Critique de film

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Coeurs perdus en Atlantide

"Hearts in Atlantis"
affiche du film

Bobby Garfield revient dans sa ville natale de Harwich, dans le Connecticut, pour les funérailles de son ami d'enfance Sully-John. Près de cinquante ans ont passé, mais les souvenirs sont toujours présents. En 1960, son père est décédé six années plus tôt, laissant sa mère Liz sans le sou. Celle-ci passe le plus clair de son temps avec Don Biderman, un agent immobilier, et délaisse son fils qu'elle considère comme un fardeau et un frein à ses naïves ambitions. Un jour, Ted Brautigan, un vieil homme énigmatique, emménage dans l'appartement du haut. Celui-ci fait bientôt appel aux services de Bobby : il a besoin qu'on lui lise le journal et qu'on surveille les alentours. Des hommes louches en manteau jaune rôdent dans les parages et voudraient s'en prendre à lui. Au fil de leurs conversations, Ted dévoile à Bobby un don qui changera à tout jamais sa perception du monde.

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Trailer - Coeurs perdus en Atlantide (2001)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de Coeurs perdus en Atlantide - Ode à la jeunesse imparfaite
Par : Damien Taymans

Après son splendide Shine, Scott Hicks s’attaque à l’adaptation d’une nouvelle de Stephen King qui, une fois n’est pas coutume, a quitté le royaume des ténèbres pour tomber dans le registre dramatique. Nostalgique de l’enfance, le romancier explore une nouvelle fois cette douce époque qu’on aspire à quitter lorsqu’on s’y trouve et que l’on ne peut que regretter une fois qu’on s’en est affranchie. A l’instar de son Stand by me dont la transposition cinématographique a incombé au très bon Rob Reiner, Cœurs perdus en Atlantide réside en une peinture mélancolique de l’innocence juvénile et de ses insouciances quotidiennes.

Le métrage démarre par un enterrement, situation funeste par excellence. Dès l’entrée, le cadre est annoncé : cette enfance idyllique reposera six pieds sous terre à l’image de Sully, ancien ami de Bobby Garfield. Cette inhumation scelle symboliquement un temps révolu puisqu’elle est synonyme pour Bobby d’une autre annonce : celle du décès de son amie d’enfance, Carol Gerber, celle qui ravit son cœur lorsqu’il n’était encore qu’un môme. Dès lors, ne subsiste que Bobby devenu adulte qui erre dans cette ville déserte plongée dans un automne avancé. Bobby et ses souvenirs. Bobby et son passé. Bobby et son enfance.

La nostalgie instaurée dès le départ est créée grâce à un éclatement des règles habituelles de mise en scène. Les photographies sépia et les flashbacks sombres laissent leur place à la luminosité éclatante de l’été au sein duquel batifolent les trois enfants. A contrario, le présent dans lequel évolue Bobby désormais n’est qu’un champ de ruines hanté par les fantômes de ce passé tant regretté. Œuvre baudelairienne qui évoque un spleen dont la seule panacée serait la jeunesse éternelle symbolisée par le mythe de l’Atlantide, un monde qui n’est voué qu’à être englouti par les années à l’instar de l’inondation qui gagna le monde antique. Si le cœur est perdu en Atlantide, l’enveloppe corporelle elle a évolué avec le temps, faucheur inexorable qui ne laisse comme répit que les réminiscences de cette époque joyeuse.

Chargée d’un pathos énorme et d’un romantisme démesuré, le métrage ne permet pas de croire une seconde à l’intrigue mise en place. Les hommes de l’ombre qui poursuivent Ted Brautigan ne prennent place que par petites touches et sont définitivement engloutis par la représentation sentimentale exacerbée. Les prétendus pouvoirs du grand Ted (formidablement interprété par Anthony Hopkins, géant parmi les géants) ne convainquent pas. Pire, ils semblent inutiles à l’intrigue principale. D’ailleurs, quelle est l’intrigue ? La persécution du pauvre Brautigan par ces hommes de l’ombre, la découverte de ses pouvoirs psychiques ou simplement les mésaventures fâcheuses que doit vivre le jeune Bobby et qui le transformeront en homme ? A courser plusieurs lapins, Hicks atténue l’effet créé dès le départ et disperse ses chances de réussite. D’autant qu’a posteriori, on se lasse de cet enrobage mélodramatique déjà usé maintes fois qui séduit par son apparence mais camoufle en vain la vacuité des propos et l’incohérence de leur mise en place.

Cœurs perdus en Atlantide remplit le spectateur de tendresse autant qu’il ne le frustre par son manque d’implication. Glorifiant les souvenirs de bonheur, le métrage n’en laissera au final que très peu…

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