BIFFF 2015

BIFFF 2015 - Dealer

L’heure de la coco...

Dealer... Tout un programme ! Annoncé comme la renaissance du polar français dans toute sa splendeur (malgré le fait que le très estimable Colt 45 avait déjà dépoussiéré les lieux), le premier long métrage de Jean Luc Herbulot prenait curieusement place au sein de la programmation du BIFFF hier en début de soirée.

Sélectionné au sein de la Compétition Septième Parallèle, Dealer brillait évidemment par une certaine originalité au niveau de sa mise en forme. Tournée en une douzaine de jours pour 175.000 euros seulement (nous sommes donc bien loin des sommes hallucinantes proposées aux "stars" du cinéma français), cette micro-production, outre un côté badass totalement assumé et particulièrement réjouissant, proposait ainsi un découpage chapitre par chapitre, ceux-ci étant annoncés en toutes lettres au milieu de l’écran, histoire de souligner la descente aux enfers du protagoniste principal.

Ce dernier, campé par Dan Bronchinson, comédien qui affirme d’ailleurs avoir pas mal galéré dans sa jeunesse et qui est d’ailleurs "marqué" physiquement par ses expérience dans le banditisme, s’affirme rapidement comme la clé de voûte de l’ensemble. A la fois à l’écran et au sein de l’omniprésente et importante voix OFF, il parvient à instiller une belle dose de rythme et, surtout, à plonger le spectateur dans un univers très particulier.

Cette immersion particulièrement réaliste s’opère grâce à une narration aussi fluide que réjouissante, jouant sur les bons mots et sur un argot qui n’est pas sans rappeler celui d’MC Jean Gab’1, notamment dans le clip J’temmerde. Cette badassitude fait de Dealer une sorte de long clip au cours duquel on ne s’ennuie pas et qui s’appuie sur la bestialité de ses différents personnages, chancres du grand banditisme et de la roublardise. Personnages angoissants, comme le fameux Delo, incarné par l’excellent Bruno Henry, bestiaux, à l’image de Cartouche - le comédien Hervé Babadi, bien connu pour son rôle de Boris dans Plus Belle la Vie -, ou encore un brin dingos comme les gitans (qui ne sont pas sans rappeler celui incarné par Brad Pitt dans Snatch, le tout avec plus de réalisme et de connaissance du terrain), une galerie incroyable s’offre aux spectateurs et Jean Luc Herbulot fait évoluer tout ce beau monde dans ce qui se révélera être un véritable cauchemar pour le héros.

Dealer n’était sans doute pas à sa place au BIFFF, certes, mais force est de constater que la réussite est totale et que les spectateurs ont apprécié ce véritable morceau de poésie et de bestialité urbaine à la française. Le polar n’a pas connu de renaissance, mais le film de gangsters, dans ce qu’il a de plus vil et roublard, lui, a une nouvelle étoile. Une étoile de la trempe des Old School et consort, se rapprochant du génie de Jan Kounen sur Dobermann.

Quentin Meignant.

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