Critique de film

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La Chose d'un autre monde

"The Thing from Another World"
affiche du film

Un extraterrestre végetal est recueilli congelé dans la banquise par les membres d'une base américaine en Alaska. Les militaires veulent le détruire, mais les scientifiques penchent pour l'étude. Le reveil de la chose donnera raison aux soldats.

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Trailer - La chose d’un autre monde (1951)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de La Chose d’un autre monde - Quand une carotte surgelée fait trembler la Terre
Par : Damien Taymans

Adaptation de la nouvelle Who goes there ? de John W. Campbell, publiée en 1934, La Chose d’un autre monde constitue une œuvre science-fictionnelle incontournable. Film-testament, représentatif de son époque, il puise autant ses origines dans la nouvelle originelle qu’il ne s’inscrit dans la vague extraterrestre introduite aux States suite aux spéculations de l’affaire Roswell. L’éclat au grand jour de cette mascarade qui ne séduit plus aujourd’hui qu’un obscur agent du FBI shooté au I want to believe aura d’ailleurs une conséquence non négligeable sur la production cinématographique des 50’s qui voit coup sur coup émerger une kyrielle de pellicules envahies par les bonshommes verts. D’abord Le jour où la Terre s’arrêta de Robert Wise et son Klatuu, ami des Terriens, débarqué sur la planète bleue pour asséner aux hominidés son discours moralisateur, rempli de bon sens et de sentiments flagorneurs. Au prédicateur doucereux se substitue, sous le joug du producteur Howard Hawks, ce monstre venu de l’espace, aux intentions hostiles. Une créature suprêmement intelligente qui n’entretient avec l’homme que peu de similitudes et s’apparente davantage au règne végétal (une carotte énorme en somme).

Avant qu’une autre adaptation ne vienne barbouiller les écrans américains avec la crainte des petits hommes verts (La Guerre des mondes), La Chose d’un autre monde en offre une vision plus tempérée. Située au Pole Nord (alors que la nouvelle préconisait l’Antarctique), l’intrigue ne dépasse guère le cadre du grand froid et esquive ainsi l’écueil de l’hyperbole monstrative. Au contraire, Hawks et, par extension, son monteur attitré, Christian Nyby, qui siège pour le coup dans la chaire de metteur en scène, exploitent toutes les possibilités offertes par ce huis-clos et parviennent à instiller à leur œuvre une atmosphère étouffante, soutenue par une double menace extérieure : celle de la tempête de neige, soulignée à renforts de courants d’air et de sifflements sonores et celle, tout aussi dangereuse, de la créature, insensible au froid qui semble être dotée d’une formidable capacité à s’accommoder à toutes les conditions météorologiques. La menace, parfaitement suggérée, s’avère en réalité quasiment invisible si l’on excepte l’agression impressionnante d’un chien filtrée par l’entremise d’une fenêtre et une séquence finale baignée dans l’obscurité. L’intérêt de l’œuvre ne se situe pas uniquement dans l’apparence de la bête mais bien plus dans l’excitation qu’elle procure aux êtres cloitrés dans la base militaire.

Naît de cette menace l’opposition antédiluvienne entre les intérêts scientifiques, symbolisés par l’insatiable soif de découvertes du docteur Carrington, et les prérogatives militaires qui épousent celles du commun des mortels, à savoir enrayer une possible invasion au mépris de l’ascétisme scientifique. Au centre des débats, la Chose reste impavide et naturellement sauvage, répondant mécaniquement à des besoins intrinsèques, à savoir reproduction et nutrition. En-deçà de l’intrigue pure et simple subsiste un sous-texte réflexif de la paranoïa maccarthyste de l’époque (le métrage connaît les faveurs des salles en pleine guerre froide) stigmatisée par quelques répliques polysémiques (« toujours guetter le ciel ») et une métaphore filée à l’excès (les savants ne sont autres que les infiltrés rouges qui minent le système de l’intérieur pour des idées purement anarchistes voire, pire, communistes).

Œuvre en phase avec son époque, La Chose d’un autre monde ne saurait se réduire à un simple « premier jet » du chef-d’œuvre absolu signé par Carpenter. Mené avec une vivacité rare, le métrage offre un équilibre parfait entre les scènes de terreur (quelques morceaux d’anthologie à pointer çà et là) et les séquences plus légères (les discussions entre Nikki et le Capitaine). Au final, une pellicule maitrisée, marquante qui ne peut fourvoyer plus longtemps sur l’identité de son géniteur (la patte de Hawks, indissociable de l’ensemble). Et surtout, un terreau fertile pour une génération de faiseurs de miracles (Spielberg, Lucas, Cameron, Carpenter, ...) qui surent tous reconnaitre l’incroyable héritage laissé par le film dans leur background professionnel.

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