BIFFF 2015

BIFFF 2015 - Goodnight Mommy

Bonne nuit les petits...

Très réputé après des victoires à peu près partout où il est passé, dont, notamment, un double sacre à Gerardmer en février dernier, Goodnight Mommy, aka Ich Seh, Ich Seh, fait partie de ces oeuvres qu’il tarde de découvrir à tous les fantasticophiles qui suivent un petit peu l’actualité. C’est désormais chose faite pour le public bruxellois qui aura sans aucun doute du mal à se remettre de la projection du film de Severin Fiala et Veronika Franz dans le cadre du BIFFF 2015.

L’oeuvre, qui se présente presque sous la forme d’un drame social à la Michael Haneke, sans aucun doute un exemple pour les deux cinéastes, met en scène deux frères qui vivent le retour de leur mère, opérée du visage, comme un véritable traumatisme. Celle-ci semble en effet avoir changé de physiquement et mentalement, au point de punir plus que de raison les deux frères. De plus en plus en proie au doute concernant l’identité de celle qui se dit toujours être leur génitrice, les deux gamins échafaudent un plan pour découvrir la vérité. Celle-ci est encore plus horrible qu’il n’y paraît...

Spécialiste de l’horreur sociale dans son pays d’origine, Ulrich Seidl a misé sur deux de ses poulains en produisant Goodnight Mommy, charmé par l’idée de dépeindre une nouvelle fois un drame fortement orienté vers le genre. Le résultat à l’écran est donc d’emblée splendide pour ces habitués de la chose, notamment grâce à une magnifique photo signée par l’incontournable Martin Gschlacht (Revanche, Lourdes, Luna Papa,...). Les qualités visuelles de Goodnight Mommy ne s’arrêtent guère à ces quelques détails puisque tout semble avoir été étudié au niveau des décors pour livrer une copie moderne à l’ambiance particulièrement délétère et froid.

L’atmosphère particulièrement lourde, faite des suspicions des deux protagonistes principaux, incite le spectateur à se méfier des faits et gestes de la mère, par la suite jetée en pâture aux deux frangins, de plus en plus bestiaux avec leur (possible) génitrice, au point de faire virer l’oeuvre dans le domaine du torture porn de très haute volée. En appelant une nouvelle fois au cinéma d’Haneke (et surtout à Funny Games donc), Goodnight Mommy surpasse même ses influences avant de surprendre tout le monde au cours d’un final dont le twist ne peut laisser froid. Impossible à prévoir celui-ci fait de l’ensemble l’une des plus belles réussites scénaristiques de ces dernières années en matière de cinéma de genre.

Le duo formé par les sympathiques Severin Fiala et Veronika Franz (très belle chanson sur scène d’ailleurs) est à suivre dans les années qui viennent.

Quentin Meignant.

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