BIFFF 2019

BIFFF 2019 - The Room

Avant-première mondiale !

Kate et Matt ont jeté leur dévolu sur une vieille bâtisse en pleine campagne. Un peu d’huile de coude, quelques bons matériaux et l’endroit pourra ressembler à un palace pour ce couple d’ex-citadins venus trouver un lieu de repos loin de la folie urbaine. Par contre, le manoir possède une installation électrique antédiluvienne et quelques surchauffes plus tard, ils décident de faire appel à une électricien qui n’a jamais constaté une telle pagaille en terme de branchements. C’est que ce joli foutoir a une raison d’être : il contient un réseau touffu calfeutré dans les murs dans la maison qui conduit vers une pièce de l’étage, laquelle possède le pouvoir de faire apparaître tout ce qui y est formulé comme souhait. Une caisse du meilleur champagne ? Check. La Joconde ? Check. Un million de dollars ? Check. Mais bon, passé ces désirs futiles, il en est d’autres plus puissants qui domine l’esprit de Kate, celui d’avoir un enfant...

De grâce, ne pas confondre avec l’œuvre (hum hum) homonyme signée Giles Daoust, monumental flop cinématographique destinée à rester doublement dans les annales. The Room donc est une co-production belge présentée en avant-première mondiale au BIFFF 2019, réalisée par Christian Volckman qui revient au genre fantastique 13 ans après son très beau Renaissance. Et quel retour ! Si le concept de base (venu de la caboche du réal’) s’avère excitant, le scénario dépasse le simple gimmick en exploitant en profondeur le matériau d’origine. Sur un rythme minutieusement entretenu, à la manière d’une symphonie aux envolées ponctuelles, le récit dévoile, de manière savamment dosée, de nombreux rebondissements qui relancent à chaque fois l’intérêt de la bande, inclut de nouveaux enjeux dramatiques et multiplie les pistes. Résultat : on se laisse prendre au piège, coincés avec les personnages entre les murs de l’immense bâtisse, grâce à un cadrage assez serré et un jeu d’ombres et de lumières qui suggère la frontière entre les deux mondes, celui fantasmatoire et morbide du manoir, celui libérateur et létal de l’extérieur.

Touchant, malin, porté par la sublime Olga Kurylenko aux côtés d’un excellent Kevin Janssens, The Room enchaîne les rebondissements intelligents et cohérents sans jamais tomber dans la facilité ou le trop plein d’explications. En espérant que Volckman se fasse un peu moins rare à l’avenir et qu’il persévère dans son exploration du genre.

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