Critique de film

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Les Barbarians

"The Barbarians"
affiche du film

La reine Canary, qui possède le pouvoir d'agir sur les rêves, est capturée par Kadar dont le but est de lui dérober ses pouvoirs. Il devra affronter Kutchek et Gore, deux colosses, frères jumeaux et fils adoptifs de Canary qui entendent bien délivrer leur mère des mains du tyran...

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Trailer - Les Barbarians (1987)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de Les barbarians - Sous-Conan très con par la Cannon
Par : Fred Pizzoferrato

Production estampillée Cannon mais entièrement confectionnée par une équipe italienne, Les Barbarians marque véritablement la fin d’un cycle, celui des nombreux décalques, apparentés à l’heroic-fantasy, de Conan le barbare sortis au début des années 80. Mais le métrage constitue aussi, plus tristement, un des derniers exemples du cinéma bis de la Péninsule, autrefois foisonnant et appelé à disparaître peu après, remplacé par les direct to vidéo produit à la chaine par les Américains. Bref, un témoignage d’une époque révolue ayant gagné, bon an mal an, ces galons de petits classique culte de la série B décomplexée. Car si Les Barbarians reste aujourd’hui encore divertissant et sympathique c’est essentiellement grâce à un humour constant et en partie volontaire, le réalisateur Ruggero Deodato ayant sagement décidé, vu la médiocrité des deux acteurs vedettes et la banalité du script, de transformer une œuvre voulue au départ violente et sérieuse en une semi-parodie réjouissante.

Né en 1939, Deodato est un des grands artisans du cinéma de genre italien, passé à la postérité pour avoir crée le sous-genre du « cannibal movie » au milieu des années ’70 avec Le dernier monde cannibale. Dans le même genre, il réalisa ensuite son chef-d’œuvre, l’incontournable Cannibal holocaust en 1980 et un autre film de jungle nerveux et efficace en 1985, Amazonia : la jungle blanche. On lui doit également quelques bisseries sympathiques comme S.O.S Concorde, Les prédateurs du futur, La maison au fond du parc, Le tueur de la pleine lune ou encore le slasher Body count. On oubliera par contre ses plus piteuses tentatives de thrillers érotiques comme Washing machine ou le film d’épouvante Angoisse sur la ligne.

Sur Les Barbarians, Deodato se voit contraint de travailler avec deux frères jumeaux culturistes, les catcheurs David et Peter Paul, lesquels connaissent alors une certaine notoriété sous le surnom commun des « Barbarian Brothers ». Les frangins sont déjà apparus dans un épisode de « K2000 » et ont eu droit à un caméo dans Flamingo kid mais Les Barbarians est le projet censé leur apporter la célébrité. Hélas pour eux ce ne fut pas le cas et on ne les reverra guère par la suite même s’ils tentèrent encore de s’imposer au début des années ’90 dans Think big, twin sitters et Double trouble avant de s’éclipser dix ans des plateaux et de tenter un comeback avorté via Souled out en 2005.

Si les producteurs Golan et Globus envisagent d’exploiter la popularité naissante des deux malabars, Deodato décide pour sa part de privilégier l’humour en se moquant gentiment de ses soi-disant futures stars. Le cinéaste multiplie donc les séquences humoristiques en présentant les montagnes de muscles se chamailler comme des gamins au bac à sable afin de déterminer, par exemple, qui aura la grosse épée et qui pourra garder la jolie hache ! Un autre grand moment montre l’un de nos culturistes jouer avec la tête décapitée d’une sorte de loup-garou qu’il exhibe devant l’héroïne médusée en poussant des sortes d’aboiements idiots.

Pas très intelligent mais ces séquences, idiotes et voulues comme telles, sont capables de donner le sourire aux spectateurs conciliants. Le scénario pour sa part, ne propose rien de bien novateur et s’avère même un véritable enchainement de clichés digne d’un maître de jeu débutant improvisant une quête à Donjon & Dragon.
Kutchek et Gore, deux enfants jumeaux de la tribu des Ragnik sont emmenés en esclavage par le cruel tyran Kadar qui, en outre, capture la jolie reine Canary. Cette dernière connaît en effet la cachette d’un joyau magique, le rubis des Ragnik. Pendant une bonne dizaine d’années, les gamins sont soumis à divers supplices et entraînés au combat par l’infâme Bourreau. Kadar a en effet promis à la belle Canary de ne pas tuer Kutchek et Gore mais le rusé personnage les oblige à se battre l’un contre l’autre dans l’arène afin de biaiser la promesse et accessoirement de baiser la reine. Malheureusement, le plan si bien conçu de Kadar échoue lamentablement : les deux combattants se reconnaissent et après de brèves et fraternelles retrouvailles, ils démolissent l’arène et s’enfuient. Après diverses péripéties, les jumeaux s’associent à une belle combattante, Ismène, et se promettent de libérer le petit Canary, de tuer Kadar et de récupérer le rubis sacré de la tribu protégé par un dragon que convoite la méchante mais sexy sorcière China. Pendant ce temps les Ragnik se cherchent une reine mais celle-ci doit être vierge, hors la tribu n’en compte plus que deux et aucune ne semblent convenir. Heureusement tout finira par s’arranger dans la joie et la bonne humeur, les gentils triomphant des méchants après un ultime combat vite expédié.

L’intrigue des Barbarians n’ayant aucun intérêt et se révélant, en prime, terriblement prévisible, Deodato mise sur le rythme et l’humour pour contenter le spectateur. Niveau action, le métrage ne démérite donc pas en proposant des combats divers et variés durant les petites 87 minutes de projection. Le final voit même les deux similis Musclor combattre un gros dragon à l’animation pas vraiment convaincante mais néanmoins impressionnant à condition de ne pas trop chipoter sur les effets spéciaux tout juste corrects. L’humour, lui, oscille entre la bouffonnerie volontaire et le portnawak involontaire mais, dans les deux cas, il fonctionne efficacement et c’est bien là l’essentiel.
Excepté les deux acteurs principaux, calamiteux mais drôles, Les Barbarians s’appuie sur des figures bien connues du bis. Le méchant Kadar est ainsi incarné par Richard Lynch, lequel débuta en 1973 face à Al Pacino et Gene Hackman dans L’épouvantail avant d’enchaîner les séries B plus ou moins prestigieuses, de Meurtres sous contrôle à Les gladiateurs de l’an 2000 en passant par L’épée sauvage puis Amazonia : la jungle blanche et Invasion USA. On remarque aussi Eva La Rue qui apparaîtra ensuite dans Ghoulies 3 et Robocop 3 avant de trouver un rôle récurent dans la série télévisée « Les Experts : Miami ». Enfin, signalons la présence de Michael Berryman qui prête son physique très particulier au métrage et que les bisseux connaissent bien pour ses rôles dans des titres tels que La colline a des yeux, Une créature de rêve ou Amazonia : la jungle blanche. Même George Eastman, figure culte du cinéma populaire rital (Antropophagous, Horrible, Porno holocaust, La nuit érotique des morts-vivants, Les guerriers du Bronx) à droit à son apparition clin d’œil en chef barbare. Du beau monde ayant l’air de prendre du bon temps sur le plateau tout en cabotinant joyeusement à l’écran.

En dépit d’un budget surement modeste, Les Barbarians ne paraît pas spécialement pauvre, surtout comparé à la moyenne des « Conan-eries » italiennes sorties à la même époque. Les extérieurs sont raisonnablement majestueux, les décors corrects, les effets spéciaux acceptables,…On dénombre même une poignée de passages légèrement gore mais aucun érotisme, le métrage se destinant probablement en priorité aux jeunes adolescents.
Au niveau des costumes, avouons qu’ils sont très kitsch mais pas désagréables à regarder (surtout pour les demoiselles bien mises en valeur !) et participent au côté bon enfant de l’ensemble. Pino Donaggio, compositeur ayant quand même travaillé avec Brian DePalma (Carrie, Pulsions), Joe Dante (Piranhas) ou Dario Argento (Trauma) livre pour sa part un score acceptable agrémenté d’une chanson de générique bien ringarde et mémorable. Dommage que le scénario de James R. Silke (Ninja 2 : Ultimes violences, Ninja 3 La domination et American warrior quand même !) manque vraiment de substance pour intéresser un minimum le public mais, globalement, Les Barbarians reste un divertissement tout à fait acceptable pour peu que l’on en accepte les prémices et les limites.

Aujourd’hui oublié et difficilement trouvable (à quand une sortie en dvd zone 2 ?), Les Barbarians demeure un très agréable divertissement d’action, généreux en péripéties et en humour. Les amateurs nostalgiques du bis italien devraient logiquement apprécier cet amusant voyage sur les contrées de l’héroic-fantasy quasiment parodique.


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