Critique de film

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Asylum

"Asylum"
affiche du film

Un psychiatre, le Dr Martin, est convoqué pour un poste à l'asile de Dunsmoor En guise de test, on lui demande d'identifier, d'après son récit, l'ancien directeur, maintenant interné lui aussi.

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Trailer - Asylum (1972)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique d’Asylum - Amicus House of horrors
Par : Fred Pizzoferrato

Société ayant tenté de concurrencer la toute puissante Hammer durant les années soixante et le début de la décennie suivante, la Amicus, fondée par Milton Subotsky, trouva finalement sa voie via les anthologies à sketches suite à la réussite du Train des épouvantes en 1964. Si la compagnie tenta de se diversifier en proposant par exemple deux adaptations destinées aux grands écrans de la fameuse série britannique de science-fiction « Dr Who » ainsi qu’une dizaine de films d’horreur d’intérêts variables (Deadly bees, The skull, Madhouse, The beast must die), ce sont toutefois les films à sketches qui demeurent indissociables de la Amicus.

La réussite du Train des épouvantes entraina en effet la mise en chantier du Jardin des tortures (1967), puis de La maison qui tue (1971), suivi les deux années suivantes, par une flopée de titres comme Histoires d’outre-tombe, Contes au bord de la folie, Le caveau de la terreur et Frissons d’outre-tombe. Tentant une périlleuse reconversion dans la fantasy familiale par l’entremise de trois productions inspirées par Edgar Rice Burrough et réalisées par Kevin Connor (Le sixième continent, Le continent oublié et Centre Terre - Septième continent), la compagnie revint une dernière fois au genre qui fit sa gloire en proposant, en 1980, la décevante compilation Monster club.

Asylum s’inscrit dans cette tradition du récit à sketches en proposant trois histoires en apparence indépendantes mais néanmoins liées par un quatrième épisode servant de fil conducteur à l’ensemble. Répondant à une offre d’emploi, le docteur Martin arrive dans un asile d’aliénés, isolé à la campagne et dirigé par le docteur Rutherford. Ce-dernier lui apprend que son prédécesseur, devenu fou, se trouve enfermé dans une cellule de l’asile. Pour obtenir le poste convoité, le Dr Martin doit deviner qui est l’ancien médecin et, confronté à quatre patients, il écoute leurs étranges récits.

Une jeune femme affirme que le corps démembré et frigorifié de sa rivale assassinée l’a poursuivie pour la tuer. Un tailleur prétend avoir confectionné un costume magique capable de ramener les morts à la vie. Une autre patiente souffre d’un dédoublement de la personnalité la poussant au meurtre et un excentrique collectionneur de poupée désire transférer son esprit dans le corps de plastique d’une de ses créations.
Voyons ces intrigues plus en détails, à commencer par la première, intitulée « Frozen Fear ». L’idée est simple et semble provenir tout droit des fameuses bandes dessinées pour adultes E.C. Comics : un homme découpe son épouse en morceaux avant de les emballer et de les jeter dans un congélateur. Mais les pièces de cadavres ne restent pas inanimées bien longtemps et exercent leur revanche sur l’homme et sa maitresse. « Frozen Fear » reprend un argument déjà souvent vu à l’écran (et lu en littérature) mais toujours efficace, à savoir la punition cruelle reçue par des personnes ayant accomplis un acte répréhensible. Une illustration horrifique de la théorie du karma qui se passe de beaucoup de caractérisation pour se concentrer sur l’essentiel : les attaques des membres tranchés rampant sur le sol de manière menaçante. En dépit d’une idée prêtant quelque peu à sourire, Roy Ward Baker illustre très sérieusement cette petite histoire suffisamment macabre pour provoquer l’un ou l’autre frisson chez les spectateurs les plus réceptifs, d’autant que l’animation des membres sectionnés se révèle convaincante.

La seconde histoire, « The Weird Tailor », s’avère plus originale mais traîne un peu trop en longueur pour passionner vraiment. Un tailleur sans le sou accepte la proposition d’un étrange personnage, nommé Mr Smith, qui désire un costume confectionné de manière très particulière dans un tissu mystérieux. Peter Cushing domine véritablement l’intrigue en proposant une interprétation intéressante, à la fois effrayante et pathétique, face à un Barry Morse tout aussi étonnant et convaincant dans son rôle de tailleur persécuté par les forces occultes qu’il a accidentellement libéré. En dépit de ses faiblesses et d’une fin précipitée ne rendant pas justice à la construction plutôt habile de l’intrigue, « The Weird Tailor » reste agréable et se suit sans déplaisir.
Troisième sketch, “Lucy comes to stay”, décrit le quotidien de Barbara, récemment libérée d’une institution psychiatrique et découvrant que son frère souhaite la maintenir emprisonnée dans sa propre maison. Une de ses amies, Lucy, décide cependant de la libérer…mais qui est réellement Lucy ?

Les habitués du cinéma d’épouvante comprendront immédiatement que Lucy et Barbara ne sont qu’une seule et même personne et cette révélation très convenue manque forcément d’impact. La nouvelle à l’origine de l’intrigue fut d’ailleurs écrite par Robert Bloch sept ans avant son roman « Psychose » et fonctionne un peu comme un court brouillon de son futur grand œuvre. Reste que le récit, aussi classique qu’il soit, se montre divertissant, en grande partie grâce à sa brièveté et à un casting convaincant.

Asylum se termine par une dernière histoire (« Mannikins of Horror ») dans laquelle un patient montre au Dr Martin sa petite collection de poupées animées de mauvaises intentions. Court, rythmé, ce sketch parvient à construire un climat d’étrangeté assez remarquable et conclut de belle manière l’ensemble du métrage, le fil conducteur utilisé fonctionnant parfaitement.

Comme la plupart des productions de ce style, Asylum bénéficie d’un casting de haut standing dans lequel on retrouve des personnalités familières du cinéma d’épouvante (Peter Cushing et Patrick Magee) aux côtés d’acteurs et d’actrices prestigieux tels Robert Powell (The asphyx, Harlequin), Britt Ekland (L’homme au pistolet d’or), Charlotte Rampling (Max mon amour, Zardoz), Barry Morse (L’enfant du diable) et Herbert Lom (la saga La panthère rose).

Utilisant des thèmes classiques du fantastique à bon escient (vengeance post-mortem, sorcellerie, objet maléfique, poupée vivante, dédoublement de personnalité,…), Asylum ne souffre d’aucun segment réellement faible (contrairement à bien des films à sketches, même réputés) et propose quatre petites histoires prenantes saupoudrées d’un délicieux humour noir. Si le troisième épisode reste le moins intéressant, il demeure toutefois agréable et se suit sans déplaisir. En bref, Asylum constitue une des meilleures réussites du genre et apparaît donc comme chaudement recommandé à quiconque souhaite découvrir les productions de la Amicus.


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