BIFFF 2018

BIFFF 2018 - Une séance de minuit Trauma-tisante

La nuit du Samedi 7 au dimanche 4 avril était empreinte d’une odeur de soufre au 36e BIFFF. Alors que les murs de Bozar tremblaient sous les basses du Bal des vampires, les bifffeurs assoiffés de sensations fortes s’installaient au Ciné 2 pour assister à une séance de minuit qu’ils espéraient mémorable. Annoncé comme étant le film "le plus violent, le plus dérangeant et le plus éprouvant depuis A Serbian Film", Trauma était sacrément attendu au tournant.

Son réalisateur, le chilien Lucio A. Rojas était présent, accompagné de deux de ses actrices principales, Ximena del Solar et Macarena Carrere pour introduire cette œuvre radicale taillée pour choquer. Déjà chauffé à blanc par les promesses d’une séance extrême, le public a en plus eu droit à trois chansons et des déhanchés aguichants de la part des invités (Alan ne s’est toujours pas remis du mini-short à sequins argentés de la belle Macarena). Toutes ces joyeusetés nous ont amené à quasiment 1h du mat’ où le seul film interdit aux moins de 18 ans de la programmation a enfin pu débuter.

La scène d’introduction donne immédiatement le ton avec l’abominable naissance d’un monstre humain en plein cœur de la dictature chilienne. S’ensuit un générique aux lourdes et sombres sonorités électroniques. On fait ensuite un bond dans le temps en 2011 où quatre amies partent prendre du bon temps dans un coin retiré de la campagne chilienne. Un moment de lâcher prise à tendance saphique (ce qui fait au passage dire à certains dans la salle que "c’est VRAIMENT un bon film") qui va être interrompu par un homme et son fiston venu leur en faire baver dans tous les sens du terme. La scène de viol qui suit est éprouvante, et les infamies (qui se déroulent au présent mais aussi dans le passé via des flashbacks) vont alors s’enchaîner.

Le calvaire qui suit est dès lors orchestré comme un rape and revenge plus classique, renvoyant de temps à autre vers des infamies du passé. Le bourreau (et son fils, lui aussi "bien" élevé) s’avère assez inédit dans le genre, puisqu’il n’est rien de moins que le produit des abominations de la dictature chilienne. Trauma ne fait pour autant pas dans le brûlot politique ou la réflexion sur les traumas humains, et l’inspiration s’arrêtera là. Par contre, la figure métaphorique a la mérite d’être présente, et elle prend la forme d’une véritable machine à infamies qu’il sera difficile d’éradiquer. Un boogeyman de la torture, en quelque sorte. Le manque d’inspiration se fait alors au fur et à mesure ressentir au cours du film, dont les sévices et les maquillages gore aussi réalistes que craspecs sont les seuls éléments véritablement aptes à bousculer le spectateur... jusqu’à une issue de nouveau très radicale susceptible d’alimenter les discussions.

Trauma est-il in fine un film étalant un peu trop sa violence dans l’unique but de choquer le spectateur ? Est-il par contre un rape and revenge saisissant qui dénonce sans aucune concession le régime de Pinochet ou est-ce simplement un pétard mouillé ? La dernière option semble en tous cas à exclure tant sa radicalité continue de susciter les débats bien après la projection. Comme A Serbian Film, on risque encore de parler de cette séance de minuit durant encore quelques années...

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