Critique de film

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Belzebuth

"Belzebuth"
affiche du film

À la frontière américano-mexicaine, un groupe de prêtres renégats massacrent des enfants innocents pour ouvrir la voie à l'arrivée de l'Antéchrist ...

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Trailer - Belzebuth (2017)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de Belzebuth - Satan l’habite
Par : Damien Taymans
Tags : BIFFF 2018

Accro à l’opposition manichéenne du Bien et du Mal, déjà au cœur de Pastorela, le Mexicain Emilio Portes opte pour un ton moins décontracté dans Belzebuth, comme l’illustre la séquence d’ouverture du métrage. En cinq minutes, les balises sont posées : le cinéaste souhaite que les gloussements de l’assistance relèvent davantage de l’effroi que de l’amusement. Pari réussi tant la première demi-heure du récit se montre éprouvante et sans la moindre auto-censure : une infirmière estourbit au scalpel une poignée de nouveaux-nés dans une maternité, un mioche dégomme au fusil des dizaines d’élèves dans une école, une femme s’immerge dans une piscine pour y électrocuter les gamins qui s’y trouvent. Le Diable est descendu sur Terre et il souhaite faire un carnage pour éviter que l’incarnation christique ne reprenne le dessus, à la manière des meurtres d’enfants perpétrés dans la saga La Malédiction pour empêcher l’Antéchrist de voir le jour. Plus encore, l’introduction de Belzebuth fait écho aux multiples attentats de cette décennie n’épargnant aucun innocent pour faire régner la terreur.

Lasse cette mise en place percutante cède trop rapidement le pas à une histoire de guerre ancestrale entre le Bien et le Mal avec, au centre des préoccupations, un nouveau messie plus convoité que Lionel. Dans cette bataille se retrouvent engagés un prophète tatoué des pieds à la tête incarné par Tobin Jigsaw Bell, un curé de gouttière et un flicaillon corruptible par le mal étant donné son pedigree. Le hic c’est que Portes, après avoir ratissé avec hargne et précision, laisse en jachère ces terreaux narratifs (les sus-mentionnés attentats, l’intervention d’une "police" scientifico-paranormale) qui auraient mérité une bien meilleure exploitation au profit d’une affaire d’exorcisme plutôt banale à peine émaillée de quelques moments joliment gorasses.

Belzebuth, tel un soufflé démoniaque, se dégonfle un peu trop vite pour s’engouffrer dans des sentiers par trop balisés et convenus, ceux des exorcismes pratiqués à grands renforts de sentences latines et de hurlements à tendance graveleuse.


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