CHRONIQUE DVD

CHRONIQUE DVD - Le Sang du Vampire

Réalisé en 1958, Le Sang du vampire s’inscrit, aux côtés des premiers classiques de la Hammer (comme Le cauchemar de Dracula), dans la veine de l’épouvante britannique gothique qui domina le cinéma fantastique jusqu’au début des années ’70. En dépit d’un titre prometteur, Le Sang du vampire ne comporte pourtant aucune véritable créature de la nuit : à la place, nous avons droit à un savant fou ramené d’entre les morts par la science mais forcé de transfuser le sang de ses patients pour rester en vie…

A la fin du XIXème siècle, le médecin John Pierre est condamné à l’emprisonnement à perpétuité suite à une erreur médicale ayant conduit au décès d’un de ses patients. Envoyé dans l’asile d’aliénés du docteur Callistratus, le jeune homme se voit contraint de l’assister dans ses expériences de transferts sanguins. Pendant ce temps, sa fiancée, Madeleine, tente d’obtenir la révision du procès qui apparait avoir été truqué. Elle finit par s’introduire dans la prison en se faisant passer pour une gouvernante et découvre la vérité : John Pierre a été victime d’un coup monté de la part de Callistratus…

Ecrit par Jimmy Sangster, qui devint rapidement le plus prolifique et le plus doué des scénaristes de la Hammer, Le Sang du vampire demeure un plaisant récit souvent méconnu des amateurs du genre. Le film, en effet, sombra dans l’obscurité durant plusieurs décennies et fut même un temps considéré comme perdu. Le revoir aujourd’hui dans de bonnes conditions permet de mesurer son originalité et sa manière habile de ruser avec les conventions, encore embryonnaires, du fantastique anglais : le vampirisme, ici, est purement une maladie sanguine et les transfusions permettent simplement la survie d’un savant ressuscité par la science.

Réalisé avec un talent certain par le pourtant besogneux Henry Cass, le film se situe dans la droite ligne des productions Hammer de la même époque et convoque les mêmes plaisants poncifs : château inquiétant, assistant défiguré, demoiselle en détresse, tentative de viol, machination à l’encontre du héros injustement incarcéré, etc. Décidé à surenchérir sur ses collègues, le cinéaste propose quelques passages qui, à l’époque, firent forte impression sur la censure au point de se voir expurger des copies : jeunes filles à la poitrine suggestive enchainée dans une cave sinistre, tortures, chiens lâchés sur un prisonnier essayant de s’évader, etc. Du costaud pour un film de 1958 ! Les menues faiblesses, dont des décors factices et des peintures très visibles, n’entament donc guère le plaisir ressenti devant ce titre rythmé et alerte durant ses 80 et quelques minutes.

Les nombreux retournements de situation compensent, pour leur part, une trame générale relativement prévisible et linéaire tandis que les interprètes, concernés et convaincants, aident à crédibiliser un récit dont les aspects joyeusement feuilletonnesques sont, au final, très agréables.

Rondement mené, original par son traitement du sujet, Le Sang du vampire est une franche réussite de l’épouvante anglaise et son docteur Callistratus, d’ailleurs plus proche de Frankenstein que de Dracula, mérite bien sa petite place parmi les mémorables « méchants » du cinéma d’horreur.

En bonus sur la galette :

- Le vampire Callistratus, par Alain Petit

- Diaporama d’affiches et de photos

- Bandes-annonces de la collection British Horror


Le docteur Callistratus, par Alain Petit - extrait par apparitor

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