Critique de film

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Le Cimetière des morts-vivants

"5 tombe per un medium"
affiche du film

Devant régler une affaire de succession, le clerc de notaire Albert Kovac (Walter Brandi) se rend dans un petit village d’Europe de l’Est. Sur place, il apprend que son client, Jeronimus Hauff est en fait décédé depuis près d’un an. Attiré par la veuve, Cléo (Barbara Steele), Albert accepte son hospitalité pour quelques temps. Il va alors découvrir que Mr Hauff était passionné par l’occulte et par la grande épidémie de peste noire, jusqu’à conserver et exposer des membres de pestiférés. Et que Hauff n’est peut-être pas mort par accident.

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Les critiques à propos de ce film

Critique de Le Cimetière des morts-vivants - Horreur gothique old Steele
Par : Fred Pizzoferrato

Cinéaste extrêmement méconnu, Massilo Puppilo, n’a réalisé que six long-métrages de fiction destinés aux salles obscures. Le plus célèbre d’entre eux reste certainement l’amusant Vierges pour le bourreau sorti en 1965. La même année, le bonhomme livre pourtant son premier essai via ce plaisant récit gothique rehaussé par la présence de Barbara Steele.

Un juriste, Albert Kovac, se rend au fin fond de l’Europe de l’Est juste avant la première guerre mondiale pour s’occuper de la succession d’un certain Mr Hauff. Hélas, à peine arrivé, Kovac apprend que son client est décédé, sa mort ayant été notifiée par cinq témoins. Toutefois, le voyage de Kovac ne lui a pas été complètement inutile puisqu’il rencontre la veuve de Hauff et sa charmante fille, Corinne. Cependant, des événements sinistres surviennent dans le village : les différents témoins de la mort de Hauff périssent tour à tour tandis que Kovac découvre la passion du défunt pour l’occultisme. Plus lugubre encore : la demeure de Hauff fut construite sur les ruines d’un lazaret où périrent, cinq siècles plus tôt, des milliers de pestiférés. Le village est-il maudit ? S’agit-il d’une machination ? A moins que Hauff ne soit revenu exercer sa vengeance par-delà la tombe ?

Classique, Le cimetière des morts vivantsS aligne les clichés coutumiers de l’épouvante gothique du milieu des années ’60 : ambiance macabre, érotisme encore très prudent, vengeance d’outre-tombe (ou subtile machination ?), fascination pour l’occulte,…Le tout est, bien sûr, emballé dans un joli noir et blanc qui laisse la part belle à une atmosphère angoissante et fait oublier les faiblesses d’une mise en scène abusant du zoom intempestif.

Longtemps attribué à son producteur Ralph Zucker (qui, en réalité, n’a signé qu’un prologue et une scène alternative destinée au marché américain), Le cimetière des morts vivants s’inspire soi-disant d’une nouvelle d’Edgar Allan Poe mais, en réalité, n’a rien de commun avec les œuvres du grand écrivain. Son intrigue, routinière mais non dénué d’un certain charme, mélange habilement le mystère et le fantastique et hésite longuement entre deux explications, rationnelles ou occultes, concernant les morts en série qui frappent une bonne partie des protagonistes.

Refusant les artifices graphiques mais capable néanmoins de l’un ou l’autre plan « choc » (par rapport aux standards des sixties), Pupillo cultive son climat d’étrangeté durant les deux premiers tiers du long-métrage, malheureusement assez languissant. Les moins réceptifs risquent, par conséquent, de trouver le temps longs mais les nostalgiques du gothique auront suffisamment de motifs de satisfaction pour patienter jusqu’au climax. La dernière demi-heure se montre, en effet, plus remuante et joue davantage la carte du frisson même si la révélation finale reste, comme souvent, un peu décevante. L’utilisation de la peste comme toile de fond de la malédiction se montre, elle, plus innovante et fonctionne agréablement, conférant au long-métrage un soupçon d’originalité salutaire en dépit de l’usage immodéré des conventions du fantastique.

Placée en tête d’affiche, Barbara Steele, déjà lassée de son statut de « scream queen », se contente en réalité d’un rôle secondaire mais ravit ses admirateurs par quelques scènes gentiment émoustillantes pour les adeptes de l’érotisme suggestif.

Dans l’ensemble, Le cimetière des morts vivants ne peut prétendre rivaliser avec les classiques de l’épouvante gothique mais, pour les spectateurs sensibles à ses aspects rétro, il constitue, à coup sûr, une honnête surprise et un bon moyen d’occuper une heure et demie de son temps.


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