BIFFF 2019

BIFFF 2019 - Iron Sky 2

De la Terre à la Lune

Les Nazis planqués sur la face cachée de la Lune sont revenus : ils ont réinvesti la planète Terre qui, à la suite d’une guerre nucléaire maouss costaude, n’est plus qu’un dépotoir dénué de toute vie. Les derniers hominidés survivants eux ont émigré vers la Lune et tentent poliment de ne pas crever la dalle et de garder le moral. Dans cet ultime bastion de l’humanité débarque un beau jour Wolfgang, détenteur d’une source d’énergie qui pourrait sauver ce qu’il reste de vie. Seul hic : la source de ce mystérieux produit se trouve au centre du centre de la Terre qui regorge de créatures immondes...

Iron Sky possède son public, c’est un fait. Les fanatiques qui avaient déjà poussé les murs de la grande salle de Tour et Taxis sont revenus en masse pour une séance sold-out au palais des Bozar. Le Finlandais Timo Vuorensola, bien conscient du potentiel sympathie de ses Nazis lunaires, récidive et s’offre le luxe de partir dans un récit complètement barré réunissant, entre autres, Staline, Thatcher, Caligula, Hitler, des dinosaures et Steve Jobs, qui constituent autant d’opposants pour les héros chargés de sauver le dernier souffle de l’humanité. Passant, sans la moindre transition, de l’épopée interstellaire au survival en milieu hostile en plein cœur de le Terre, Vuorensola ose tout, laissant libre cours à son amusement propre pour composer au final une cacophonie assez peu inspirée.

Pour doué que le réalisateur soit (les effets visuels ont du cachet, c’est un fait), il semble éprouver toutes les difficultés à canaliser son énergie, à réprimer ses envies et obsessions. À un scénario simple et précis dans le premier film succède ici un gloubi-boulga d’influences filmiques recrachées de manière brute, même pas digérées à telle enseigne qu’Iron Sky 2, délire schizo, se pose comme un ersatz loufoque de Star Wars avant d’emprunter la trame de Voyage au centre de la Terre (avec un succédané de The Rock) puis de taper dans la blague nazie, de piquer des idées à Indiana Jones, de ressembler à Postal.

Concrètement, ce deuxième opus est davantage conçu comme une blague de potache pour un public acquis à sa cause que comme une véritable œuvre. La plupart des fans s’y retrouveront, jouissant devant chaque nouvelle folie, s’égosillant à l’introduction des vélociraptors et du Führer (magique Udo Kier qui cabotine comme il faut). Le spectateur lambda, pour peu qu’il visionne le métrage dans des conditions basiques, se demandera pourquoi il a encore chopé une prod Asylum sur la VOD.

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