Critique de film

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Cinéastes à tout prix

"Cinéastes à tout prix"
affiche du film

Jacques Hardy, professeur de lycée, Max Naveau, projectionniste et Jean-Jacques Rousseau, maçon de profession, réinventent l'art cinématographique. Ils tournent en Belgique des longs métrages sans moyens, sans acteurs et équipe professionnels. Ils ont chacun une filmographie importante et étendue dans le temps. Le documentaire passe d'un cinéaste à un autre, filmant les équipes et les tournages de ces Don Quichotte du cinéma.

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Trailer - Cinéastes à tout prix (2004)
Par : Damien Taymans


Cinéastes à tout prix - BA - FR par _Caprice_

Les critiques à propos de ce film

Critique de Cinéastes à tout prix - Debout, croyants du septième art
Par : Damien Taymans

Vous voulez du belge nappé d’une louchée de surréalisme ? Frédéric Sojcher vous l’apporte sur un plateau avec Cinéastes à tout prix, documentaire très "Strip-tease" dans l’esprit (ou serait-ce la présence de Jean Jacques Rousseau ?) qui met à l’honneur trois metteurs en scène autodidactes marginalisés par le système de la distribution qui firent des pieds et des mains pour monter leurs projets cinématographiques acadabrantesques aux noms improbables. "Mon curé chez les sorcières", "Wallonie 2084", "Maquis contre Gestapo" autant de titres qui attestent, sitôt leur formulation entérinée, du décalage que les oeuvres proposent.

Qui sont donc ces trublions qui, réunis au sein d’un même docu, seraient représentatifs de l’"art brut" cher à Noël Godin ? Max Naveaux, projectionniste retraité, responsable pendant des années des conférences d’Explorations du monde bricole un film de guerre intitulé Maquis contre gestapo sur le tournage duquel on tire à balles réelles. Et avec l’autorisation du commandant en chef de l’armée belge, s’il vous plaît. Jacques Hardy, professeur de sciences économiques de la région liégeoise, s’essaie quant à lui à plusieurs genres, naviguant avec sa bande de troupiers, du pastiche de Don Camillo (Mon curé chez les sorcières) à celui de la comédie gauloise (Cesar Barbarius chez les Bassis-Mosans, dans lequel Jean-Marie Happart incarne un sénateur), en passant par le polar pur jus avec Truand côté pile, policier côté face. Enfin, le dernier (et pas des moindres) pour compléter ce triangle maudit : Jean Jacques Rousseau (sans traits d’union), maçon de formation, qui officie dans le cinéma depuis 1964 et se définit comme le cinéaste de l’absurde.

Emaillé de quelques séquences des métrages des réalisateurs respectifs, Cinéastes à tout prix illustre efficacement la marginalité des créations - et par extension de leurs créateurs qui vagabondent dans leur région natale, réunissent des troupes d’indéfectibles acteurs amateurs (dans les deux sens du terme) et impriment sur pellicule leurs honteux fantasmes colorés. Si la folie d’Hardy se distingue uniquement dans ses oeuvres, celle de Rousseau s’avère permanente, l’encagoulé se plaisant à fustiger le cinéma hollywoodien et arguant que si on lui en avait donné les moyens, il aurait peut-être fait mieux que Spielberg. Le bougre iconoclaste va même jusqu’à enterrer une copie de son Furor teutonicus et à l’emballer de plomb (pour la protéger d’éventuelles radiations) pour les générations futures, qu’elles appartiennent au règne humain, insecte ou extraterrestre. Pas étonnant dans ce contexte que Sojcher ait consacré un livre entier à cet absurde cinéaste (l’auteur, malin comme un singe et visiblement glandeur comme pas deux, n’a rédigé que quelques paragraphes tandis que les amis et admirateurs de Rousseau en ont écrit l’essentiel).

Cinéastes à tout prix se contente (trop) souvent de stigmatiser le créateur au détriment de la création, leurrant ainsi le spectateur sur la véritable qualité des auteurs abordés. Car, pour attachants et créatifs (Le diabolique docteur Flak semble constituer la pierre angulaire de la filmographie de Rousseau) qu’ils sont, ces cinéastes à tout (ou tous ?) prix n’en restent pas moins de très modestes artisans accros au système D. D comme désolant, à l’instar du qualificatif que colle Godin à Rousseau. Spielberg n’aurait pas fait mieux avec des budgets aussi minimes ? Non, mais il n’aurait sans doute pas fait pire non plus...


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