Critique de film

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Blue holocaust

"Buio Omega"
affiche du film

Lorsque sa fiancée meurt des suites d’un rite vaudou, le monde de Franck s’écroule. Refusant d’y croire, il se sert de sa passion pour la taxidermie pour embaumer le corps de son amie et la garder auprès de lui. Ayant sombré dans la folie, Franck va se chercher une nouvelle amie qui acceptera de vivre avec lui et le corps de son ancienne compagne.

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Trailer - Blue holocaust (1979)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de Blue holocaust - Jusqu’à ce que la mort nous sépare... ou pas.
Par : Seb Lecocq

Joe d’Amato n’est certes pas l’égal des plus grandes icônes transalpines du genre mais néanmoins il en est un personnage incontournable. De par sa carrière prolifique, on lui accrédite plus de 350 œuvres tous formats confondus et plus de 50 pseudonymes, et de par sa faculté à bouffer à tous les râteliers passant d’un genre à l’autre sans le moindre scrupule. Ce n’est pas pour rien que l’un de ses premiers films, mis en chantier quelques semaines après le chef-d’œuvre de Léone s’appelle Pour quelques milliers de dollars par jour. Cette anecdote résume bien le personnage. Mais bon, ne tournons pas autour du pot plus longtemps, si on connaît Joe d’Amato c’est surtout grâce à sa carrière dans le cinéma érotique et pornographique. Mais malgré son opportunisme de bas étage, il considérait le cinéma comme un bon moyen de faire de l’argent et pas comme un art à part entière : sa filmographie recèle quelques pépites surnageant au milieu d’un torrent de bouses. Blue Holocaust en fait partie, au coté d’Anthropophagous et de Viol sous les Tropiques avec la sublime Laura Gemser.

D’Amato s’attaque donc avec ce Blue Holocaust à une histoire d’amour. Déviante certes, mais une histoire d’amour quand même. Un amour immortel même. D’Amato serait il devenu un grand romantique ? Et bien pas vraiment en fait…ses deux passions étant l’horreur à tendance morbide et le sexe, il ne va pas se priver d’en injecter une bonne dose dans son film. Puis bon, ce n’est pas nouveau le sexe et le sang à toujours fait vendre.

Blue Holocaust nous narre la plongée dans la folie d’un taxidermiste fou amoureux de sa femme défunte mais qui continue malgré tout de l’aimer. Rien qu’avec cette ligne on voit que D’Amato aime aborder des sujets différents et sujets à polémique : ici la nécrophilie. Pour cela il va y aller franco (pas comme Jess - ndlr) et c’est ce qui fait en grande partie la réussite de son film qui, même s’il n’est pas très gore ou pornographique, réussit à installer une ambiance glauque d’une morbidité extrême.

Il est impossible de ne pas être dérangé et bousculé au plus profond de ses tripes devant ce film qui ne recule pas devant les tabous liés à son sujet. D’Amato à l’instar d’un Fulci se fait le chantre des atmosphères poisseuses et déliquescentes et pousse Blue Holocaust jusqu’au limite du supportable. Non pas en terme de gore mais plutôt en terme de malaise, c’est sur ce registre qu’opère la « magie » Blue Holocaust. Le spectateur parvient à comprendre Franck, le taxidermiste héros fou et nihiliste du film, allant même jusqu’à s’identifier à lui car après tout il n’est qu’un homme perclu d’amour prêt à tout pour retrouver sa belle, même à l’innommable.

Ce que recherche Franck ce n’est pas à ressusciter son amour perdu mais à le revivre par procuration, via d’autres femmes qu’il n’hésitera pas à violer dans le lit conjugal dans lequel gît toujours le cadavre de la défunte et à faire disparaître les corps dans des bains d’acides. Et c’est précisément lors de ses scènes les plus extrêmes que le charme opère.

Il y a du Fulci dans cette œuvre et ce qui n’aurait du être qu’un banal film d’horreur de série B, voire Z bravant les interdits se révèle être au final, un magnifique poème morbide, une ode au corps humain en putréfaction, un hommage à la décomposition et à l’amour absolu et éternel. Ne dit-on pas que seule la beauté intérieur compte ? Et bien D’Amato, qui au fil de sa carrière se concentrera plus sur la plastique irréprochable de ses comédiennes, illustre l’adage d’une façon bien personnelle certes mais on ne peut plus profonde et touchante. Blue Holocaust se révèle au final un diamant noir et vénéneux mais aussi le film le plus personnel de son auteur.


Critique de Blue holocaust - Une gerbe pour d’Amato
Par : Damien Taymans

Après une carrière fructueuse dans l’érotisme doucereux, Joe d’Amato s’engouffre dans la vague horrifique, à l’image de certains de ses contemporains transalpins attirés par l’aventure. Sous le pseudonyme d’Aristide Massaccessi, il signe Buio Omega, l’une des péloches les plus hard de l’horreur eighties made in Italy aux côtés du définitivement troublant Cannibal Holocaust. Loin de son sexe tendance « black », d’Amato filme l’aliénation progressive d’un empailleur qui, pour faire perdurer son amour par-delà la mort, décide de déterrer le cadavre de sa défunte amante et de la conserver auprès de lui, non sans l’avoir auparavant évidée complètement et lui avoir injecté un liquide capable de la maintenir dans un état de fraicheur perpétuel. Fidèle à ses principes monstratifs (indivisibles de l’industrie X), le cinéaste montre tout au gré d’une précision anatomique, soutenue par une poignée de zooms nauséeux. Morbide et malsaine, cette séquence se clôture sur un acte aussi gentiment poétique que profondément répulsif, puisque l’amant éperdu porte le cœur de sa bien-aimée à sa bouche avant de le mordre à pleines dents.

Cette scène résume à elle seule l’ensemble de l’œuvre de d’Amato qui amène progressivement ses personnages (et par extension, les spectateurs) aux confins des ténèbres (d’où l’intitulé Buio Omega qui se coltine depuis la traduction incompréhensible de Blue holocaust). Tantôt sanglant à l’excès (démembrements et crémation en live sont encore au programme) tantôt poétique et mélancolique (l’entame de l’œuvre en est un exemple frappant), Blue holocaust a tout de l’œuvre sacrilège et porte en elle les germes d’une classification qu’on devine sévère. Interdit de séjour en Allemagne et restreint aux moins de 18 ans dans de nombreux autres pays européens, le métrage s’appuie essentiellement sur des effets grand-guignolesques très réalistes et s’échine à mettre en avant la fétichisation corporelle du héros au mépris du reste de l’histoire. Ainsi subsistent une série de sous-intrigues, conduites avec une mollesse exemplaire (la pseudo-enquête aussi trépidantes que celles menées par Derrick), qui finissent par miner le rythme d’une œuvre se complaisant uniquement dans sa gratuité vomitive.

Considéré comme le « chef-d’œuvre » (les guillemets ne sont pas excessifs) de d’Amato, Blue holocaust constitue une entrée couillue pour le cinéaste dans le domaine de l’horreur. Avec cette oeuvrette bien plus dérangeante que ses futures livraisons (l’affligeant Anthropophageous fait également date, pour de mauvaises raisons), il échoue pourtant à force de s’acharner à rechercher continuellement la touche morbide au détriment de la psychologie de son trio maudit qui aurait mérité davantage de considération.


Critique de Blue Holocaust - Quand on n’a que l’amour...
Par : Quentin Meignant

Versant relativement souvent de le cinéma X sous couvert d’une cinquantaine de pseudonymes, Joe D’amato est sans doute l’un des metteurs en scène italiens les plus prolifiques de sa génération. Certes pas toujours bien inspiré et restant dans l’ombre des réalisateurs transalpin phare, l’homme possède une filmographie riche constituée essentiellement de bande bis, voire Z, dont le chef-d’œuvre ultime est à n’en point douter Blue Holocaust. Le métrage s’intéresse à Franck, qui, lorsqu’il perd sa fiancée à la suite d’un rite vaudou, voit tout son petit monde s’écrouler. Taxidermiste de son état, il décide d’aller voler le corps de sa compagne, de le ramener chez lui et de l’embaumer afin de le garder près de lui. Ceci ne se fait pas sans heurts et, complètement perturbé, Franck va se chercher une nouvelle amie, qui acceptera de vivre avec lui et le corps de son ancienne compagne.

Dans une industrie italienne totalement acquises à la cause des zombies, des cannibales et des gialli, Blue Holocaust change complètement la donne, proposant un concept nécrophile, rarement vu sur les écrans. Ce sujet polémique se traduit dès les premiers instants par le caractère malsain de l’œuvre. Ainsi, malgré une entame particulièrement brouillonne, mettant en scène un rite vaudou un brin inconsistant, D’Amato use d’un score lourd et hargneux, constitué de véritables coups de boutoirs, qui n’a de cesse de torturer le spectateur. Cette bande son va de pair avec des images à la fois mélodramatiques et perturbantes montrant le jeune Franck sombrer petit à petit dans la folie.

A ce titre, l’interprétation de Kieran Canter est en tous points géniales, l’acteur parvenant à tirer la quintessence émotionnelle du sujet et à jeter le trouble sur la suite des événements. Bande totalement imprévisible, Blue Holocaust le devient encore plus avec l’entrée en scène d’Iris, une gouvernante incestueuse incarnée avec brio par Franca Stoppi (L’Autre Enfer). Le duo maléfique se livre alors à bien des exactions, qui versent tantôt dans le gore, D’Amato mettant en scène une scène anthologique de dépeçage, et tantôt dans un érotisme dérangeant, à la limite du supportable. Sans jamais faiblir, le caractère malsain de l’œuvre connaît son paroxysme lorsque le héros se met en tête d’amener de nouvelles conquêtes chez lui et de « faire les présentations » avec l’ancien être aimé. Dès lors, malgré un rythme faiblard, notamment à cause de séquences consacrées à des policiers menant l’enquête de manière on ne peut plus molle, Blue Holocaust demeure de bout en bout une petit bombe filmique.

Malsain, dérangeant, Blue Holocaust met en avant les nombreux atouts dont ile bénéficie. Malgré un manque de rythme flagrant, la bande de Joe D’Amato fait mouche et parvient dès les premiers instants à installer un profond malaise lors de sa vision, une véritable chape de plomb s’abattant sur les mirettes du spectateur. Dans une botte transalpine habituée aux zombies et cannibales, cette œuvre nécrophile fait office de véritable bol d’air (pas très frais).

Commentaires sur le film

ça divise

2 etoiles

apparemment, le film de d’amato divis. Il faut dire que pendant plus d’une heure, il n’y a rien à se mettre sous la dent si ce n’est du sang et du gore. moyen !

20 août 2009 à 18:08 | Par freddyintheattic

0 etoiles

10 mai 2012 à 23:05 | Par zorba

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