BIFFF 2018

BIFFF 2018 - White Chamber, la chambre des secrets (d’état)

Une belle surprise en première mondiale

Présenté en première mondiale hier dans le cadre du BIFFF 2018, White Chamber avait tout du film à double tranchant : s’il est toujours appréciable d’être les premiers de la planète à découvrir le métrage lors d’une projection, le fait qu’elle prenne place en salle 2 et que l’on sache que la production était pour le moins fauchée avait de quoi faire flipper. Heureusement, d’entrée de jeu, Shauna Macdonald, toujours aussi ravissante qu’à l’époque de The Descent, mettait le public dans d’excellentes dispositions en répondant aux questions de Stéphane ’Quel Talent !’ Everaert sur scène ainsi qu’en se prêtant au jeu de la traditionnelle chanson.

Le cérémonial de présentation passé, il était temps de s’attaquer à ce White Chamber, film d’anticipation qui prend place "bientôt" en Angleterre, un pays où, pour lutter contre l’oppression, l’armée et son commandeur se soulèvent et déclarent la guerre aux institutions. Le film suit alors une jeune femme enfermée dans un cube blanc qui va subir des sévices pour qu’elle parle. De quoi ? De qui ? Qui est-elle ? Qui sont-ils ? Autant de questions auxquelles il va falloir répondre.

Doté d’un budget famélique, White Chamber tente dès les premiers instants de composer au mieux avec celui-ci en donnant lieu à une mise en place pour le moins sommaire : plan aérien d’une tour en pleine campagne et voix-off qui palabre gentiment sur la situation politique du pays. Sobre, cette scène a le mérite de placer le film sur une carte géographique à défaut de le placer dans le temps, Paul Raschid, le réalisateur, restant particulièrement évasif à ce sujet tout en semblant faire référence au récent Brexit.

Quoi qu’il en soit, passé cette mise en place vue et revue, White Chamber entre directement dans le vif du sujet avec son cube blanc qui n’est pas sans évoquer le film de Vincenzo Natali au niveau des tortures rapidement mises en scène, certaines étant à la limite du supportable malgré l’absence presque totale d’un côté graphique. En appelant aussi en quelque sorte à Symbol - le côté génialement délirant en moins - avec son jeu de tiroirs, la première partie du récit qui dépeint l’enfermement de Shauna MacDonald est une pleine réussite.

Les choses semblent ensuite se corser avec un flashback de cinq jours qui vient en quelques sorte annihiler l’unité d’action à défaut de paralyser une unité de lieu toujours aussi présente et réussie. Les quelques craintes concernant ce retour en arrière sont en quelque sorte justifiées à certains moments, le propos paraissant beaucoup plus lourd mais, heureusement, le sous-texte politique et une intrigue s’épaississant quelque peu viennent sauver l’intérêt du film.

Dans sa dernière partie, White Chamber offre d’ailleurs au spectateur toutes les réponses attendues et fait à nouveau preuve d’un certain sadisme. Shauna MacDonald y excelle et confirme qu’elle aurait dû être une actrice de premier rang depuis bien longtemps étant donné l’intensité de son jeu, bien aidée par la profondeur de son personnage.

L’excellente surprise que constitue ce White Chamber devrait permettre au film de tourner dans les festivals du monde entier, remettant ainsi Shauna MacDonald sur le devant de la scène et permettant à Paul Raschid, pour qui il s’agit seulement du second long, de se faire un nom...

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