Critique de film

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Buried

"Buried"
affiche du film

Un entrepreneur civil est enlevé en Irak qui se réveille enfermé dans un cercueil en plein désert. Les seules choses qu’il a sur lui sont un téléphone portable, une bougie et un couteau.

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Trailer - Buried (2010)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de Buried - Claustro-folie du barbouze
Par : Wizzdumb

Paul Conroy aurait mieux fait de rester au pays pour toucher les allocs plutôt que de jouer au convoyeur humanitaire dans le désert en plein bourbier irakien. Et pour cause, ce pauvre bougre vient de se réveiller dans un cercueil en bois et, vu l’acoustique, il se rend vite compte qu’il a été enterré vivant avec, comme seuls objets, un briquet et un téléphone portable dont le réseau faiblard n’a rien à envier aux vallées de la Gaume…

Soyons honnêtes, le pitch avait de quoi refroidir les plus optimistes : comment tenir en haleine un public avec 90 minutes claustrophobes où l’on ne quitte pas un seul instant ce satané cercueil ? Roger Corman nous avait déjà fait le coup avec L’Enterré vivant (1962), suivi quarante ans plus tard par le deuxième volet de Kill Bill de môôsieur Tarantino. L’idée, souvent excellente sur le papier, s’essouffle aussi vite que le Marlboro Man sur un cent mètres à l’écran, et toutes les conditions étaient dès lors réunies pour voir dans Buried un pétard mouillé qui pète plus haut que son cul. Erreur phénoménale de blasé conceptuel ! Contre toute attente, le film de Rodrigo Cortès est une véritable bombe et la réponse de sa réussite se trouve dans les fondamentaux du cinéma, trop souvent oubliés à une époque où l’on nous sert trois effets numériques et un travelling compensé pour un bête sourire. Ainsi donc, ces fondamentaux – pour paraphraser Woody Allen – se résument à trois choses : un bon scénario, un bon scénario et un bon scénario. Et celui de Chris Sparling est efficace en diable, mais nous n’en dirons pas plus pour vous en laisser la surprise. Sur ce chapelet de rebondissements à vous arracher les cheveux se greffent également des critiques qui se diluent insidieusement tout au long du film : ainsi, la guerre en Irak importe peu, et nous échappons à ce prêt-à-penser très consensuel qui dénoncerait une fois de plus la politique US. L’ennemi ici n’a pas de visage, car il est partout, à commencer par le « home sweet home » que Paul a en ligne de temps à autre : alors qu’il hurle à l’aide, il ne cesse de buter contre les fantassins des call-center et les manœuvres procédurières d’une bureaucratie impersonnelle. Évidemment, son sentiment de solitude s’en trouve exacerbé, la frustration est décuplée et, à ce stade, le spectateur n’a probablement plus d’ongles à rogner…

Car, au-delà du scénario – et son prix de la Critique Internationale au dernier Festival de Deauville est largement mérité, l’idée absolument géniale de Rodrigo Cortès pour nous faire hyperventiler est née d’un manque d’argent (le budget du film correspond à tout casser au buffet d’un film de Michael Bay). Cette économie de moyens l’a obligé à être plus créatif, quitte à suivre les pas de son maître, Hitchcock, et plus particulièrement Lifeboat (1944). Le mot d’ordre était donc : on ne quitte pas le cercueil une seule seconde ! Cette proximité avec le héros rend l’œuvre incroyablement organique et – peut-être est-ce parce que nous sommes tous voués à long terme à devenir des bouffeurs de terreau – flirte avec une intensité rarement éprouvée au grand écran.

Techniquement, Buried est également un tour de force : malgré l’espace confiné, les plans sont fluides et inventifs, la photo est magistrale car d’une discrétion absolue (comme si le film avait été tourné avec un Zippo et une lampe de poche), le travail du son – primordial sur un projet pareil – est irréprochable et, s’il faut trouver un défaut à Buried, on pourrait arguer de quelques pirouettes scénaristiques (mais obligatoires tant que les spectateurs ne seront pas nyctalopes).

Enfin, cerise sur le Sundae, saluons la performance de Ryan Reynolds – il n’y en a que pour lui de toute façon – qui révèle un prisme d’émotions étonnant. Il évite tous les écueils qu’un rôle aussi casse-gueule que celui-ci peut avoir et prouve qu’il est tout aussi bon dans la retenue que dans le découpage de gigot de vampires (Blade III) ou le dézinguage à la sulfateuse (Smokin’ Aces).

Bref, si vous avez envie de vous réconcilier avec les grands espaces et vraiment savourer la position de l’étoile de mer sur votre lit sans toucher les murs, précipitez-vous sur Buried : c’est tout simplement redoutable…


Critique de Buried - Six pieds sous terre
Par : Samuel Tubez

Le coup de l’enterré vivant, ça ne remonte pas à hier. Les nombreuses adaptations des récits d’Edgar Allan Poe, entre autres, sont là pour le prouver. Ce petit budget qui nous vient d’Espagne se distingue néanmoins des autres en nous plongeant durant 1h30 non-stop six pieds sous terre, aux côtés d’un civil qui est kidnappé en Irak et qui se réveille enfermé dans un cercueil avec pour seuls objets en sa possession un téléphone portable et un briquet.

Avec son seul et unique protagoniste physique (Ryan Reynolds, ici très convaincant), son décor pour le moins étriqué et son pitch ultra court, on pourrait se dire que Buried ne tiendrait pas une seconde la route sur le format long. Pourtant, point d’ennui à l’horizon, le huis clos du nouveau venu Rodrigo Cortés, fonctionne à merveille et même bien au-delà des espérances. Sans trop dévoiler l’histoire, le film parvient à être réellement oppressant et étouffant en jouant sur des peurs universelles telles que la claustrophobie, l’obscurité, la peur de l’inconnu ou encore l’isolement. L’intelligence du script est également de fonctionner sur l’autosuggestion, laissant libre cours à l’imagination du spectateur, et fustigeant grâce à des dialogues bien sentis (échangés exclusivement par le prisme d’un téléphone portable) l’égoïsme prégnant gangrenant notre société. En outre, le réalisateur se permet quelques mouvements de caméra qui paraissent impossible dans un espace aussi réduit et, malgré l’une ou l’autre invraisemblance, on s’essouffle de plus en plus au cours du film jusqu’au final, qui finit par nous achever littéralement.

Une excellente surprise, donc, que ce huis clos implacable qui prouve qu’il ne faut pas forcément de gros budgets ni d’effets sanguinolents pour parvenir à surprendre et tenir le spectateur en haleine. Cela faisait longtemps qu’un petit film de roublard nous avait bluffé à ce point !


Commentaires sur le film

Tension crescendo

4 etoiles

coups de coeurCoup de coeur !

Durant les premières minutes de ce film, on reste un peu dubitatif. Les évènements (que l’on imagine aisément pouvoir se produire dans cette situation) se succèdent sans vraiment surprendre. Pourtant, petit à petit, l’atmosphère devient plus pesante et l’on fini par asphyxier avec ce pauvre malheureux. On lutte, suffoque, étouffe et on espère avec le personnage, jusqu’à cette fin grandiose...
Claustrophobes s’abstenir, pour les autres : A voir absolument !!!

14 octobre 2011 à 20:10 | Par seby
Enterrement de luxe !

4 etoiles

Ce thriller est un véritable tour de force, scénario prenant et pourtant ce film est un huis-clos extrême. La réalisation est réussie et le suspense intense, des rebondissements multiples et Ryan Reynolds est crédible. Film qui a tout pour devenir culte.

6 janvier 2013 à 18:01 | Par AnarchYgor

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