Critique de film

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Cerveaux de rechange

"The Man Who Changed His Mind"
affiche du film

Un savant génial mais dont la santé mentale bascule petit à petit vers la démence a inventé une machine à transférer les cerveaux, invention qui lui permet de changer de corps à sa guise. Mais le manque de reconnaissance et les railleries de ses confrères scientifiques vont déclencher sa colère

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Trailer - Cerveaux de rechange (1936)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de Cerveaux de rechange - Trafic d’esprit
Par : Damien Taymans

Acteur fétiche des productions Universal, Boris Karloff, grâce à sa double interprétation de la créature de Frankenstein, incarne pour tous les spectateurs des années 30 la figure archétypale de l’horreur. Genre dont il ne se défera pas de si tôt, le britannique persévérant aux States dans des rôles taillés sur mesure dans des productions de série B où il partage bien souvent l’affiche avec Bela Lugosi (The Black cat, The Raven, The invisible Ray), l’autre révélation de cet âge d’or du cinéma d’horreur. Invariablement, l’un des membres du binôme se retrouve dans la peau d’un savant fou dominé par d’irrépressibles aspirations omnipotentes. Souvent caricaturaux, ces rôles constitueront le lot de Karloff durant quelques années qui trouve là la possibilité de passer de l’autre côté du miroir et d’usurper une identité qu’on lui avait attribué à tort, le patronyme de Frankenstein désignant, dans la pensée commune, le nom de la créature et non celui du créateur).

Annonciateur d’une trajectoire particulière, Cerveaux de rechange (The man who changed his mind) se présente surtout pour l’acteur comme un retour aux sources, déjà amorcé par Juggernaut la même année. Exploité outre-Atlantique, Karloff se ressource dans ses propres terres avec cette pellicule réalisée par Robert Stevenson, auteur de la future adaptation du roman Jane Eyre de Charlotte Brontë avec Orson Welles, sur un scénario de John L. Balderston (la pièce Dracula à l’origine du film Universal, La momie, La fiancée de Frankenstein) et Sidney Gilliat, auteur des scripts de The lady vanishes et Jamaica Inn, deux fleurons de la période anglaise d’Alfred Hitchcock. Egalement baptisé Dr Maniac ou The Man Who Lived Again, intitulés peu adéquats, Cerveaux de rechange aborde l’aliénation progressive d’un scientifique investi dans ses recherches et désireux de faire effectuer à la science un pas supplémentaire. Le docteur Laurience, à l’opposé de la figure du maniaque qu’annonçait l’un des titres alternatifs, est présenté dès l’entame comme un personnage aux idées farfelues raillé par ses pairs et délaissé par une corporation qui voit en lui bien plus un illuminé qu’une menace. Au service de l’esprit scientifique, Laurience met volontiers de côté les problèmes éthiques et utilise des singes comme cobayes afin de mener à bien ses expériences.

Les expériences en question consistent à échanger les esprits d’un sujet à l’autre dans une optique bienfaitrice. Aussi niaise soit-elle, l’expérience n’en paraît pas moins dangereuse dès que le savant émet l’hypothèse de réaliser des tests sur des humains. A l’image de The man they could not hang et des Frankenstein, deux oeuvres dans lesquelles Karloff interprète tantôt un "mad scientist" tantôt une créature horrible, Cerveaux de rechange repose sur des personnages crédibles aux antipodes des savants excentriques qui pullulent dans le cinéma bisseux des 30’s. Animé de desseins louables, le scientifique troquera finalement sa flexibilité morale pour une rage meurtrière suite aux manipulations médiatico-capitalistes dont il fera l’objet. Ce renversement des statuts (Lord Haslewood, milliardaire véreux qui n’investit dans la science que pour faire progresser ses intérêts propres, est finalement le vrai vilain de l’histoire) s’avère d’autant plus marqué que Laurience, conscient des accès de folie dont il est victime, émet finalement des regrets par rapport à ses exactions, moment de lucidité où il exhorte son assistante de détruire la machine infernale.

Ce travail sur le fond compense une certaine inertie formelle encore tributaire de la mise en scène théâtrale en vogue lors de la décennie précédente. Néanmoins, la pellicule, portée par d’impressionnantes interprétations (Donald Calthrop, excellent dans le rôle de l’assistant rabougri de Laurience et Frank Cellier, tout aussi impeccable dans sa double interprétation), représente l’une des plus belles réponses aux œuvres Bis d’un cinéma hollywoodien qui commence doucement à traîner la patte en la matière et qui s’embourbe dans ses propres conventions (les expérimentateurs fous et leurs dérives animalières).

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