Critique de film

pub

Maps to the Stars

"Maps to the Stars"
affiche du film

A Hollywood, la ville des rêves, se télescopent les étoiles : Benjie, 13 ans et déjà star; son père, Sanford Weiss, auteur à succès et coach des célébrités; sa cliente, la belle Havana Segrand, qu’il aide à se réaliser en tant que femme et actrice. La capitale du Cinéma promet aussi le bonheur sur pellicule et papier glacé à ceux qui tentent de rejoindre les étoiles: Agatha, une jeune fille devenue, à peine débarquée, l’assistante d’Havana et le séduisant chauffeur de limousine avec lequel elle se lie, Jerome Fontana, qui aspire à la célébrité. Mais alors, pourquoi dit-on qu’Hollywood est la ville des vices et des névroses, des incestes et des jalousies ? La ville des rêves fait revivre les fantômes et promet surtout le déchainement des pulsions et l’odeur du sang.

pub


Trailer - Maps to the Stars (2014)
Par : Samuel Tubez

Les critiques à propos de ce film

Critique de Maps to the Stars - "Bad news from the stars".
Par : Fred Bau

Le thème de la monstruosité familiale est depuis The Brood un sujet récurrent dans le cinéma organique et pathologique de Cronenberg. Scanners, Faux-semblants, Spider, A History of Violence, Les Promesses de l’ombre sont autant de déclinaisons d’une vision tragique mise au monde avec The Brood, et qui n’a eu de cesse depuis de traiter de la cellule familiale comme d’un foyer épidémique primordial. De famille, il n’est presque question que de cela dans Maps to the Stars. A commencer par le géant Hollywood, vaste organisme dont la matrice, "possédée" par la logique de rentabilité et le culte de la célébrité, brouille tout rapport humain, et fabrique à la chaîne des monstres sacrés, et des galaxies d’images qui accaparent l’imaginaire collectif et modifient sa perception du réel. Ce sont ces chimères cellulaires, en proie aux vicissitudes et aux difformités du bûcher des vanités qu’elles alimentent, que Cronenberg ausculte.

Peu désireux a fortiori de refaire, après l’ambitieuse métaphore vidéoludique du cinéma que constituait eXistenZ, un film sur le Septième Art, et encore moins sur Hollywood, Cronenberg se sera laissé séduire par le scénario de son ami Bruce Wagner. Articulant désacralisation dramatique et satire acerbe, Maps to the Stars traite d’abord du mythe hollywoodien et de la ville de Los Angeles. En 5 jours de tournage sur place seulement (le reste du film a été tourné au Canada), Cronenberg capte l’essentiel. Aux antipodes du regard documentariste, le canadien occulte les aspects glauques de la ville, et fixe, à la manière de cartes postales, des endroits iconiques du rêve américain, tels que Rodeo Drive, le Château Marmont, et le signe Hollywood. Cette cartographie biaisée relève évidemment du "tourisme" ironique, et lui permet de saisir au vif une beauté incandescente du diable : celle attractive, corrosive et contagieuse de la mythologie hollywoodienne.

A l’intérieur de ce théâtre carnivore, le réalisateur orchestre un véritable petit ballet de mouches, et joue des miroirs à travers la décomposition putride de ses personnages. La famille Weiss, Havana Segrand, et plus accessoirement Jerome Fontana, sont des satellites aussi avides qu’éperdus, totalement aimantés par la force de gravitation de cette ville qui les écrase et les consume. Liés les uns aux autres par une ruine manifeste des relations humaines, ils apparaissent tous isolés et livrés à eux-mêmes, dans un monde factice régi par quelque obscure fatalité. A l’instar des personnages de Crash, qui cherchaient désespérément à échapper à un monde mécanisé sans y parvenir, les protagonistes de Maps to the Stars semblent vouloir échapper à l’enfer glauque dans lequel ils se fourvoient eux-mêmes, chacun y étant à la fois agent et patient. Tous noyés dans le même incendie. Tous hantés par leur propre solitude, et en quête de quelque feu purificateur impossible.

A travers le prisme hollywoodien, Cronenberg dresse la cartographie implacable d’une société moderne accaparée par la tyrannie de l’image et le diktat de l’argent. Un monde où nous sommes tous plus ou moins animés par les mêmes désirs d’évasion. Un monde où nous serions, en dernier recours, tous plus ou moins possédés par une sorte de rapport incestueux collectif aux images.

Donnez votre avis sur le film !

En résumé
ecrire un commentaire sur le film
;



Galerie photos

photo 46692 photo 46693 photo 46694
Voir la galerie complète

Récentes critiques

affiche du film
Superlópez
2018
affiche du film
Quiet Comes the Dawn
2019
affiche du film
Brothers' Nest
2018
affiche du film
The Room
2019
affiche du film
Pokémon: Détective Pikachu
2019
affiche du film
Extremely Wicked, Shockingly Evil and Vile
2019
affiche du film
La Malédiction de la Dame blanche
2019
affiche du film
Avengers: Endgame
2019
affiche du film
Dragged Across Concrete
2018
affiche du film
Little Monsters
2019

Cinemag

> Feuilleter

Concours

Sondage