur unique enfant, partent se ressourcer dans une cabane (baptisée Eden) perdue dans les bois. Mais l’état de la nouvelle Eve se dégrade petit à petit et plonge le couple à la dérive dans un cauchemar éveillé…

Le danois Lars von Trier revient avec Antichrist, quinze ans après L’hôpital et ses fantômes, dans le domaine de l’angoisse et persévère ainsi dans sa découverte des genres cinématographiques. Présenté en compétition officielle au festival de Cannes (où le même Lars obtenait une palme d’or pour son Dancer in the dark neuf ans plus tôt), Antichrist a suscité une vive polémique alimentée par certains critiques visiblement réfractaires à l’univers déployé par le cinéaste et à ce nouveau rejet du conformisme dogmatique. Car, à n’en pas douter, sa pellicule dénote avec le reste de la sélection, ne serait-ce que par son nihilisme, la virulence de ses images et son goût prononcé pour la violence et le sexe, qu’elle utilise sans le moindre édulcorant, allant même jusqu’à marier ces tabous aux formes les plus épurées de l’art (voir le prologue sur Haendel, sublimé par des ralentis époustouflants sur une photo incroyablement léchée).

Kaléidoscope d’images crues, pornographiques et ultraviolentes, Antichrist est une œuvre atypique, dérangeante, résultant de la psychanalyse artistique de son auteur qui couche avec férocité et hargne sur cette toile immaculée ses cauchemars les plus abjects et ses peurs les plus viscérales. En résulte une bande horrifique torturée où se côtoient et s’épousent des éléments aux multiples dissonances. A l’image du couple qui se compose, d’une part, d’un impuissant qui moralise à outrance, tapi derrière des théories freudiennes et lacaniennes surannées et ne peut offrir que le sexe comme moyen thérapeutique à son épouse, et, d’autre part, d’une femme fragile, tétanisée par sa propre culpabilité, qui affronte ses démons en affrontant une nature odieuse et hostile. Protagoniste influent, la Nature dévoile ses vices, se « dénature » littéralement, von Trier offrant au détour de quelques séquences mordantes une peinture plus pessimiste, plus réaliste surtout, de cette puissance censément bénéfique. Le changement de ton se veut abrupt, le glissement de registre est imperceptible, la transition relève de la perfection : du drame naturaliste, von Trier passe à un délire hallucinogène, davantage tourné vers l’horreur, que d’aucuns se contentent d’étiqueter comme une nouvelle preuve de la misogynie du danois, suspecté d’adopter une « figure féminine médiévale ».

Malade, torturée, la dernière bande de von Trier fascine par son jusqu’au-boutisme pervers, déroute par son éclectisme esthétique et enivre d’images tantôt poétiques tantôt controversées qui, aboutées, forment un pastiche des plus étrange et des plus hypnotique.


Critique de Antichrist - Satan la bite
Par : Samuel Tubez

Le nouveau Lars von Trier, ça passe ou ça casse. A la manière d’une bonne vieille sodomie, ça passe mieux avec une bonne dose de lubrifiant. Sodomie-Antichrist, quel est le rapport ? A vrai dire, il n’y en a pas. Quoique…

Suite au décès de leur jeune enfant, un couple se retire à " Eden ", un chalet isolé dans la forêt, où, dans un but thérapeutique, ils espèrent guérir leurs coeurs. Mais la nature reprend ses droits et un nouvel affrontement commence...

Que dire d’Antichrist, film terriblement obscur et nihiliste (misogyne diront certains) ? Lars von Trier, qui renoue ici avec une esthétique chiadée proche d’Europa, l’avoue : son film est né en pleine période post-dépressive, les images et idées proviennent de ses rêves les plus sombres et l’ensemble ne contient aucun code moral particulier. En résulte un film dur à avaler, une expérience parfois indigeste, un long métrage trop souvent incompréhensible. Divisé en chapitres, le film nous montre le long et pénible travail de guérison d’un couple (et plus particulièrement celui de la femme) suite au décès accidentel de leur petit garçon. Le mari, thérapeute, prend en charge ce suivi psychologique, tandis que sa femme plonge de plus en plus dans la folie, l’emportant ainsi avec elle. La mise en scène de Lars von Trier est excessive en tous points : musique hyper dramatique, longs dialogues bavards, super ralentis (plutôt jolis au demeurant), distorsions d’images et symbolisme appuyé sont au programme. Sans oublier les scènes chocs : coït explicite, éjaculation de sang, chair torturée, découpage de clitoris à l’aide d’une paire de ciseaux,… autant d’instants qui semblent être là essentiellement pour secouer le spectateur jusqu’à l’écoeurement. Mais si, bien souvent, Antichrist provoque le rejet pur et simple, il peut aussi intriguer et marquer plus d’un spectateur qui tentera (en vain ?) d’élucider les parts obscures du film. Le personnage de Charlotte Gainsbourg (parfaite dans ce rôle on ne peut plus physique), brûlée à l’issue du film telle une sorcière, est-elle possédée par l’esprit du malin ? A-t-elle consciemment torturé son enfant (les chaussures mises à l’envers) pour ensuite le laisser mourir ? Sommes-nous vraiment dans la réalité ? Un inconscient ? Un cauchemar ? En enfer ? Et puis, que signifie ce plan final ? Autant de questions (et bien d’autres) qui peuvent nous tarauder l’esprit ou nous passer carrément par-dessus la tête, distant que nous sommes alors par rapport à l’horrible spectacle se déroulant devant nos yeux. Passerez-vousfacilement à autre chose après vu Antichrist ? Pas sûr.

Antichrist est un cauchemar insondable qui peut obséder ou provoquer un violent rejet. Choquant et excessif, Lars von Trier n’a pas décidé de nous caresser dans le sens du poil mais plutôt de nous retourner violemment afin de nous la mettre bien profond. Y a de quoi en sortir tout chamboulé, avouez.


Commentaires sur le film

branlette intelectuelle

0 etoiles

daube Daube !

Antichrist est un film prétentieux et indigeste. Long (trés long même), lent (extrêmemtn lent) et surtout ennuyeux. Le cinéma d’auteur dans toute sa splendeur. Voilà pour la forme. Qu’en est-il du fond ? Et bien le fond autant le dire tout de suite il vaut pas beaucoup mieu. Rien que le pitch prend le spectateur pour une bille. Non mais franchement depuis quand un psy soigne sa femme ? Le psy parlons en de celui là. Ce mec vient de predre son gosse dans des circonstance dramatique et ce c*n s’en fout à un point. Tout ce qui l’intéresse c’est faire des long discour sans queue ni tête et tringler se femme. Ce film est une grosse m*rde prétentieuse !

1er mai 2010 à 18:05
Lars sous Prozac

1 etoiles

Je ne mettrai pas que c’est une daube parce que, hélas, Von Trier sait quand même filmer et planter une atmosphère ... Mais ça reste du cinéma de dépressif intello et torturé avec de belles images (même chose dans Melancholia), avec une espèce de nihilisme et de nombrilisme un peu bourgeois s’égarant dans les méandres du film arty à sensation cannoise - "oh ça alors il a osé filmer une pénétration" - ce film pue du bec, tout comme la fin de Dogville, tiens, au passage.

Moi je dis : vivement que Lars sorte de sa dépression

19 janvier 2013 à 20:01 | Par le Docteur

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