BIFFF 2015

BIFFF 2015 - Greatful Dead

Fenêtre sur massacre

Programmé hier à 19h dans la Salle 2, Greatful Dead restera sans aucun doute dans les mémoires comme l’une des belles petites claques de ce BIFFF 2015. Sorte de séance de minuit bien avant l’heure, le métrage d’Eiji Uchida recelait assez de gore, de sadisme et d’humour pour enflammer la salle qui, après quelques instants de silence, s’est littéralement déchaînée.

Il faut dire que Greatful Dead avait tout pour réussir au BIFFF : espèce de Fenêtre sur Cour pour tordus, le film met en scène une jeune héritière qui, vivant dans l’oisiveté la plus complète, décide d’épier les gens. Son choix se porte sur ce qu’elle appelle les "esseulés", personnes mises en marge de la société japonaise. Les choses tournent mal lorsqu’un de ses sujets fait la rencontre d’une femme d’église qui tente de le sortir de sa solitude. Après avoir engagé un autre de ses sujets, réputé comme étant un meurtrier totalement dingue, elle décide de faire comprendre au vieil homme et à ses proches qu’on ne la trompe pas comme cela. Non mais !

A la lecture de ce pitch, il est aisé de comprendre que les premiers instants de Greatful Dead seront sans doute assez lents et contemplatifs, chose qu’Eiji Uchida, notamment responsable de la comédie fantastique The Last Days of the World, ne dément pas. Ces moments d’attente, sans trop de dialogues, nous permettent d’entrer dans l’intimité d’une jeune fille visiblement heureuse et bien consciente de ses troubles du comportement mais aussi de ses futurs suppliciés, personnages à l’existence souvent malheureuse. Cette comparaison entre deux styles de vie différents (et pourtant similaires, la jeune fille n’ayant pour ainsi dire aucune activité sociale) constitue la première belle réussite d’une oeuvre qui ne tardera néanmoins pas à changer de créneau.

Après une bonne demi-heure de déroulement, Greatful Dead entre en effet dans le vif du sujet et voit son héroïne péter les plombs de manière aussi inattendue que réjouissante. Au final plus tarée que le plus dingue de tous ses sujets, elle décide de procéder à un home invasion en bonne et due forme, non sans s’être livrée auparavant à quelques exactions sanguinolentes. C’est donc dans l’appartement d’un vieil homme que le reste du métrage se déroulera en grande partie pour le plus grand plaisir des amateurs de gore mais aussi de sadisme, la jeune femme n’y allant pas par quatre chemins lorsqu’il s’agit de se venger. Greatful Dead, qui débute comme une véritable analyse comportementale, vire alors au bain de sang sadique et hautement graphique, recelant quelques séquences amusantes mais surtout de nombreuses scènes impressionnantes, qui ne sont pas sans rappeler le fabuleux Audition de Takashi Miike. Un véritable jeu du chat et de la souris s’instaure et jusqu’à un final (un peu trop long), il est impossible de dire qui en sortira en vie...

Quentin Meignant.

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