Critique de film

pub

Boulevard de la Mort

"Grindhouse: Death proof"
affiche du film

C'est à la tombée du jour que Jungle Julia, la DJ la plus sexy d'Austin, peut enfin se détendre avec ses meilleures copines, Shanna et Arlene. Ce TRIO INFERNAL, qui vit la nuit, attire les regards dans tous les bars et dancings du Texas. Mais l'attention dont ces trois jeunes femmes sont l'objet n'est pas forcément innocente. C'est ainsi que Mike, cascadeur au visage balafré et inquiétant, est sur leurs traces, tapi dans sa voiture indestructible. Tandis que Julia et ses copines sirotent leurs bières, Mike fait vrombir le moteur de son bolide menacant...

pub


Trailer - Boulevard de la mort (2007)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Boulevard de la mort - La mauvaise séance
Par : Chroniqueurs

Dire que j’ai été voir ce film avec beaucoup de réticences est un euphémisme. D’abord écoeuré par la non distribution de "Grindhouse" chez nous, étonné par l’ampleur d’un pseudo mouvement anti Tarantino, j’ai finalement retrouvé suffisament d’espoir en vous lisant. Suffisament pour aller le voir.
19H30. Armé de mon ticket, je m’installe dans la salle, tout en me reprochant la stupidité qui me faisait appréhender le nouvel opus de QT : "Allez, c’est quand même Tarantino ! Ca ne se refuse pas !" Les lumières s’éteignent, le logo "our features présente" s’affiche, dégradation de l’image, générique. Je retrouve d’emblée cet univers rock’n’roll particulier et je me dis : "qu’est qu’on est bien chez soi !".

Puis arrive la première séquence du film : trois filles dans leur voiture en train de déblatérer. J’écoute et je me rends compte de la superficialité du dialogue (grossier, sans fond, inutile) mais je me dis : "bah, vu les filles qui sont présentées, c’est normal, et donc en phase avec les personnages". je reste tout de même dubitatif ... jusqu’à me rendre compte (surprise !) que je m’ennuie ferme. Les dialogues sont sans saveur, grossiers, les actrices mauvaises. Tarantino s’offre son caméo, mais ce n’est franchement pas une réussite (on est loin de Desperado). Seule la B.O me tient accroché au film ....
Puis une lueur : Kurt Russell. Ce stuntman Mike débarque dans ce bar et le film gagne (enfin) en intérêt. Les dialogues, sans jamais atteindre le niveau des films précédents, s’avèrent bien plus construits, plus référentiels et on sent la marque de fabrique de QT. La séquence du bar s’achève et celle de la route démarre. Je commence à nager en plein bonheur, quand Tarantino se lance dans son délire "psychopathe de série Z" par l’entremise d’un Kurt Russell excellent, associé à une Rose Mc Gowan qui relève sensiblement le niveau de jeu des actrices (?). Ce passage franchement réussi se clôture par un accident dont la multiplicité des points de vue démontre une fois de plus l’originalité et le talent du metteur en scène.

Puis le film retombe dans cette espèce de catatonie où les dialogues crus et creux s’enchaînent jusqu’à me lasser définitivement, jusqu’à un dénouement qui me laisse sur la touche, faute à une course-poursuite supposée haletante que j’ai trouvée pour ma part interminable ... Comment est-ce possible ? C’est quand même de Tarantino qu’il s’agit ! Le grand cinéaste dont le sens du dialogue, la justesse de la répartie et l’impact de la réplique n’ont d’égale que la maîtrise de l’outil cinéma ! Dans Boulevard de la mort, point de "tu me flingues dans tes rêves, tu me demandes pardon en te réveillant". Alors j’essaie d’y réfléchir, totalement dérouté par ce que je ressens ... Est-ce la faute à un scénario qui tiendrait sur un cure-dent ? Pas vraiment, je sais bien qu’il fait référence à la série Z, peu réputée pour ses scénarii dignes de Usual suspects... Et puis, Tarantino excelle dans la parodie/caricature (Une nuit en enfer, Kill Bill). J’envisage le côté parodique et caricatural des midinettes superficielles, mais je ne comprends pas alors ceux qui clament haut et fort que Tarantino filme les femmes et leur rend hommage comme personne avec ce film ! Je suis d’accord quand il magnifie Pam Grier et Uma Thurman, pas quand il se focalise sur les pétasses écervelées qui parsèment son film ! Parce que là, je ne trouve pas ça très flatteur pour la gente féminine .... Et si c’est une caricature de la bimbo version sitcom sans cerveau, Verhoeven l’a déjà fait, et avec plus de brio, dans Starship Troopers (y compris en ce qui concerne le jeu des actrices). J’en viens alors à m’identifier pleinement au mode de pensée de Stuntman Mike ...

Un autre état de fait me chagrine : les références et hommages. Là où je trouve qu’il maîtrise parfaitement le sujet, c’est dans l’inégalable Pulp fiction et dans Kill Bill 2. Ici, c’est poussé à la caricature : le shériff Earl Mc Graw ne me fait plus rire, les affiches et autres clins d’oeil font un peu redite, mais quand il en vient à s’autoréférencer, je me dis que ça devient lourd ... voire prétentieux. Le plan tournant autour de la table lors d’une conversation entre différents personnages (Reservoir Dog’s) est repris jusqu’à l’overdose dans la séquence du coffee shop ... d’autant plus que le dialogue en question est mauvais. Quant à la scène de la lapdance, c’est une reprise de celle de Une nuit en enfer, dont je préfère la sensualité et le charme épicé de Selma Hayek. Ce côté ultra référentiel de son cinéma commence t-il à se retourner contre lui ? Car une fois qu’il aura rendu hommage à tous les genres qu’il affectionne, que lui restera t-il à filmer ? Cet argument est facile pour ses détracteurs, mais il commence à m’inquiéter (même si l’incorrigible que je suis attends "inglorious bastards" avec impatience).

Reste que sur la forme, peu de films peuvent s’aligner sur l’objet en question. Raccords foirés, dégradation de la pellicule, jeu sur les couleurs et les cadres, musiques coupées arbitrairement, montage hasardeux, bande originale démentielle, tout y passe. A l’instar d’un Tony Scott dans Domino, il exploite pleinement le médium cinématographique pour se livrer à un travail quasi expérimental, alors qu’à la base, il s’agit de restituer les conditions techniques de visionnage de l’époque. Tarantino derrière la caméra ne fait pas faux bond, lui. C’est un passionné, et ça se sent, comme toujours. Son amour pour ce cinéma qu’il affectionne transpire à chaque plan. Et c’est ce qui sauve ce Boulevard de la mort.

Finalement, je dirais que je suis très partagé en ce qui concerne ce nouvel opus tarantinien. Ce Boulevard de la mort est peut-être à Tarantino ce que La jeune fille de l’eau est à Shyamalan : le premier raté de son auteur dont le talent et l’amour du cinéma demeurent intacts ... Ce qui est d’autant plus déroutant ...

P.S : je sais que cette critique sera difficile à lire pour vous, mais elle a été encore plus dure à écrire pour moi ...


Critique de Boulevard de la mort - Et devant nous, la route
Par : Maureen Lepers

Depuis 1992 et l’impact foudroyant de Reservoir Dogs sur le public et la critique, la force du cinéma de Quentin Tarantino n’est plus à prouver. Fort des succès conjugués de Kill Bill I & Kill Bill II, il livre avec Boulevard de la mort un film plus intimiste, qui pousse cependant à leur paroxysme les deux pôles de son cinéma : la violence et la parole.

Aux origines de Boulevard de la mort, il y a tout d’abord la passion de deux amoureux du cinéma d’exploitation des années 70, et leur volonté d’en livrer au public un hommage explicite. Premier volet du fameux diptyque Grindhouse que Tarantino signe avec Robert Rodriguez, le film s’impose, dans un premier temps, comme une relecture de la mythologie d’un genre décrié par la critique et adulé par le public, auquel il s’agit aujourd’hui de rendre ses lettres de noblesse. Coutumier de la démarche qui a fait, en surface, la force de Pulp Fiction ou de Jackie Brown, le réalisateur part à la conquête des codes formels du cinéma qu’il réinvestit, et met en balance deux temporalités. Au visage balafré d’un Kurt Russell rescapé du cinéma bis des seventies, s’associent les figures contemporaines du genre, parmi lesquelles Rose McGowan, scream queen culte du Scream de Wes Craven, et Eli Roth, nouvel espoir du gore movie américain, père de la franchise horrifique Hostel. Prisonniers de la même pellicule, les deux générations, sans s’affronter, entrent en collision et fusionnent, pour ouvrir un nouvel espace, celui du hors champs, du hors temps, celui qui, spécifié par les sautes de pellicule, pose la question de l‘héritage. Pour Tarantino, qui ne peut faire le deuil du cinéma qui a marqué sa jeunesse, il faut s’approprier et dépasser sans les renier les références ; en ce sens, ses films ne peuvent trouver leur place que dans l’entre deux, dans la brèche ouverte à la fois par la rencontre de deux générations, de deux pellicules, de deux histoires, mais aussi plus symboliquement, par la rencontre et l’explosion des deux voitures de la première partie du film.

Le prodige de Boulevard de la mort est donc de mettre en lumière un espace a priori invisible, mais nécessaire. Cependant, il faut noter que le film, s’il est gouverné par la rime, est aussi traversé par une ligne droite, celle de la route sur laquelle sont lancés les différents bolides. Paysage clef, elle est à la fois le lieu des retrouvailles - l’unité parfaite que forme le premier groupe en route vers la maison de vacances, l’extase des deux amies de la deuxième partie du film, dans le café, à l’évocation de Vanishing Point - et le décor des acmés émotionnels - l’accident et la course poursuite. Indéniablement, c’est dans la continuité de cet espace que Quentin Tarantino puise la force et la magie de son film. A la linéarité de la route, se substituent bientôt celle de la narration, celle de la caméra (les plans séquences), et surtout celle du dialogue. Plus qu’une course après le passé, le réalisateur fait de Boulevard de la mort une course à la parole, à la clef de voûte de son cinéma. Loin des digressions spectaculaires de Kill Bill, il travaille ici à réarticuler le verbe et l’image, tout deux relais de la violence caractéristique de son œuvre.

Au-delà de l’hommage donc, il faut voir dans Boulevard de la mort la démarche introspective d’un auteur qui réfléchit à la fois au cinéma qui l’a façonné, mais aussi et surtout, au cinéma qu’il crée.


Commentaires sur le film

Bof

3 etoiles

Un peu déçu car les dialogues sont trop longs et parfois vains,rien à voir avec "point limite zéro" dont on fait référence dans le film.
Je pense que si c’était un autre réal qui avait fait ce film,on dirait que ce serait un nanar...

15 mai 2009 à 16:05 | Par Ronald
très bon

5 etoiles

coups de coeurCoup de coeur !

du tarentino quoi.

3 août 2010 à 23:08 | Par Pink
Complet ratage

1 etoiles

daube Daube !

C’est long, c’est vain, c’est complètement raté...Même QT peut faire des daubes et Death Proof en est une belle !

26 octobre 2011 à 13:10
Du tarantino tarantinesque..

0 etoiles

Avec Kill Bill 1 et 2 et avec Boulevard de la Mort, on a droit a du Tarantino Tarantinesque. Mamamia. Insupportable pour les uns. Génialicime pour les autres. Moi, j’ai trop de mal à accrocher pour me forger une opinion. D’où l’absence d’étoile qui signale mon abstentionnisme, et du coup, un certain dilettantisme vis à vis de cette période du Maître. Enfin.. Heureusement que depuis, il a fait Inglorious Bastard. Là, on respire enfin.. c’est que je commençais à étouffer moi, submergé sous ce labyrinthe de pellicule à plusieurs degrés pour geeks.

29 octobre 2011 à 17:10 | Par Fred Bau
Un faux Tarantino

3 etoiles

Un sous Tarantino. Des dialogues pas "cool" du tout, des scènes ennuyantes qui se succèdent. De l’action moyennement réussie et un joli raté pour le cinéaste-cinéphile.

1er janvier 2013 à 17:01 | Par AnarchYgor

Donnez votre avis sur le film !

En résumé
ecrire un commentaire sur le film
;



Galerie photos

photo 16287 photo 16288 photo 16289 photo 16290 photo 16291 photo 16292 photo 16293 photo 16294 photo 16295
Voir la galerie complète

Récentes critiques

affiche du film
The Platform
2020
affiche du film
Werewolf
2018
affiche du film
Play or Die
2019
affiche du film
Ça: Chapitre 2
2019
affiche du film
Cities of Last Things
2018
affiche du film
Impossible Crimes
2019
affiche du film
The Soul Conductor
2018
affiche du film
Stray
2019
affiche du film
Dark, Almost Night
2019
affiche du film
The Dead Center
2018

Cinemag

> Feuilleter

Concours

Sondage