CHRONIQUE DVD

CHRONIQUE DVD - The Forest

Passé une mise en place aussi finaude que dans Le Jour où tout a basculé (un pater et trois navets vivotant sous le même toit avec toutes les tensions qu’entraîne la mort de la mère et le remariage du patriarche avec une donzelle plus jeune), la caméra de Darren Lynn Bousman (Saw 2 à 4, Repo ! The Genetic Opera) pénètre dans les bois pour une partie de camping des plus conventionnelle. Ou presque... Le montage de la tente en pleine clairière à quelques kilomètres de toute civilisation est désormais révolu : dans les Barrens, chacun loue une parcelle et quitte le luxe de sa villa de banlieue pour supporter le vacarme de la marmaille du campeur qui a planté sa canadienne à deux pas. Pis : le feu de camp s’organise en communauté et les plus éloquents circulent entre les rondins de bois faisant office de sièges pour conter l’Histoire capable de faire frissonner les plus impressionnables. Comme les Barrens fut l’antre jadis du Diable de New Jersey, c’est cette légendaire bestiole qui se voit effeuillée dans les comptines locales. Et en matière de strip-tease, la créature a des écailles à revendre : flanqué d’une paire d’ailes et de sabots, le monstre, reconstitué entièrement en prothèses de latex, s’apparente à un dragon nain croisé avec le Satyre de Sa Majesté Minor.

Bousman s’écarte progressivement des sentiers arpentés par Fox et Mulder pour résoudre l’une de leurs plus délicates affaires et prend les atours au passage d’un sous-Shining avec, comme menace principale pour l’équipée, Richard Marlow (Stephen Moyer, cabotin à souhait, vu dans True Blood) qui, l’écume aux lèvres, terrorise les membres de sa famille, les contraignant à régler leurs pas dans les siens tandis qu’il piste lui-même les traces de son propre père dont il doit répandre les cendres en ces lieux. La question brûle les lèvres : après Mother’s Day, Bousman jouerait-il sous nos yeux effarés, à quelques tintements près, la symphonie du paternel percé du ciboulot ? Ce serait sans compter sur la Bousman’s touch : le satané faux-vrai-twist-final qui vous condamne à ré-envisager l’ensemble sous un angle nouveau. Sauf qu’avant de se farcir ce retournement bidon, il faudra faire mine de s’étonner à chaque nouvelle pérégrination vécue par la troupe : oh, un cadavre de chien... oh, des signes cabalistiques que les réas de Blair Witch ont laissé pendre à un arbre...

Dans ce délire automnal sans le moindre piège à loup (assez rare...) mais avec un cougar en vedette (si, si !), seuls les minois de Mia Kirshner et Allie MacDonald font office de lot de consolation.

Au rayon des suppléments, on pointera le bonus promo Au cœur des Barrens (9 minutes) qui vend le film comme un chef-d’œuvre ultime ou un mini-reportage de cinq minutes sur la création de la créature, le meilleur supplément de l’ensemble. Comme à l’accoutumée, la bande-annonce du film ainsi que d’une série de titres édités par Seven 7sont reprises.

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