Critique de film

pub

Blood: The Last Vampire

"Blood: The Last Vampire"
affiche du film

En 1966, dans un Japon sous tension à cause de la guerre du Vietnam, des militaires américains stationnés à la base aérienne de Yokota doivent faire face à un danger inattendu : des vampires, immondes créatures se nourrissant de chair humaine, seraient infiltrés parmi eux. Une équipe d'agents secrets, spécialement formés pour combattre ces créatures de la nuit, est envoyée sur place pour les démasquer et les éliminer. Parmi eux se trouve une mystérieuse adolescente, Saya, dotée de pouvoirs surnaturels...

pub


Trailer - Blood : The Last Vampire (2000)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de Blood : The last Vampire - Le dernier samouraï
Par : Fred Bau

Référence indéniable d’une nouvelle ère de l’animation digitale nippone, Blood constitue, au pays du soleil levant, un tournant majeur dans la combinaison du dessin animé classique en 2D, des images de synthèse en 3D, et des effets spéciaux numériques. Cette production des studios IG fut d’ailleurs si révolutionnaire, que le regroupement des diverses compétences, ainsi que le système informatique centralisé qu’il a mobilisé, sont devenus un concept à part entière : le "Blood Standard".

Film référentiel inaugurant une nouvelle ère de l’Anime, Blood demeure toutefois une œuvre visuelle originale, au rendu dynamique singulier. Le mérite de cette exception revient pour une bonne part au réalisateur Hiroyuki Kitakubo, qui a choisi de confier la création visuelle des personnages à l’illustrateur Katsuya Terada. Ce dernier, dont les influences s’étendent au delà du manga (Moebius, revue Heavymetal), possède un style dont la "texture organique" peut être considérée comme pleine de défauts du point de vue des normes graphiques déterminant généralement l’anime. Les dessinateurs d’animation en 2D, formés à réaliser des lignes très précises et très soignées, durent donc, sous la direction du superviseur des dessins Kazuchika Kise, désireux d’accentuer ces "défauts", s’efforcer de produire des lignes vives et dynamiques en ignorant tout a priori de leur rendu dans la 3D. "L’impact Terada" sur le résultat final est aujourd’hui notoire. Il se dégage de Blood une ambiance visuelle riche en palette de couleurs et de contrastes, aussi fluide au niveau de l’animation que la profondeur de champ, avec des personnages 2D dotés d’une grande gamme expressive, du plus bel effet dans de la 3D.

Côté script, Blood n’a pas pu hélas bénéficier du même soin. Fruit des travaux respectifs de Kenji Kamiyama et Junichi Fujisaki (écrits en une semaine seulement), combinés pour des raisons exclusivement visuelles, le métrage, qui ne dure que 48 minutes, trahit un manque général de développement. Le récit se déroulant dans une base militaire américaine, avec en arrière plan la guerre du Viêt-nam, indique bien une volonté d’ancrer la narration dans un contexte historique. Mais l’histoire est trop elliptique pour que le spectateur puisse saisir les enjeux du film, si tant est qu’il y en ait.

Le traitement des personnages n’offre pas plus de développement. Saya, guerrière samouraï et vampire de race originelle (peut-être en référence à ce que l’on appelle les "vampires shinso" dans la fiction japonaise), témoigne d’une nostalgie implicite pour l’ancestrale noblesse combattante nippone. Mais le rapprochement du vampire et du samouraï ne dépasse jamais le stade esthétique, exploité au niveau seul de l’action. Il est aussi très difficile de saisir la nature des chiroptériens, et de comprendre ce que représente cette espèce.

Avec Mamoru Oshii à l’origine du projet, cette incursion de l’anime chez les vampires avait de quoi laisser rêveur. Mais les créateurs du premier modèle du "Blood Standard", trop obnubilés peut-être, par le pressentiment de faire un film novateur sur le plan graphique, livrent le spectateur au sentiment mitigé de s’être fait servir une histoire incomplète. Malgré ses lacunes, Blood demeure un petit bijou formel incontournable de la combinaison 2D/3D, largement supérieur au remake live de 2009.

Donnez votre avis sur le film !

En résumé
ecrire un commentaire sur le film
;



Galerie photos

photo 35283 photo 35282 photo 35281
Voir la galerie complète

Récentes critiques

affiche du film
Superlópez
2018
affiche du film
Quiet Comes the Dawn
2019
affiche du film
Brothers' Nest
2018
affiche du film
The Room
2019
affiche du film
Pokémon: Détective Pikachu
2019
affiche du film
Extremely Wicked, Shockingly Evil and Vile
2019
affiche du film
La Malédiction de la Dame blanche
2019
affiche du film
Avengers: Endgame
2019
affiche du film
Dragged Across Concrete
2018
affiche du film
Little Monsters
2019

Cinemag

> Feuilleter

Concours

Sondage