Critique de film

13 jeux de mort

"13 game sayawng"
affiche du film
  • Genre : Thriller horrifique
  • Année de production : 2006
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Chukiat Sakveerakul
  • Pays d'origine : Thaïlande
  • Durée : 1h53
  • Scénariste : Chukiat Sakveerakul (scénario) / Eakasit Thairatana (comic)
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Krissada Sukosol Clapp, Saranyoo Wongkrachang, Achita Sikamana
  • Récompenses : Prix du Meilleur acteur (Krissada Terrence) et des Meilleurs effets visuels au festival de Thaïlande en 2007
    Corbeau d'Or au BIFFF 2008

Pusit reçoit un appel d'une radio lui demandant de réaliser 13 épreuves avec, à la clé, une belle récompense...

Les critiques à propos de ce film

Critique de 13 beloved - Le numéro demandé n’est pas attribué...
Par : Seb Lecocq


La Thaîlande est la nouvelle place forte des amateurs de cinéma original et novateur. Porté par une génération de très jeunes réalisateurs issus de la publicité et parrainé par Nonzee Nimibutr, le cinéma thai est en pleine croissance et ne recule devant aucune audace. Baigné d’influences asiatiques et occidentales, ses réalisateurs sont là pour en découdre et prouver à tous que leur pays est la nouvelle « place to be ». Sakveerakul était d’ailleurs âgé de 25 ans lorsqu’il a réalisé ce 13 Beloved.

Chose étonnante quand on voit la maîtrise formelle et thématique dont il fait preuve sur ce qui n’est toujours que son deuxième film. Très américain dans sa forme mais ancré des deux pieds dans la culture et la société thaï. Il est très difficile de résumer le film sans en déflorer l’intrigue et donc en atténuer le choc lors de la vision. Toutefois je dirais qu’on peut grosso modo le comparer à un croisement entre The Game, Chute Libre et Saw…alléchant non ? Mais je vous rassure c’est aussi plein d’autres choses et bien plus encore. Contrairement à d’autres films durant lesquels on a tout compris une fois les cinq premières minutes passées, Sakveerakul choisit de brouiller les pistes avec une entame de film assez étrange. A aucun moment durant le premier quart d’heure on ne sait vraiment dans quoi on vient de mettre la main, puis bien vite, à l’image de Puchit, on comprend qu’on vient d’être happé dans un engrenage inarrêtable.

13 Beloved peut être considéré comme ce qu’on appelle vulgairement « un film malin ». Expression popularisée par des films comme Cube ou Saw. A savoir une intrigue minime reposant avant tout sur un concept imparable et force est de reconnaître qu’il en fait partie mais pas que. Sa trame de départ, très simple, est suffisamment forte pour porter a elle seule tout le film mais Sakveerakul va plus loin et se sert de ce concept de base pour approfondir son film et y greffer une sévère critique sociale de son pays. Mais pas de panique, on est pas chez Ken Loach ou les Frères Dardenne pour autant, le réalisateur n’a pas oublié d’inscrire son film dans le genre en y incluant aussi une bonne dose d’horreur graphique du meilleur effet et de l’humour très très noir typiquement thai. Le personnage de Puchit est formidablement interprété par Noi Sukosol qui porte le film sur ses épaules, aussi à l’aise dans les scènes dramatiques que dans l’action, il est phénoménal et prouve que ce pays est aussi un vivier d’incroyables comédiens.

Vous l’aurez compris 13 Beloved fait le même effet sur le spectateur qu’un raid de Steven Gerrard sur la défense adverse : il l’explose, la transperce et conclut le tout par un dernière frappe victorieuse laissant tout le monde k.o et en admiration. Car à la différence d’autres « films malins », celui-ci n’oublie jamais son but en cours de route et ne vient pas tout gâcher par un twist foireux. Non, Sakveerakul garde même le meilleur pour la fin et vient clouer le spectateur déjà lessivé par une fin tortueuse et noirissime. Effet coup de boule garanti (là, c’est plus Gerrard, c’est Zidane carrément - ndlr).

Le film peut être appréhendé sous différents niveaux de lecture, thriller au suspense haletant, comédie noire, allégorie sur les ravages du capitalisme, le jeune réalisateur parvient à mêler tout ça le plus harmonieusement du monde et se permet même le luxe d’empiler les séquences choc dont certaines vont retourner quelques estomacs. Enfin je ne peux terminer sans vous dire, qu’une suite est déjà en chantier et que les droits du remake sont entre les mains des frères Weinstein toujours prêts pour un sabotage en règle.


Cinemag

> Feuilleter

Concours

Sondage