Critique de film

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Le Bazaar de l'épouvante

"Needful Things"
affiche du film

Dans la boutique de Leland Gaunt, chacun peut trouver ce dont il a toujours rêvé mais cela a un prix : la haine, la jalousie, le chaos, puisque, sans le savoir, il se pourrait bien que les clients de Leland aient signé un pacte avec le diable. Seul le shérif Pangborn échappe à ses ruses et semble incorruptible.

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Trailer - Le bazaar de l’épouvante (1993)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique : Le Bazaar de l’épouvante - Âmes à vendre
Par : Samuel Tubez

Mise en scène par Fraser C. Heston (le fils de Charlton Heston) au début des années 90, cette adaptation de Stephen King tombe en plein dans une période où les tournages inspirés des œuvres de l’écrivain pullulaient véritablement. La Créature du cimetière, La Nuit déchirée, Le Cobaye, Les Tommyknockers, Le Fléau, The Mangler, La Peau sur les os,…une époque où, hélas, la quantité primait sur la qualité.

750 pages contre un peu moins de 2h de métrage pour cette transposition. Ayant opté pour le film de cinéma, Fraser Heston se doit de compresser l’œuvre en tentant d’en conserver la moelle substantifique. Ejectant certains personnages pour se concentrer uniquement sur quelques uns, le film décide également d’opter pour une approche plus réaliste et dramatique que surnaturelle et spectaculaire. Si dans le livre de Stephen King, Leeland Gaunt s’immisçait dans les rêves et fantasmes des habitants et se métamorphosait, il reste ici, tout du long, d’apparence humaine et se cache derrière les actes qu’il fait commettre à ses clients. Point d’effets gore ou de maquillages caoutchouteux ici, la suggestion est reine et le diable possède un visage bien humain. Des traits que prête le comédien Max Von Sydow, tout en élégance et en sobriété. Celui qui jadis chassa le diable du corps de la petite Megan éparpille ici le mal dans une ville toute entière. Amusant, n’est-ce pas ? Vendant ses babioles contre un sale tour à jouer envers l’autre, il gagne l’âme de chaque habitant, exhibant chez eux la rancœur et la haine, créant peu à peu le chaos. Ses victimes se nomment Nettie, Brian ou Polly, il ravive les conflits entre les deux leaders religieux, provoque des meurtres et pousse au suicide.

Mais à Castle Rock, il y en a un qui fait de la résistance et qui n’a rien acheté dans la boutique démoniaque. C’est le shérif Pangborn. Lui qui est venu s’installer dans la petite ville portuaire pour y trouver la tranquillité, le voilà qu’il a affaire au Mal absolu. C’est Ed Harris (Abyss, A History of violence) qui endosse le rôle de celui qui tiendra tête au propriétaire du « Bazaar ». Voilà une confrontation attirante, certainement l’un des points les plus intéressants de ce film dont la force principale est sans nul doute son casting. Car aux côtés de ces deux excellents comédiens, on retrouve également deux comédiennes brillantes mais malheureusement trop peu employées dans l’univers du 7ème art : Amanda Plummer (Pulp Fiction, Satan’s little helper) et Bonnie Bedelia (Die Hard). Ce Bazaar de l’épouvante est donc définitivement un film qui s’attache à ses personnages et leur psychologie.

Au détriment du spectaculaire et du fantastique se plaindront certains. Ils n’auront pas tout à fait tort, car bien que ce classicisme et cette retenue soient appropriés, Le Bazaar de l’épouvante manque tout de même de punch et de mordant. L’aspect fantastique n’est qu’esquissé, les disputes et les confrontations restent assez soft (hormis celle opposant Nettie et Wilma) et certaines scènes font très téléfilm. Il faut bien le dire, la mise en scène est un peu trop timorée et si à l’époque ça passait encore bien, aujourd’hui ça risque d’en assoupir plus d’un. Mais pour les curieux et les collectionneurs, cette adaptation est loin d’être un foirage complet et rien que pour Max Von Sydow, elle vaut le coup d’œil…voir peut être même un achat à prix très démocratique (Gnahahahaaaa !).


Critique de Le bazaar de l’épouvante - L’oublié
Par : Chroniqueurs

Par Dante

On ne compte plus les adaptations plus ou moins réussies du très prolifique Stephen King. À l’heure où Darabont a montré sa supériorité avec l’adaptation de The Mist, et que les fans que nous sommes attendent avec impatience l’arrivée de Cell sur les écrans, replongeons-nous dans cette petite série B passée sous silence et loin d’être la pire des adaptations.

Réalisé par un inconnu du nom de Fraser Clarke Heston, et porté par une tête d’affiche des plus intéressante : Ed Harris et Max Von Sydow (notre père Merrin préféré), le film reprend les thèmes chers à Stephen King : une ville coupée du monde à la nature inquiétante, une galerie de personnages pittoresques à souhait et bien entendu le surnaturel sournois qui vient se glisser dans la vie bien rangée de ces citoyens. Surnaturel ici personnifié par un brocanteur au charisme diabolique, brillamment interprété par un Max Von Sydow au sommet de son art.

Heston s’emploie alors à nous dépeindre la descente aux enfers de ce petit village, via un découpage des plus classique et une mise en scène très télévisuelle, qui se prête malgré tout très bien au sujet. La tension monte crescendo. Les habitants, certes, un peu caricaturaux, commencent à se haïr et à se battre à cause d’une machination orchestrée par le machiavélique brocanteur sous l’œil parfois amusé, parfois surpris mais toujours complice du spectateur.

Mais loin de se concentrer uniquement sur son intrigue, le réalisateur se permet quelques scènes magnifiques, avec des utilisations de ralenti savamment dosées, le tout sur fond de musique classique pour dépeindre les scènes de violence (procédé cher à John Woo). Le réalisateur va même pousser le tour de force, en alternant les scènes légères bien qu’empreintes de sadisme, qui découlent de la complicité que le spectateur entretient avec le brocanteur marionnettiste, les scènes très intenses voire très violentes avec quelques envolées poétiques portées par des décors magnifiques. Sans jamais glisser vers le gore outrancier ou la légèreté assumée, Heston nous dépeint une ambiance qui devient peu à peu malsaine, peuplée de personnages désabusés livrés à leurs désirs inavouées et contraints pour les atteindre de commettre les pires forfaits. La simplicité de la mise en scène se met au service du changement de psychologie de toute une population, évitant une addition de complexité qui aurait pu prendre le pas sur l’intrigue.

Mais qui dit King, dit final apocalyptique, et le crescendo développé dans le film devait bien finir par exploser. Le film pâtit alors de son manque de moyen évident pour exploiter l’émeute qui explose dans la ville. Malgré quelques explosions bien senties, on a du mal à ressentir la folie et la violence qui auraient dû découler d’une telle scène. La faute également à une mise en scène trop sage, qui ne prend pas part au récit qu’elle développe.

Reste une très honnête série B, qui se classe sans mal dans les meilleures adaptations de Stephen King. Intelligent, tordu, maîtrisé, porté par des acteurs talentueux, Le Bazaar de l’épouvante est un très bon film fantastique qui mérite d’être découvert ou redécouvert. Mick Garris et consorts en ont d’ailleurs beaucoup à apprendre.

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