Critique de film

A la croisée des mondes: la boussole d'or

"The Golden Compass"
affiche du film
  • Genre : Fantastique - Conte fantastique
  • Année de production : 2007
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Chris Weitz
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 1h54
  • Budget : 180 millions de dollars
  • Scénariste : Chris Weitz (scénario), Philip Pullman (roman)
  • Musique : Alexandre Desplat
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  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Nicole Kidman, Daniel Craig, Dakota Blue Richards, Ben Walker, Ian McKellen, Eva Green, Jim Carter
  • Récompenses : Nominé aux Critics Choice Awards du Meilleur film familial et de la Meilleure jeune actrice (Dakota Blue Richards) en 2007
    Nominé aux Satellite Awards de la Meilleure chanson originale, de la Meilleure qualité d'image, de la Meilleure photographie, du Meilleur son et des Meilleurs effets visuels (2007)

Lyra, 12 ans, est une orpheline rebelle qui vit à Jordan College, un établissement de l'Université d'Oxford, dans un monde parallèle qui ressemble au nôtre mais qui a évolué de façon un peu différente. Elle a pour compagnon Pantalaimon, son dæmon, un être capable de prendre de nombreuses formes animales. Le monde de Lyra est en train de changer. L'organisme gouvernemental global, le Magisterium, resserre son emprise sur le peuple. Ses sombres activités l'ont poussé à faire enlever des enfants par les mystérieux Enfourneurs. Parmi les gitans, qui ont perdu beaucoup des leurs, court une rumeur : les enfants sont emmenés dans une station expérimentale quelque part dans le Nord, et on pratique sur eux d'abominables expériences... Lorsque Roger, le meilleur ami de Lyra, disparaît à son tour, la petite fille jure d'aller le chercher, jusqu'au bout du monde s'il le faut...

Les critiques à propos de ce film

Critique d’A la croisée des mondes : La boussole d’or - De quoi être déboussolé...
Par : Damien Taymans


Depuis le tour de force réalisé par Peter Jackson avec sa trilogie du Seigneur des anneaux, le genre heroïc fantasy ne cesse de proliférer. Les producteurs en ont fait leur chou gras et n’ont de cesse de produire de nouvelles œuvres en général destinées à un public plus jeune. Il faut dire que la recette fonctionne parfaitement en ce moment et que le public se précipite aisément dans les salles obscures pour y admirer les aventures d’un jeune binoclard ou d’une gamine propulsée dans un monde où trône un réverbère. Chaque Noël voit l’émergence d’une nouvelle œuvre fantaisiste dont le seul but est d’émerveiller les petits enfants et de remplir les poches des producteurs, façon Walt Disney… Cette année, c’est au tour de La boussole d’or. Adaptation du premier des trois tomes de la trilogie à succès de Philip Pullman intitulée A la croisée des mondes, le film est produit par la maison New Line (déjà en charge de se dorer la pilule grâce aux films de Peter Jackson) pour un budget total de 180 millions de dollars (grosso modo les budgets de La communauté de l’anneau et des Deux tours réunis). A la baguette de cette énorme surprise de Noël, le réalisateur Chris Weitz, généralement confiné aux franches comédies comme l’illustrent ses précédentes réalisations American pie et Pour un garçon. Ce qui a motivé le choix des producteurs ? Le savoir-faire du réalisateur et son adoration totale pour la trilogie de Pullman, agrémenté d’une véritable dose de méticulosité.

Il faut avouer que Weitz ne fait rien dans la mesure (en même temps, avec un tel budget, qui s’en abstiendrait ?). Il réunit notamment autour de lui une équipe technique de choc : Dennis Gassner, chef décorateur qui a précédemment travaillé sur http://cinemafantastique.net/film1723,Hitcher-The.html et sur The Truman show, Michael L. Fink comme superviseur des effets visuels ayant bossé sur X-men et http://cinemafantastique.net/film1991,X-men-2.html ainsi que http://www.cinemafantastique.net/film1410,Mars-Attacks.html, une équipe de vrais spécialistes chevronnés aux effets spéciaux et l’aide de Philip Pullman en personne pour l’adaptation du scénario. Mais ce n’est pas tout puisqu’en sus, le réal épice son œuvre de véritables talents d’interprétation en choisissant Daniel Craig et Nicole Kidman… Tout ce beau monde s’est donc échiné à mettre en scène une œuvre gigantesque où la démesure est le maître mot. Impossible de se le cacher. Il suffit de contempler quelques-unes des magnifiques images de La boussole d’or pour comprendre que le ton n’est pas à l’heure de la série B d’animation. Une photographie des plus léchée, des effets visuels à couper le souffle, de véritables prouesses techniques qui rendent le film visuellement irréprochable. Soulignons à cet égard le travail superbe effectué sur le fameux ours Iorek d’un blanc immaculé et d’une silhouette irréprochable qui ravirait un public d’ourses (femelles donc) en délire.

Si le côté visuel du film révèle une grande maîtrise, le côté scénaristique n’est pas oublié pour autant. Grâce à un travail de longue haleine et à une complicité nouée avec l’auteur du roman originel, Chris Weitz parvient à prouver que son savoir-faire ne se limite pas uniquement à la réalisation de films humoristiques. Fidèle à l’histoire originelle, le métrage peine largement à inclure tous les détails qui faisaient la force du bouquin et se voit réduit aux habituels étêtements des adaptations d’oeuvres littéraires. Qu’on se le dise, la trilogie A la croisée des mondes éblouit certes par le monde inventé mais également par la multitude de ses actions et par son style fouillé et complet. Diffuser sur grand écran un film reprenant la totalité des facettes de l’œuvre écrite tenait de l’impossible. Weitz a réussi à combler ce manque en donnant au spectateur un maximum d’informations en un minimum de temps et en accumulant les actions et les événements. Ce choix amène son lot de sacrifices : face au rythme soutenu de l’œuvre, les néophytes n’arriveront pas à suivre et les chevronnés n’y trouveront pas tout à fait leur compte. En outre, le montage effectué impose une succession trop rapide de scènes sans qu’aucun lien n’ait été noué entre elles si bien qu’au bout d’un moment on a vraiment l’impression que le film n’a aucune ligne directrice et ne fait que nous aveugler à l’aide d’images somptueuses. Autre menu reproche : la New Line n’a pas pu s’empêcher de nous infliger ses cameo issus de sa trilogie populaire en intégrant au casting Christopher Lee (Saroumane) aussitôt vu aussitôt parti et la voix de Ian McKellen (Gandalf) qui interprète dans la version originale celle de l’ursidé.

En conclusion, La boussole d’or constitue un bon film de « fantaisie héroïque » qui mérite sa place auprès d’autres œuvres moins bien réussies (mais non, je n’ai pas parlé des Chroniques de Narnia, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit !). Visuellement bandant, le métrage perd ses galons au niveau de son adaptation quelque peu condensée et approximative mais les récupère grâce à l’interprétation de ses stars et à la dimension magique qu’il impose.


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