Critique de film

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Le Cerveau qui ne voulait pas mourir

"The Brain That Wouldn't Die "
affiche du film

Suite à un terrible accident de voiture, la fiancée du docteur Bill Cortner se retrouve décapitée. Sa tête est toutefois maintenue en vie par le scientifique, qui va se mettre à la recherche d'un nouveau corps...

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Trailer - Le cerveau qui ne voulait pas mourir (1962)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de Le cerveau qui ne voulait pas mourir - Brain ! Brain ! Brain !
Par : Damien Taymans

Le docteur Bill Cortner, chirurgien ambitieux, désire révolutionner le monde de la science en s’adonnant aux greffes en tous genres, réussissant du même coup à redonner la vie à des membres fraîchement décédés. Ainsi, lors d’une opération débouchant sur une mort sur le billard, Bill injecte un mystérieux produit au sein de la cervelle du patient et parvient à le ranimer. Extrêmement habile de ses dix doigts scalpel à la main, le docteur l’est pourtant moins sur le bitume puisqu’à la suite d’une pérégrination automobile à pleine vitesse, il perd le contrôle de son véhicule et s’écrabouille le long de la route, causant de ce fait la mort de sa dulcinée placée à la place du mort. Mais, amoureux transi et scientifique délirant, Bill réussit in extremis à sauver la tête de la malheureuse, une tête à laquelle il entend bien donner un nouveau corps…

Variation frankensteinienne, plus proche encore de l’univers naissant du Ré-Animateur Herbert West, Le cerveau qui ne voulait pas mourir met en scène l’un de ces savants fous, omniprésents dans le genre horrifique post-45 qui, par opportunisme ou par simple amour de la science, flirte avec le divin au point de perdre tout pragmatisme. En ce sens, si l’intrigue largement épuisée (resucée peu habile de La fiancée de Frankenstein) et l’interprétation bancale laissent à penser que Corman n’est pas loin, le métrage regagne pourtant du crédit dans la peinture réaliste et machiste qu’il propose du personnage central. Fatigué de cette science à deux vitesses incapable d’aller de l’avant par crainte du risque (alors que le docteur Mengele outrepassait les prescrits humanitaires pour créer une race aryenne indétrônable), éreinté par la prudence conservatrice de son paternel davantage axé sur un retour aux vraies valeurs médicinales consistant à pratiquer des saignées pour ôter lèpre et pharyngite, Bill s’oppose de toute sa force, réalisant ses expériences au détriment d’autrui (la main greffé de son collègue, la bête du placard). Et si réussite à la clé il y a, ce doit être un miracle et point une banale expérience réalisable par n’importe quel scientiste moderne. Aussi, quitte à refourguer un nouveau corps à celle qu’il aime (la chérit-t-il vraiment ?), autant choisir la plus parfaite de toutes les enveloppes corporelles, double avantage de la mission réussie et des pulsions sexuelles renouvelées.

Se focalisant sur les délires de son personnage-phare, Joseph Green, réalisateur néophyte qui ne connaîtra finalement qu’une carrière filmographique réduite comptant trois œuvres, ne néglige pourtant pas le clan des victimes, représentées par cette fameuse tête posée sur un plateau et le monstre de la pièce du fond qui s’exprime à coups de grognements. Des créations divines selon le point de vue de Cortner qui ne sont en réalité que de vulgaires freaks, potentielles vedettes d’un cirque ambulant. Une situation que l’un et l’autre refusent catégoriquement, entrant en contact par le biais des facultés étrangement développées par Jan qui lui permettent de lire dans l’esprit humain comme dans un livre et, du même coup, de manipuler la monstruosité enfermée dans le laboratoire. De là à relancer le débat sur l’euthanasie, il n’y a qu’un pas que Green franchit doucereusement, refusant de mettre les pieds dans le plat (où trône déjà une tête) et préférant ménager son suspense en créant l’interrogation sur la créature tapie dans l’ombre, censée être un tas difforme composé de fragments de corps épars qui n’est lâchée qu’en fin de partie, suscitant du même coup l’angoisse dans un final pessimiste au réalisme brut.

Tourné en deux semaines à peine pour un coût total de 125 000 dollars, Le cerveau qui ne voulait pas mourir n’est autre qu’un flick movie de série B qui propose une nouvelle variation pas toujours efficace du personnage de Frankenstein, relecture plus sexuée que moralisatrice qui, si elle n’exploite pas souverainement les rapports créateur/créature, parvient tout de même à susciter l’effroi par le truchement de son héros omnipotent.

Commentaires sur le film

2 etoiles

12 juin 2016 à 02:06 | Par Jean Vanlaer

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