Critique de film

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Byleth

"Byleth - il demone dell'incesto"
affiche du film

Un jeune noble est amoureux fou de sa soeur. Elle est mariée et sait cet amour immoral et impossible. Des meurtres sont perpétrés dans le village, meurtres qu'un prètre impute au démon Byleth, dont les possédés sont voués à l'assassinat et à l'inceste. Dans cette histoire, il conviendra de faire la part du diable..

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Trailer - Byleth (1972)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de Byleth - Demon inceste
Par : Fred Pizzoferrato

Réalisé en 1972, cet étrange et fort méconnu Byleth s’apparente à un film fantastique gothique de part son contexte spatial et temporel. Son intrigue, tortueuse, se déroule, en effet, dans l’Italie du XIXème siècle et prend place dans une vaste demeure dans laquelle de sombres secrets seront, peu à peu, révélés. Cependant, le cinéaste Leopoldo Savona puise également à d’autres influences comme la romance, l’érotisme et l’horreur « démoniaque », le tout emballé dans un récit reprenant plusieurs conventions du giallo, alors triomphant, commercialement parlant.

Tout débute, de belle manière, par une scène chaude entre une prostituée et un client lassé de l’abstinence de son épouse. Une fois seule, la fille de joie se voit agressée par un mystérieux personnage vêtu de noir qui la poignarde sauvagement, quoique hors du champ de la caméra. Peu après nous découvrons le duc Lionello, lequel rentre dans sa propriété perché sur son cheval blanc et retrouve une belle demoiselle nommée Barbara, laquelle n’est autre que sa sœur même si leur comportement laisse supposer une relation plus intime. Après avoir visité l’Italie une année durant, Barbara a épousé un nommé Giordano, affirmant à son frère qu’ils sont à présent adultes et ne peuvent poursuivre leurs « jeux d’enfants » probablement interdits. Les jours suivants s’écoulent dans la douleur pour Lionello, profondément affecté par le mariage de sa sœur dont il reste éperdument amoureux. Il tente même de tuer Giordano au cours d’un duel d’escrime supposé amical mais qui aurait tourné au drame sans l’intervention providentielle de Barbara. Voyeur, le duc épie les ébats de sa sœur et ceux de la servante du domaine, laquelle finit, elle aussi, poignardée par l’inconnu. Les autorités soupçonnent Lionello, sans pouvoir établir la moindre preuve de sa culpabilité, tandis que la situation se complique encore à l’arrivée de la cousine de Giordano, laquelle ne laisse pas le duc indifférent…

Sans jamais trancher quant à la réalité des visions du héros, Byleth laisse planer jusqu’au bout l’ambiguïté, les deux hypothèses (possession ou folie) coexistant sans que le cinéaste n’en privilégie une au détriment de l’autre. Soignant son atmosphère à la manière d’un drame romantique complexifié par l’interdit incestueux, Savona relègue les éléments fantastiques et horrifiques en fin de métrage même si il propose quelques crimes, d’ailleurs timorés, dans la lignée du giallo. Si la violence est timide, l’érotisme, pour sa part, se montre plus explicite sans tomber pour autant dans les excès d’autres productions similaires, le réalisateur jouant davantage la carte de la sensualité et refusant toute pornographie. Visuellement enchanteur, Byleth est, en outre, soutenu par une bande sonore de qualité et toute en mélancolie qui lui confère un charme indéniable.

Au niveau du casting, Mark Damon, croisé dans le giallo Naked you die, le classique Les trois visages de la peur, l’excellent La chute de la maison Usher de Roger Corman ou encore le western Johnny Yuma, compose un personnage très intéressant de noble amoureux de sa sœur, évitant les clichés et la caricature pour demeurer crédible et attachant. Le reste des interprètes s’avère également convaincant et les jeunes actrices n’hésitent pas, en outre, à tomber la robe pour offrir de nombreuses scènes de nudité en « full frontal ».

Lorsqu’il réalise Byleth en 1972, Leopoldo Savona compte déjà à son actif une quinzaine de titres comme Les Mongols, coréalisé par André De Toth, et une poignée de westerns (Dieu pardonne à mon pistolet, Apocalypse Joe ou Déposez les colts). Sa mise en scène s’avère, par conséquent, professionnelle et compétente, privilégiant la belle image et une certaine sensualité de bon aloi rendant le métrage accrocheur. Hélas, en dépit de ses efforts méritoires, Savona ne parvient pas pour autant à conférer un rythme soutenu à cette intrigue de plus en plus confuse au fur et à mesure de sa progression dramatique.

Si les deux premiers tiers du métrage restent cohérents et réalistes, empruntant surtout au giallo et à l’épouvante gothique, la dernière demi-heure verse, pour sa part, dans le fantastique démoniaque, un prêtre suggérant la présence maléfique de Byleth. Ce démon, mentionné dans les ouvrages médiévaux consacrés à la goétie, est décrit comme un des Rois des Enfers, apparaissant sur un cheval blanc, causant l’amour des hommes et des femmes et gouvernant quatre-vingt cinq légions infernales. Selon Byleth, il pousse aussi les humains à se complaire dans l’inceste et le spectateur le moins attentif aura noté, bien sûr, les similitudes entre cette légende et le duc Lionello. Malheureusement, cette partie purement fantastique (bien qu’il puisse encore, plus simplement, s’agir de folie) se montre moins réussie que le drame romantique et érotique précédemment développé. Le climax final, pour sa part, échoue à fondre les différentes sous-intrigues en un ensemble cohérent et conclut le métrage par une séquence quasiment incompréhensible terriblement décevante. Dénuée de logique, cette scène maladroite et bâclée termine malheureusement Byleth sur une note négative et apporte un sérieux bémol à l’ensemble du film.

En dépit de ses réserves, Byleth demeure intéressant et s’élève un peu au-dessus de la moyenne des productions fantastico-sexy tournées à la même époque. Sa durée restreinte (à peine 80 minutes), alliée à l’audace et l’originalité de son propos, permettent de l’apprécier comme une sympathique curiosité des seventies, à découvrir pour les amateurs aventureux.


Commentaires sur le film

le soufle au coeur

0 etoiles

16 janvier 2014 à 21:01

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