Critique de film

Assassination Nation

"Assassination Nation"
affiche du film
  • Genre : Thriller, Drame
  • Année de production : 2018
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 1h48
  • Musique : Ian Hultquist
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  • Bande annonce
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  • Récompenses :

Lily et ses trois meilleures amies, en terminale au lycée, évoluent dans un univers de selfies, d’emojis, de snapchats et de sextos. Mais lorsque Salem, la petite ville où elles vivent, se retrouve victime d’un piratage massif de données personnelles et que la vie privée de la moitié des habitants est faite publique, la communauté sombre dans le chaos. Lily est accusée d’être à l’origine du piratage et prise pour cible. Elle doit alors faire front avec ses camarades afin de survivre à une nuit sanglante et interminable.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Assassination Nation - American Teen Nightmare
Par : Seb Brunclair


À Salem, petite ville des USA, c’est la panique : un mystérieux hacker prend un malin plaisir à fouiner dans les conversations, vidéos et photos compromettantes des habitants de la ville, avant de les faire fuiter. Première victime : le maire, aux positions ultraconservatrices, forcé d’exposer à ses électeurs ses charmantes escapades dans les bras de fringants jeunes hommes. Mais ce n’est que le début : toute la ville est bientôt victime de ce fléau. Au milieu de cet incontrôlable bordel, Lily et sa fidèle bande de copines vont bientôt se retrouver la cible de la haine de toute la communauté. Que la chasse aux sorcières commence !

"Quand Spring Breakers rencontre The Purge/American Nightmare", ou comment pitcher Assassination Nation grossièrement, mais plutôt judicieusement. Au teen movie sous psychotropes d’Harmony Korine, le réalisateur Sam Levinson emprunte le goût pour les effets de style à la cool, les jolies créatures se déhanchant jusqu’à l’écoeurement et un girl power sévèrement burné. Abusant des split screens, entre autres artifices, Levinson confond parfois style et prétention.

Dépeignant une société obsédée par l’image qu’elle renvoie, notamment via les réseaux sociaux, Assassination Nation peine durant sa première partie à trouver son rythme et son identité propres, jusqu’à paraître aux premiers abords comme un épisode de Black Mirror shooté par un réalisateur trop fier de ses plans et de ses outrances. Pour preuve, ce montage frénétique en guise d’introduction compilant les scènes chocs qui suivront (tentative de viol, meurtre,...), histoire de se payer la poire des chantres du politiquement correct dès l’entame.

Difficile également, initialement, de s’attacher à ses héroïnes, irritants clichés sur pattes incarnant volontairement une jeunesse "so 2018". Que certains spectateurs finissent par décrocher durant la première demi-heure, on pourrait facilement le pardonner. Mais faites confiance à votre serviteur : restez, la suite en vaut la peine.

Semblant au fil des minutes enfin se résoudre à abandonner son côté arty au profit d’une vraie progression de la tension dramatique, le film bascule totalement en deuxième partie et se transforme en rejeton de The Purge, folie violente collective et masques à l’appui.

Et attention, on ne parle pas ici d’un quelconque ersatz : en une seule scène de home invasion sous forme de long plan-séquence d’une classe folle, Assassination Nation ridiculise l’entièreté de la franchise initiée par James DeMonaco. Non seulement la maîtrise formelle est incontestable, mais le film se paie en plus le luxe d’enfin accorder de précieux moments à ses thématiques et à son message féministe, sublimé par un intense monologue final déclamé par son héroïne.

Assassination Nation étant avant tout un film d’exploitation, le tout est très surligné : ne vous attendez pas à une réflexion mature et subtile sur la condition de la femme et les dérives de la société actuelle. Il n’empêche que l’entreprise en sort grandie et dégage une vraie sincérité, là où ses prémices fleuraient bon l’opportunisme. On l’avait vraiment pas vue venir, celle-là.

Assassination Nation, c’est donc deux films pour le prix d’un, pour un résultat sacrément inégal qui nous empêchera de le recommander d’emblée. Il n’empêche, le métrage de Sam Levinson a les fondations assez solides (et des résultats désastreux au box office) pour le transformer, à terme, en petit film culte auprès de certains spectateurs avisés. On prend les paris et on en reparle dans quelques années ?

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