Critique de film

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Le Chat à neuf queues

"Il gatto a nove code"
affiche du film

Le gardien de l'institut Terzi a été assassiné. Le centre est spécialisé dans la recherche génétique et particulièrement sur le facteur chromosomique XYY qui prédisposerait à la criminalité. Le journaliste Carlo Giordani et Franco Ardo un aveugle voisin de l'Institut, mènent l'enquête qui les conduit sur neuf pistes. Pour les brouiller, l'assassin va poursuivre sa coupable activité.

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Trailer - Le chat à neuf queues (1981)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de Le chat à neuf queues - De quoi sortir ses griffes...
Par : Damien Taymans

Deuxième volet de la trilogie animalière du maître italien Argento, Le chat à neuf queues succède directement à son fameux Oiseau au plumage de cristal et sera rejoint peu de temps après par Quatre mouches de velours gris, films qui ont fait la réputation de leur auteur. Le réalisateur est une des figures emblématiques du giallo, genre qu’il a lui-même contribué à codifier et dont il s’est fait le spécialiste en ce début des seventies.

Seulement voilà, Le chat à neuf queues reste indubitablement l’une des œuvres les moins agréables du réalisateur en même temps que la moins personnelle. Contraint par les producteurs, juste après le succès de L’oiseau au plumage de cristal, à sortir un film dans la même veine que le précédent, Argento se voit obligé de réaliser son film dans des conditions peu agréables et très astreignantes. Budget limité, timing restreint et acteurs imposés, la conjoncture est loin d’être optimale et il n’est pas étonnant de constater que l’œuvre reste la plus classique de l’auteur et de ce fait la moins artistiquement bandante.

L’idée de base est pourtant assez originale et en avance sur son temps puisque l’intrigue repose sur les origines génétiques des comportements criminels (sujet on ne peut plus actuel). Mais le film ne fait qu’effleurer vaguement le sujet et ne traite pas à fond cette possibilité pourtant fort attractive. De même, l’idée d’exploser quelque peu le cadre de l’enquête conventionnelle en créant une multiplicité de pistes à suivre, bien qu’étonnante, était plutôt risquée et novatrice. Mais sur ce point encore, les résultats ne se montrent guère à la hauteur des ambitions et ce chat à neuf queues devient rapidement un foutoir labyrinthique au sein duquel on se retrouve dans le même état de cécité que son héros.

Grâce à ma superbe transition extrêmement bien calculée, je me vois dans l’obligation de traiter des personnages abordés par Dario Argento dans son film. Le duo d’enquêteurs propre au giallo (un aveugle et un journaliste) fonctionne à merveille et l’alliance Karl Malden – James Franciscus restera un tandem inoubliable, chacun tenant son rôle à la perfection et agrémentant l’affiche de la sempiternelle dualité des personnages que tout oppose mais qui sont pourtant magnifiquement complémentaires.

De même, si la mise en scène n’est pas aussi empreinte de perfection que dans l’œuvre précédente, il faut avouer que le maestro parvient à fournir quelques scènes magnifiques dont la plus complexe et la plus belle reste sans conteste celle du lait empoisonné. Cette scène met en exergue le talent indubitable de l’auteur lors qu’il s’agit de créer un climat d’angoisse, jouant avec la caméra pour asseoir le malaise en nous par le biais des faits et gestes de ses personnages. En ce sens, la scène finale se déroulant sur les toits est une énième preuve de la qualité filmique du métrage (bien que plus classique et moins attrayante que celle précédemment citée).

Toutes ces qualités indéniables ne peuvent pourtant à elles seules sauver un métrage très entaché par l’ambigüité de son scénario et par le manque crucial de psychologie des personnages traités qui ne sont dépeints qu’à la va vite ou confinés aux caricatures grossières. En outre, preuve ultime de la médiocrité relative de l’œuvre, la musique signée Morricone est à la hauteur de la pellicule, sympa mais pas parfaite…

En conclusion, Le chat à neuf queues se situe à des kilomètres d’autres œuvres du réalisateur bien mieux construites et beaucoup plus cohérentes. Même lorsque ce dernier s’amusera en égayer ses œuvres en esthétisme, il ne commettra pas les fautes de goût du présent film. Consolons-nous en admettant bien haut que le métrage n’est rien d’autre qu’une œuvre de commande que le maestro a dû esquissé sans avoir ni le temps ni l’envie d’aller au fond des choses…

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