Critique de film

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Le Continent oublié

"The people that time forgot"
affiche du film

Le major Ben McBride met sur place une expédition qui part à la recherche d'un collègue disparu en Arctique. Une fois sur place, l'équipe découvre une oasis tropicale cachée au milieu de la glace ! Très vite, les dangers guettent et une armée d'hommes des cavernes et de dinosaures affamés se lancent en quête de chair fraîche. Une hystérie préhistorique s'empare aussitôt de toute l'expédition !

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Trailer - Le continent oublié (1977)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de Le continent oublié - 6ème continent et demi
Par : Fred Pizzoferrato

Après Centre Terre Septième continent, Kevin Connor poursuit son exploration des mondes perdus imaginés par Edgar Rice Burroughs (le créateur de Tarzan) via ce Continent oublié, suite directe du Sixième continent, réalisé deux ans auparavant. Pour l’occasion, le cinéaste retrouve son acteur fétiche, Doug McClure, lequel se fait toutefois voler la vedette par Patrick Wayne, le fils du grand John Wayne en personne. Ayant débuté très jeune par de petits rôles aux côtés de son père (dans Rio Grande, The Alamo, Les Commancheors et La prisonnière du désert, entre autres), Patrick Wayne, alors âgé d’un peu moins de quarante ans, trouve là une de ses rares « tête d’affiche » (on le verra toutefois la même année dans le rôle titulaire de Sinbad et l’oeil du tigre) et s’en tire honorablement. A ses côtés, Sarah Douglas incarne avec humour la reporter photographe émancipée et féministe qui finira par tomber logiquement dans les bras virils du baroudeur au grand coeur. Une composition agréable de la part d’une actrice que l’on a souvent vue dans le fantastique puisqu’elle fut une des super criminelles de Superman 2 avant d’apparaître dans Le retour de la créature du lagon, Dar l’invincible 2, Art of dying, Le retour des morts-vivants 3 ou, plus récemment, dans le modeste Attack of the Gryphons.

Le succès du Sixième continent demandant rapidement une séquelle, les producteurs se jetèrent avidement sur la seconde histoire consacrée à l’étrange monde perdu de Caspak, écrite par Edgar Rice Burroughs lui-même en 1918. Cependant, plutôt que d’adapter fidèlement la longue nouvelle « The People that time forgot », le film n’en retiendra que l’argument de base et une poignée de péripéties suffisamment spectaculaires pour justifier leur transposition sur les grands écrans.

Le continent oublié se déroule cinq années après la disparition de Bowen Tyler (Doug McClure) sur le mystérieux continent de Caprona (ou Caspak), une île perdue dans les glaces où l’évolution s’est étrangement déroulée, aboutissant à la coexistence de nombreuses espèces, allant d’hommes primitifs à différents spécimens de dinosaures. Ben McBride (Patrick Wayne) est entré en possession des documents lancés à la mer (dans une bouteille) par son ami Tyler et, avec l’aide de l’Académie Britannique des Sciences et de la Royal Navy, McBride met sur pied une importante opération de sauvetage visant à tirer Tyler de son monde oublié. McBride, accompagné du paléontologiste Edwin Norfolk, de la photographe Lady Charlie Cunningham et du pilote d’avion Hogan, décolle donc d’un navire d’exploration bloqué par les glaces et part en reconnaissance dans un hydravion afin d’atteindre le continent perdu de Caprona. Malheureusement, l’expédition tourne rapidement au désastre lorsque l’avion de nos quatre aventuriers subit les assauts d’un redoutable ptérodactyle, forçant l’hydravion endommagé à se poser sur les terres inhospitalières de Caprona. Hogan décide de réparer l’avion aussi vite que possible tandis que ses trois compagnons préfèrent explorer l’ile mystérieuse dans l’espoir de retrouver Tyler. Les aventuriers, après avoir combattu quelques dinosaures, découvrent une jeune demoiselle de l’âge de pierre, Ajor, laquelle connaît l’anglais. L’explication de ce mystère apparaît rapidement : la jeune femme a reçu des cours de Tyler avant que ce dernier ne soit capturé par la tribu rivale des Naga. Ben McBride, Edwin Norfolk et la belle Charlie Cunningham se lancent donc au secours du pauvre Tyler…

Dans la droite ligne des précédentes œuvres de Kevin Connor consacrées à des « mondes perdus », ce Continent oublié se révèle, toutefois, le maillon faible de la trilogie, dénué du rythme alerte du Sixième continent et des séquences délirantes de Centre Terre Septième continent. Sans être vraiment raté, cette nouvelle adaptation de Burroughs se révèle donc un peu décevante, d’une part parce que son déroulement réplique un peu trop fidèlement la structure du Sixième continent et, d’autre part, car elle souffre du même défaut que le titre précité, à savoir démarrer sur les chapeaux de roue pour ensuite s’embourber dans une certaine routine.
Pas toujours très énergique, Le continent oublié manque finalement de mordant et son rythme assez défaillant peine à soutenir l’intérêt, d’autant que les attaques de dinosaures se font finalement assez rares. La première d’entre elles, confrontant un hydravion à un ptérodactyle, reste la plus satisfaisante en dépit d’effets spéciaux pas vraiment à la hauteur du concept, le monstre volant étant, en effet, particulièrement rigide et d’allure artificielle. La suite du récit sera pour sa part décevante et sans grande surprise, nos héros affrontant moult dangers pas franchement convaincants (les médiocres effets spéciaux n’aident pas à s’immerger dans cette intrigue fantaisiste !) au cours de séquences d’un intérêt variable mais parfois un peu bâclées et dénuées de véritable tension. L’alternance entre les paysages naturels majestueux et les décors de studio assez rudimentaires accentue malheureusement cette impression de pauvreté générale, conséquence d’un budget insuffisant en regard des ambitions du cinéaste. Le côté très rudimentaires des dinosaures, lesquels s’avèrent nettement moins réussis que dans Le sixième continent, se montre lui aussi problématique et atténue grandement l’impact des rares attaques orchestrées par les monstres préhistoriques.

Le continent oublié ne cherche jamais à véritablement innover et, selon la logique immuable des films de « monde perdu », la dernière bobine se conclut par une spectaculaire catastrophe naturelle. Une fois encore, le scénario opte pour la providentielle éruption volcanique qui provoque de nombreuses destructions alors que nos héros cherchent à fuir l’île, poursuivis par une tribu vindicative.
Un final intéressant sur le papier mais dont l’illustration à l’écran se révèle elle aussi assez décevante, l’aspect grand spectacle de la catastrophe dépeinte étant amoindrie par des effets visuels une fois de plus perfectibles et, surtout, par une durée excessive transformant le suspense attendu en un ennui poli.

Après un début intrigant et agréable, Le continent perdu perd malheureusement une grande partie de son intérêt mais se laisse toutefois regarder avec un certain plaisir par les nostalgiques de l’aventure fantastique à l’ancienne. Sans être une grande réussite, le métrage de Kevin Connor laisse une impression mitigée mais reste cependant suffisamment divertissant pour justifier une vision distraite, même si il ne restera sans doute guère dans les mémoires.


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