Critique de film

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Crimes à Oxford

"Oxford Murders"
affiche du film

Une vieille dame est assassinée à Oxford. Son corps est découvert par deux hommes qui se rencontrent à ce moment-là pour la première fois : Arthur Seldom, un grand professeur de mathématique et de logique et Martin, un étudiant qui vient d'arriver dans l'université et qui rêve d'étudier avec Seldom. Rapidement d'autres meurtres ont lieu, tous annoncés par des symboles bien singuliers. Martin et le professeur s'associent pour retrouver les pièces du puzzle. Rien ne sera comme il paraît. L'identité du meurtrier sera une réelle surprise et son motif encore plus.

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Trailer - Crimes à Oxford (2007)
Par : Damien Taymans


CRIMES A OXFORD : bande-annonce VF par LaFab

Les critiques à propos de ce film

Critique de Crimes à Oxford - Le jeu de la vérité
Par : Seb Lecocq

Avec Crimes à Oxford, De La Iglesia s’attaque au thriller avec un whodunit universitaire doté un esprit old school mais d’une forme moderne. Des crimes, une enquête, des suspects, des enquêteurs...mais qui a fait le coup ?

Premières constatations, De La Iglesia tient la grande forme et sa mise en scène est maîtrisée de bout en bout, des plans au stead, une caméra qui semble flotter autour des personnages et suit leur rythme naturel pour ne se poser que lors de scènes plus intimistes. Le film comporte notamment un vrai faux plan séquence pas piqué des vers en début de film. La forme générale de la chose est complétée par le très bon score de Roque Banos et la photo hypra léchée de Kiko de la Rica, déjà chef op sur La Communidad et sur Lucia y el Sexo. Que du bon quoi.

De La Iglesia situe son intrigue à Oxford et ses alentours, les décors sont bien exploités et créent une atmosphère d’étrangeté campagnarde tout droit sortie d’un Hot Fuzz, faite de bâtiments cossus à moitié vides, de vieux meubles en bois craquant, de jardins bien entretenus, ... Si la forme nest nickel, le fond est moins parfait, ou farpait c’est au choix.

De La Iglesia s’attaque au thriller de la manière la plus sérieuse qui soit mais en apparences seulement, car, à l’évidence, il a encore un peu de mal à se départir de ses vieilles habitudes, à savoir créer des personnages détestables : Elijah Wood est un petit con d’étudiant americain narcissique obsédé par sa propre intelligence, John Hurt campe un vieux prof de fac cynique, manipulateur et aigri et ainsi de suite pour chaque personnage. On retrouve donc le trait féroce du gros Alex au travers de ses personnages mais aussi des thèmes abordés par le film. La vie vue à travers un prisme déformant. Ici les mathématiques, dans 800 Balles c’était la nostalgie du western, dans Le Crime Farpait ce sont les centres commerciaux, dans Mort de Rire, la télévision.... De la Iglesia, et donc ses personnages, ne peuvent affronter la vie de face et seront donc confrontés à des choix cruciaux tels que choisir de vivre sa vie ou de vivre l’illusion de sa vie ou bien plus universel : le choix entre le Bien et le Mal. D’ailleurs Lorna incarne le personnage le plus positif du film et donc représente une forme de Bien.

C’est entre ce Bien, représenté par l’Amour, et le Mal que le personnage d’Elijah Wood sera tiraillé. Autre caractéristique du cinéma de l’Espagnol qui n’est pas évité dans cet Oxford Murders : un humour très noir et un sens de l’absurde développé comme jamais. A ce titre la scène de poursuite sur les toits lors du concert, un hommage délirant et extrêmement réjouissant à Guy Fawke. Le personnage de l’étudiant russe complètement « out of this world » est tellement poussé qu’il sombre dans l’absurdité typiquement « De La Iglesiasienne ». Voilà donc au final un film qui s’inscrit totalement dans la logique de l’auteur et qui ne rompt pas avec le savoir-faire ni l’univers du bonhomme. Le fait de diriger en anglais ne semble pas l’avoir gêné tant les comédiens sont excellents, notamment le duo Wood/Hurt qui se livre une bataille amour/haine psychologique des plus réussie. Leonor Watling, symbole du Bien dans cette histoire, est totalement délicieuse en infirmière flanquée au beau milieu de ses deux génies. Enfin, cerise sur le gâteau, le film nous offre la meilleure scène de préparation/dégustation de spaghetti jamais vue au cinéma.

Mais il faut aussi énoncer les mauvais points et parmi ceux-ci je citerais une intrigue parfois alambiquée, un final explicatif inévitable dans ce genre de films mais toujours plombant et un rythme parfois inégal, certaines scènes venant faire retomber le soufflé à certains moments. On peut aussi reprocher classicisme manquant un peu du piquant propre au réalisateur.

Mais au final le bilan est bien positif pour un De La Iglesia qui effectue avec ce film une rupture dans la continuité et signe une adaptation live du Cluedo inégale certes mais des plus réjouissante.


Critique de Crimes à Oxford - Presque farpait...
Par : Damien Taymans

Alex de La Iglesia a démarré sa carrière sur les chapeaux de roue en signant son Action mutante, œuvre atypique et vraiment délirante. Dans la lignée, le réalisateur livre Le jour de la bête, conservant son mélange savoureux d’humour et de fantastique. Depuis, le réalisateur a quelque peu quitté le cinéma de genre (bien qu’on en retrouve encore quelques traces formelles) et a réussi à faire son petit bonhomme de chemin avec des films au pouvoir comique certain comme en attestent Le crime farpait ou encore Mes chers voisins. Et puis, il y eut cet excellent épisode des Peliculas para no dormir intitulé La chambre du fils… Certes, l’exercice n’arrive pas à la hauteur de celui de son homologue Balaguero mais l’épisode entérine le retour aux sources du réalisateur d’une bien belle manière. De nombreux espoirs se fondaient donc dans ce renouveau anglais que constitue Crimes à Oxford

Crimes à Oxford est sans conteste l’œuvre la plus ambitieuse du réal puisque tournée en anglais et dotée d’un casting international irréprochable (Elijah Wood et John Hurt). Adoptant un démarrage solide par le biais d’une présentation brève mais jouissive des deux personnages principaux, le réalisateur nous plonge d’emblée dans l’ambiance de cette Oxford aux accents universitaires.

Il est certain que le film perd quelque peu d’intérêt dans le verbiage omniprésent. Film intellectuel et scénaristiquement impeccable, Crimes à Oxford aura certainement égaré quelques spectateurs en raison des déclinaisons omniprésentes sur le thème des mathématiques et de la logique. Mais le souci ne réside pas seulement dans le contenu de ces dialogues parfois très pompeux et insipides. L’ennui est que leur utilisation incessante provoque une inconsistance rythmique fatale pour un thriller comme celui-là. Certains creux ont bien du mal à être comblés par les perpétuelles confrontations entre l’élève et son modèle.

Dommage que cette facette vienne ternir la réalisation brillante de ce métrage (en attestent les plans-séquences formidables disposés ici et là). Crimes à Oxford est de loin l’œuvre la plus formatée, la plus classique du réalisateur qui parvient tout de même à imposer un savant équilibre entre tension et réflexion et à nous mener patiemment vers une résolution qui vaut le détour…


Critique de Crimes à Oxford - Avis : souhaite rencontrer Leonor pour parler du film...
Par : Gore Sliclez

Dixième film du réalisateur culte Alex de la Iglesia, Oxford Murders est paradoxalement son premier hors frontières espagnoles.

L’intrigue se déroule sur le campus de l’université d’Oxford où une série de meurtres se succèdent régulièrement. Martin (Elijah Wood), jeune étudiant ambitieux et Arthur Seldom (John Hurt), professeur émérite et suffisant, se retrouvent plongés un peu malgré eux dans l’enquête qui s’annonce difficile.

Une intrigue complexe s’articulant autour de théorèmes mathématiques, d’ésotérisme ou encore d’histoire médicale et philosophique qui noie parfois le spectateur dans l’incompréhension ou l’inattention. Néanmoins, le scénario écrit par le comparse de toujours, Jorge Guerricaechevarria, tient la route et pour peu que l’on arrive à le suivre passionnant. Un récit policier de haute voltige grâce à l’interprétation de deux grands acteurs qui trouvent ici l’occasion d’exprimer amplement leur talent à travers des personnages intrigants et hors du commun.

Alex de la Iglesia, bénéficiant d’un budget de 10 millions de dollars, arrive malgré un casting et une production internationaux à imposer son style latin et déjanté qui se mélange admirablement pour l’occasion avec la sobriété et le flegmatisme anglais. Un cocktail délicieusement mis en scène dont notamment de très beaux cadrages et un plan séquence absolument prodigieux où en deux trois minutes le réalisateur espagnol nous montre via une caméra zigzagante tous les protagonistes en différents endroits de la ville, démarrant de la bibliothèque pour se terminer sur le plan d’une défunte assassinée. Un exercice de style virevoltant bien trop rare que pour ne pas le remarquer.

Pour le reste, Oxford Murders est une œuvre classique au dénouement logique et qui raviront les amateurs de films policiers un peu hors normes. Rien de renversant mais très plaisant néanmoins. Et puis cerise sur le gâteau, une Leonor Watling so gorgious en couple avec un Elijah Wood plus mâle que d’habitude, étonnant mais intéressant…


Critique de Crimes à Oxford - Enquête logique
Par : Samuel Tubez

Premier long métrage entièrement tourné en langue anglaise (Perdita Durango l’était seulement en partie puisque tourné aux USA et au Mexique), Crimes à Oxford est également le film le plus posé et le moins délirant d’Alex de la Iglesia. Ce qui n’empêche en rien à ce thriller de haute volée d’être rudement captivant.

Film intelligent, thriller conventionnel rudement bien mis en scène, Crimes à Oxford est un whodunit de qualité. Très à l’aise dans la langue de Shakespeare, le réalisateur ibérique offre à ses deux comédiens principaux des joutes verbales exquises. Elijah Wood et John Hurt brillent de tout leur éclat et leur confrontation, partagée entre l’admiration et le combat intellectuel, est le gros point fort du long métrage.

La mise en scène n’est pas en reste : racée, elle nous offre notamment un plan séquence splendide au début du récit nous présentant tous les protagonistes-clés de l’intrigue. Cette partie de « Cluedo cinématographique » est ainsi menée jusqu’à un final certes très explicatif mais convenant parfaitement à la thématique du récit.

La folie propre au cinéaste manque toutefois un peu à l’appel bien qu’il ait inséré de légères touches d’humour ainsi que l’un ou l’autre personnage quelque peu déjanté.

Une très bonne surprise donc que ce Crimes à Oxford et la confirmation qu’Alex de la Iglesia peut mener des projets très divers, que ce soit dans son pays d’origine ou à l’étranger.


Critique de Crimes à Oxford - Encore une fois, l’Espagnol ne déçoit pas !
Par : Quentin Meignant

Alex de la Iglesia n’est pas ce que l’on peut appeler un réalisateur sérieux. Il a suffisamment prouvé par des œuvres comme Action mutante et Le jour de la bête qu’il savait faire rire et qu’il excellait même dans ce domaine !

Il est donc assez curieux de le retrouver aux commandes d’un projet aussi ambitieux et sérieux que Crimes à Oxford. C’est pourtant doté d’un budget de 10 millions d’euros (plus de six fois le budget du Jour de la bête) et d’un casting (Elijah Wood, John Hurt) qui impose le respect que le sympathique Ibère s’est lancé dans une aventure totalement inédite pour lui.

On pouvait donc nourrir quelques doutes à l’idée de voir un thriller sérieux et intello réalisé par un des plus grands déconneurs du cinéma européens (voire mondial) ! Et pourtant… C’était compter sans le grand talent, l’immense classe, le génie de De la Iglesia !

Car du talent il en faut pour parvenir à nous livrer une intrigue aussi bien ficelée : tous les éléments de l’histoire nous parviennent sous forme de puzzle et nous entraînent dans une enquête qui, sans être palpitante, est d’un grand intérêt !

Entre Martin, jeune prodige quelque peu perturbé par son génie, et Arthur Seldom, professeur incroyablement intelligent et imbu de sa personne, un combat de logique s’engage alors. Nous sommes bien entendu bien loin du thriller haletant qui ne laisse pas respirer, mais cette enquête fort théorique garde une forme très sympathique.

On reconnaît néanmoins la patte de de la Iglesia, qui réussit à introniser une dose d’humour dans le métrage. Certes, cela n’a rien à voir avec les scènes délirantes des œuvres précédentes du réalisateur espagnol, mais le film parvient à faire sourire à plusieurs reprises.

C’est d’ailleurs dans un sympathique esprit british que l’ami Alex nous entraîne dans une énigme qui apporte son lot de surprise. Cette ambiance, créée par le savoir-faire de de la Iglesia, rend l’ensemble extrêmement attachant et sert véritablement d’accroche, même pour les spectateurs les plus réticents.

Bien plus encore que l’ambiance, ce sont les joutes verbales entre Martin (Elijah Wood) et Arthur Seldom (John Hurt) qui laissent pantois. La qualité des dialogues est incroyable tandis que le jeu de ces deux monstres du cinéma ne laisse à aucun moment à désirer !

Les autres acteurs (Julie Cox, Leonor Walting, Burn Gorman,…) tirent aussi merveilleusement leur épingle du jeu, la seconde nommée laissant même entrevoir ses superbes formes lors de l’une ou l’autre scène un peu plus hot…

De la Iglesia prouve aussi que l’on peut changer de registre sans pour autant chambouler du tout au tout la recette du succès. Ainsi, comme dans ses métrages précédents, certains caractères bien affirmés, et même totalement excentriques se font jour et abreuvent littéralement l’intrigue de ce côté décalé qui plaît tant.

C’est ainsi que le personnage interprété par le toujours fabuleux Dominique Pinon (Dante 01, Un long dimanche de fiançailles, …) tranche totalement avec la réserve de ces intellos de théoriciens anglais. Il en va de même pour le bouillant Podorov, empli de haine par rapport à ce milieu et devient totalement fou au fil de l’action.

Ce sont ces personnages qui permettent à l’intrigue de suivre son cours à coups d’émotions qui, même si elles ne sont pas spécialement fortes, ont le mérite de surprendre et d’être agréables. De la Iglesia n’a donc pas ressenti trop de mal à nous emmener vers un dénouement très surprenant et vraiment efficace.

Bref, le réalisateur espagnol a su captiver tout en n’en faisant pas trop. Ce film, qui avait tout l’air d’un piège pour lui, confirme une chose : De la Iglesia est plein d’un talent qui n’a pas fini de nous réjouir ! Viva Alex !

Commentaires sur le film

0 etoiles

2 décembre 2009 à 14:12

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