CHRONIQUE DVD

CHRONIQUE DVD - Dredd

Pas de bol pour Dredd. Après une post-prod chaotique où le réalisateur Pete Travis fut éjecté de l’entreprise au profit du scénariste Alex Garland (raison évoquée : divergences entre le réal et les producteurs) provoquant ainsi le retard de sa sortie, le film fut ensuite un flop lors de son exploitation dans les salles américaines. Répercussions oblige, nous avons écopé d’une sortie technique sur le territoire belge tandis que nos voisins français furent tout simplement privé du flic hardboiled dans leurs salles obscures. Finalement, c’est en blu-ray et dvd que Dredd pourra s’apprécier comme il se doit, puisque le film sera disponible dans les bacs dès le 11 février prochain.

Hélas, la galette qui sortira ne nous en dira guère davantage sur les déboires qui ont entouré le film, celle-ci étant dépourvue de tout commentaire audio et ne proposant qu’une poignée de featurettes n’excédant pas les 3 minutes chacune. Présentant le personnage de Dredd, ses accessoires, son origine, sa ville et ses effets de ralentis provoqués par le slo-mo que s’enfilent les junkies du récit, ces capsules ne font évidemment que survoler l’univers de cette nouvelle adaptation des aventures du Juge créé par John Wagner et Carlos Ezquerra.

Reste le film en lui-même, qui tente de nous faire oublier le nanar avec Sly et qui parvient sans mal à le surpasser. Relativement violent et sans concession, ce Dredd version 2012 est à ranger aux côtés d’un certain Punisher : War Zone pour son mélange de nihilisme et ses gunfights hauts en couleur. Le métrage nous plonge dans une Mega-City One remplie de Méga-Blocs où le Mega-chomâge touche la quasi-totalité de la population. Dredd (impassible Karl Urban) et une rookie (la mimi Olivia Thirlby) se retrouvent bloqués et traqués dans une tour où sévit la terrible Ma-Ma (une Lena Headey toute scarifiée), à la tête du trafic de slo-mo, une drogue qui fait voir la vie au ralenti. Pas de psychologie de bas étage, aucune explication sur les origines des personnages, juste deux Juges contre des méchants défoncés et des chairs qui explosent aux quatre coins de l’écran dans de belles gerbes de sang. Ces séquences d’extrêmes ralentis qui reflètent les effets du slo-mo sont plutôt bien intégrées au récit et nous offrent des moments psychédéliques quasi figés au rendu proche de celui d’une case de B.D. Provoquant un plaisir régressif digne d’un jeu vidéo bourrin, ce Dredd manque toutefois globalement de consistance, que ce soit du côté d’un scénario presque identique à celui de The Raid que du côté des personnages ainsi que de l’univers que l’on aurait voulu voir davantage exploré. C’est d’autant plus dommage quand l’on sait aujourd’hui qu’il n’y aura pas de suite à cette efficace série B. Non décidément, pas de bol pour Dredd.


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