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Critique de Catacombes - Dans les entrailles de Paris

As Above, So Below (Catacombes) illustre la quête insensée d’une jeune archéologue intrépide, incarnée avec charme et aplomb par la craquante Perdita Weeks (la Mary Boleyn de la série Les Tudors - en interview ici !). Cette pasionaria prolonge le rêve de son père en partant à la recherche de la pierre philosophale chère à l’alchimiste Nicolas Flamel.

Sa « chasse au trésor » la mènera tout droit en Iran puis à Paris, dans les entrailles de la ville, sombrant de plus en plus profondément dans les catacombes en compagnie de son partenaire, expert en textes anciens (l’excellent Ben Feldman, aperçu dans Cloverfield et surtout dans la série Mad Men), d’un caméraman et d’une équipe bigarrée d’urban explorers. Mais plus que de rétablir la vérité historique, cette périlleuse expédition fera essentiellement ressurgir leurs secrets personnels les plus enfouis…

A quelques petites incongruités inhérentes au genre près (du style, pourquoi le caméraman s’évertue-t-il à filmer alors que sa survie est en jeu), le réalisateur John Erick Dowdle (En quarantaine, remake US de [Rec]) parvient étonnamment à éviter bon nombre d’écueils du found footage, qui, il faut bien l’avouer, s’était érigé ces dernières années en refuge pour petits malins et en alibi idéal aux productions les plus désargentées (les DTV s’inscrivant dans le genre sont innombrables) ; un domaine où règnent la fainéantise et la roublardise - dernier exemple en date : l’horripilant Willow Creek, subi au BIFFF 2014. Nous n’accordions dès lors que peu de crédit à Catacombes, alors qu’il s’agit du found footage le plus efficace depuis le [Rec] (2007) du duo Balaguero/Plaza. Un honneur qu’il partage avec l’éprouvant The Bay (Barry Levinson, 2012).

L’œuvre se démarque du tout-venant par une véritable empathie envers ses personnages, pour la plupart finement caractérisés (Ben Feldman insiste sur cet aspect dans son interview) et éloignés des habituels pantins du genre (le found footage, pour les trois du fond qui ne suivent pas !-ndr), ainsi que par un travail tangible de documentation historique, offrant au récit des frères Dowdle (John Erick et Drew - découvrez leur passionnante interview !) l’assise et l’épaisseur nécessaires.

D’une noirceur sidérante - presque nihiliste (si, si !) - dans son dernier tiers, lorsque la lumière du jour ne semble plus qu’un songe, As Above, So Below suscite un réel sentiment de claustrophobie chez le spectateur et l’embarque dans un grand huit anxiogène, en n’épargnant aucun de ses protagonistes.

A l’image du (néo) slasher teuton - tout dur ! - Urban Explorer (Andy Fetscher, 2011), avec qui il entretient quelques similitudes (pratique de l’exploration urbaine, résurgence d’un passé douloureux, longtemps enseveli dans les profondeurs de la ville), le judicieusement nommé Catacombes (comment faire plus clair ?) est une série B très rythmée, qui sans renouveler le genre, offre un tel impact sur le spectateur… qu’elle en contenterait presque les allergiques au found footage (dont l’auteur de ces lignes n’est pas loin de faire partie) !

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