Critique de film

pub

Le Caveau de la terreur

"The Vault of horror"
affiche du film

Cinq hommes morts sont condamnés chaque nuit à revivre le cauchemar de leurs méfaits sur terre. L'un poignarde sa soeur, l'autre terrorise sa femme, le troisième est victime de ressuscités tandis que les deux autres connaissent le meurtre et les sortilèges.

pub


Trailer - Le caveau de la terreur (1973)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de Le caveau de la terreur - Petits contes de la crypte
Par : Fred Pizzoferrato

Compagnie anglaise spécialisée dans le fantastique, la Amicus fut, durant toutes les années 60 et 70, la principale concurrente de la Hammer. Mais, tandis que cette dernière revisitait les grands mythes de l’épouvante via de nouvelles versions de Dracula, Frankenstein ou La Momie, la Amicus se lançait résolument dans le créneau du film à sketches, à l’époque assez peu couru. Dès 1965, la firme livre donc l’excellent Train des épouvantes de Freddie Francis, suivi d’un Jardin des tortures réalisé par le même cinéaste deux ans plus tard. Début des seventies, consciente qu’elle tient là un filon rentable, la firme produit cinq nouvelles anthologies en deux ans. Ce seront La maison qui tue, Asylum, Frissons d’outre-tombe, Histoires d’outre-tombe et ce Caveau de la terreur. Ces deux derniers titres puisent d’ailleurs à la même source, les bandes dessinées horrifiques « Tales from the crypt » publiées par E.C. Comics, au point que Le caveau de la terreur est également connu sous le titre de Tales from the crypt 2. Roy Ward Baker (déjà responsable du réussi Asylum) prend donc la relève de Freddie Francis pour de nouvelles histoires macabres à la chute délicieusement humoristique.

L’intrigue rassemble cinq inconnus dans les sous-sols d’un immeuble. Bloqués suite à une panne d’ascenseur, les cinq hommes décident de passer le temps en se racontant leurs craintes les plus atroces. Bien sûr, les individus en question sont déjà morts et contraints de se remémorer pour l’éternité leurs derniers instants. Une pirouette finale tellement peu surprenante qu’aucun suspense n’est gâché à la révéler. Mais intéressons-nous aux différents sketches proposés.

Dans « Midnight Mess » nous voyons un certain Rodgers partir à la recherche de sa sœur vivant dans une petite ville. Bien sûr, Rodgers s’avère mal intentionné et s’il veut retrouver sa sœur c’est pour la tuer afin de toucher une plus grosse part d’héritage. Mais pourquoi n’écoute-t-il pas les villageois qui lui conseillent de se méfier de la nuit ?
Dans la plus pure tradition des comics d’horreur, une telle cupidité mènera Rodgers à sa perte, tout droit dans un repère de vampires où l’on aime boire le sang à même la jugulaire. Un sketch court, rythmé, efficace, servi par un humour noir savoureux et quelques scènes marquantes, en particulier la découverte de la vraie nature des convives du restaurant dont pas un – sauf l’infortuné « héros » - ne se reflète dans l’immense miroir. Une bonne introduction à cette anthologie.

« The Neat Job » nous présente un maniaque de l’ordre et de la propreté (qui inspirera peut-être le personnage similaire du dernier segment de Creepshow) confronté à une épouse beaucoup moins ordonnée. Prévisible mais amusant, le récit se centre sur les tentatives de plus en plus hystériques (et burlesques !) de la dame en question pour nettoyer la maison avant le retour de son tyrannique mari. La chute fera sourire les plus crispés. Le troisième épisode (« This Trick Will Kill You ») confronte un illusionniste (Curd Jurgens) et son épouse aux mystères de l’Inde. Très dépité, ce couple de magiciens professionnels ne tombe que sur des charlatans et autres faux fakirs. Un jour toutefois notre prestidigitateur découvre finalement une jeune fille charmeuse de corde dont il ne peut percer le truc. Comme la demoiselle refuse de lui vendre son secret il la tue avec la complicité très active de son épouse…Evidemment parfois il n’y a tout simplement pas de truc… Très typique des E.C. Comics, encore une fois, l’épisode manque quand même de mordant, la faute à une intrigue bien trop prévisible et à une insuffisance de nerf au niveau de la mise en scène purement illustrative ne faisant jamais ressentir le climat envoutant de l’Inde. L’attaque finale de la corde pâtit en outre d’effets spéciaux pas très convaincants, en accord avec des interprètes ayant l’air de ne pas y croire eux-mêmes. Cela reste plaisant mais « This Trick Will Kill You » peut être considéré comme le ventre mou de l’anthologie.

Le sketch « Bargain In Death », plus réussi, utilise également un thème bien connu dans les « Contes de la crypte » : l’arnaque à l’assurance d’un homme qui, après avoir feint son décès, est enterré vivant. Un de ses amis, Alex, doit ensuite le tirer de cette dramatique situation mais Alex préfère s’enfuir avec la totalité du magot. Interviennent alors deux apprentis médecins désireux d’acheter un cadavre pour leur dissection et dont le chemin croise celui d’Alex…et d’un cadavre encore vivant ! Très classique et donc prévisible, le sketch n’en demeure pas moins humoristique et grinçant, dans la grande tradition des bandes dessinées dont le film s’inspire et qui ont usés jusque la corde ce thème éternel de l’épouvante. Bref, bien sympathique.

Si ces quatre volets durent une bonne douzaine de minutes en moyenne, le dernier « Drawn and quartered » s’avère deux fois plus long, ce qui est probablement une erreur vu le côté une nouvelle fois très attendu du récit. Celui-ci concerne un peintre dupé par trois personnalités importantes du monde des arts, lesquels se sont enrichis sur son dos en vendant bien cher des toiles achetées à vil prix. L’artiste demande alors à un prêtre vaudou le pouvoir de se venger et le sorcier lui permet de pousser au suicide ses trois ennemis via ses peintures. Mais un autoportrait se chargera de rendre justice.
Un sketch à nouveau très prévisible et sans véritable surprise mais toutefois bien agréable à suivre, à l’image du long-métrage dans son ensemble. L’idée est classique mais le traitement suffisamment original pour maintenir l’intérêt et le final, quoique téléphoné, est suffisamment bien amené pour convaincre.

Après ce film, la Amicus renonça malheureusement à poursuivre dans le créneau du film à sketches pour se consacrer à trois adaptations fauchées (mais agréables) de Edgar Rice Burrough (Le sixième continent, Le continent oublié et Centre terre septième continent). La compagnie revint une dernière fois au principe de l’anthologie pour un très décevant Club des monstres de 1980, toujours signé Roy Ward Baker, qui restera l’ultime et peu convaincant effort de la Amicus. Bref, mieux vaut revoir ce distrayant Caveau de la terreur.

Le caveau de la terreur constitue, au final, une production forcément inégale (telle est la loi du genre) mais dans l’ensemble fort plaisante. Bien sûr tout cela manque un peu d’énergie pour réellement convaincre et le résultat se révèle assez timoré au niveau de l’horreur pure, assez mal servi par une mise en scène très banale et peu imaginative du pourtant vétéran Roy Ward Baker. Si il ne s’élève donc pas au rang des meilleures anthologies de la Amicus (celles de Francis et Asylum), le métrage reste un petit plaisir au charme suranné, à savourer avec un regard légèrement nostalgique et distancié.

Donnez votre avis sur le film !

En résumé
ecrire un commentaire sur le film
;



Galerie photos

photo 16967 photo 16968
Voir la galerie complète

Récentes critiques

affiche du film
The Platform
2020
affiche du film
Werewolf
2018
affiche du film
Play or Die
2019
affiche du film
Ça: Chapitre 2
2019
affiche du film
Cities of Last Things
2018
affiche du film
Impossible Crimes
2019
affiche du film
The Soul Conductor
2018
affiche du film
Stray
2019
affiche du film
Dark, Almost Night
2019
affiche du film
The Dead Center
2018

Cinemag

> Feuilleter

Concours

Sondage