Critique de film

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Les Chiens de paille

"Straw dogs"
affiche du film

David, jeune mathématicien, fuit l'Amérique et son atmosphère orageuse. Il émigre en Cornouailles où il est confronté dès son arrivée à l'agressivité des autochtones. Atteint dans ses convictions, il aura lui aussi recours à une violence qu'il combat.

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Trailer - Les chiens de paille (1971)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de Les chiens de paille - A history of violence
Par : Damien Taymans

David Sumner, mathématicien américain, vient habiter avec sa femme, Amy, dans sa région d’origine, les Cornouailles, afin de se concentrer sur ses recherches en mathématiques. Pour restaurer la fermette qu’ils viennent d’acquérir, le couple engage des jeunes du village. Parmi ceux-ci, Charlie Venner, l’ex-petit ami d’Amy, mécontent de s’être fait ravir une conquête par un bouseux d’Américain. Au fil des événements, les soupçons éclosent du côté du couple qui entrevoit dans cette bande de vauriens de potentiels dangers pour leur bien-être…

Après des débuts dans la réalisation de divers épisodes de séries western pour la télévision, Sam Peckinpah passe à la mise en scène de longs métrages, toujours cloisonnés dans le même genre, qui reçoivent peu de considérations et passent relativement inaperçus. C’est avec La Horde sauvage, western extrêmement violent, que le réalisateur commence à se faire un nom dans le milieu. Intéressé par la violence et sa représentation, Peckinpah ambitionne de mettre en images Délivrance, mais un différend avec la Warner (sur The ballad of Cable Hogue) le met sur la touche et la tâche revient finalement à John Boorman. Le producteur Daniel Melnick, qui vient d’acquérir les droits du roman The siege of Trencher’s Farm, lui propose d’en réaliser l’adaptation. Le roman de Gordon Williams fournit à Peckinpah, et à son co-scénariste David Goodman, la structure principale de l’intrigue du film, à savoir l’attaque d’un couple et le siège de la ferme. Le reste est proprement élagué et de nouvelles touches viennent s’ajouter au matériau originel, sous l’impulsion du cinéaste qui vient de découvrir les études de l’anthropologue Robert Ardrey décrivant l’animalité humaine qui répond, dans des situations bouleversantes, avec son seul instinct.

La thèse domine le métrage, essentiellement centré sur son personnage principal. David Sumner, étranger au train de vie libéral qui voue une foi sans bornes à la science, s’oppose diamétralement aux autochtones catholiques qui ont fait de l’ultraviolence l’un des moyens de communication privilégiés et qui se plient et encouragent la loi du plus fort. L’hypocrisie et la lâcheté de David comme les comportements libertaires d’Amy, qui se balade en mini-jupe et sans soutien-gorge dans des pulls moulants, entraînent le mépris des villageois qui voient dans ces étrangers une menace pour leur communauté fermée régie par une structure patriarcale et l’anarchie totale (l’entame du film montre des enfants qui s’amusent dans un cimetière sans la moindre surveillance). La peur de David le rend vulnérable et les locaux ne tardent pas à le manipuler et à l’humilier. Alors qu’il les accompagne à une partie de chasse, David est abandonné à son propre sort pendant que les brutes violent son épouse, restée chez elle. L’originalité des Chiens de paille résulte justement dans cette scène-clé, habilement située au centre de l’œuvre, qui fonctionne a contrario de celle de Délivrance puisqu’elle ne constitue pas le déclencheur de la réaction primitive de David. Dominé par son animalité et son instinct de survie, autant que par la fierté de régner sur « son territoire », le héros, campé par un Dustin Hoffman bluffant, fait montre de toute la violence présente en lui et défend son bastion avec ténacité, quitte à perdre ce qu’il a de plus cher pour un simple inconnu, qui plus est coupable d’avoir accidentellement tué une adolescente. Durant cette dernière partie, le personnage est littéralement transfiguré, une bête de combat se substituant au pacifiste mou du début. La naissance de sa bestialité s’affirme dans son intense satisfaction à se montrer violent tout comme sa virilité, jusqu’alors silencieuse, s’éveille au gré de rapports de force conjugaux.

Malgré un accueil quelque peu défavorable sur notre continent (le film est interdit en Angleterre durant presque vingt ans), Les Chiens de paille est aujourd’hui considéré comme un classique, voire comme l’œuvre-maîtresse de Peckinpah. Une expérience éprouvante que d’aucuns qualifieront d’insoutenable.

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