Critique de film

Dark Shadows

"Dark Shadows"
affiche du film
  • Genre : Fantastique - Loups-Garous, Vampires, Fantômes
  • Année de production : 2012
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Tim Burton
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 1h52
  • Scénariste : John August, Dan Curtis
  • Musique : Danny Elfman
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Johnny Depp
  • Récompenses : --

En 1752, Joshua et Naomi Collins quittent Liverpool, en Angleterre, pour prendre la mer avec leur jeune fils Barnabas, et commencer une nouvelle vie en Amérique. Mais même un océan ne parvient pas à les éloigner de la terrible malédiction qui s’est abattue sur leur famille. Vingt années passent et Barnabas a le monde à ses pieds, ou du moins la ville de Collinsport, dans le Maine. Riche et puissant, c’est un séducteur invétéré… jusqu’à ce qu’il commette la grave erreur de briser le cœur d’Angelique Bouchard. C’est une sorcière, dans tous les sens du terme, qui lui jette un sort bien plus maléfique que la mort : celui d’être transformé en vampire et enterré vivant. Deux siècles plus tard, Barnabas est libéré de sa tombe par inadvertance et débarque en 1972 dans un monde totalement transformé…

Les critiques à propos de ce film

Critique de Dark Shadows - Part of the family
Par : Samuel Tubez

2012 est l’année Tim Burton. Avec une fabuleuse expo à la Cinémathèque Française et deux films à sortir dans les salles (Dark Shadows et Frankenweenie, prévu en octobre), le binoclard à la coupe de cheveux plus que douteuse fait plus que jamais l’actualité grâce à son style, il faut bien l’avouer, toujours aussi inimitable.

Dark Shadows, adaptation d’une série très populaire en Amérique dans les 60’s-70’s, met en scène la famille Collins, et plus particulièrement Barnabas Collins, descendant d’une riche famille de pionniers et d’hommes d’affaire, qui a été victime d’une malédiction puisqu’il fut transformé en vampire par une sorcière qui le convoitait. Deux siècle plus tard, il se libère de ses chaînes et revient dans son manoir où il fait la connaissance de sa descendance, engendrant un indéniable choc des cultures et des générations, mais provoquant aussi une ultime confrontation avec celle qui l’a jadis enterré vivant.

Un vampire, une sorcière, des fantômes (et bien d’autres surprises), voilà les ingrédients dont dispose Tim Burton pour nous concocter une nouvelle potion funeste dont seul lui a le secret. Loin de la lourde comédie auto-parodique que laissait présager l’immonde bande-annonce, Dark Shadows propose une comédie fantastique sombre et gothique, entre Beetlejuice, Edward aux mains d’argent et Sweeney Todd (avec un zeste d’Addams Family en rab’). Le divertissement est donc un peu plus subtil qu’il n’y paraît, possédant bien évidemment en son sein la fabuleuse esthétique gothique de l’artiste (le manoir, décor principal du film, est sublime) et un ton qui n’est pas qu’à la gaudriole. Dark Shadows est avant tout l’histoire d’une vengeance et d’un amour éperdu (les ombres d’Edward et de Sweeney Todd sont omniprésentes) vécus par un vampire séculaire qui n’hésite pas à l’occasion de se repaître de sang frais, le tout sur fond de chronique familiale, légère, il est vrai, mais qui comporte toutefois de petits portraits parfois pas piqués de hannetons (le père, un véritable lâche, qui n’hésite pas à abandonner son fils). Seul véritable gros point faible, on sent tout du long qu’il s’agit de l’adaptation d’un soap car le film est terriblement bavard et comporte finalement peu d’action et de gags (quasi tous présents dans le trailer). Bien heureusement, les dialogues sont assez relevés (un visionnement en v.o. est recommandé, sous prétexte de passer à côté de certaines « subtilités ») et, surtout, le casting est au diapason. Bien sûr, il y a les habitués de l’univers Burton qui sont en terrain connu avec, entre autres, un Johnny Depp qui cette fois n’en fait pas de trop dans le rôle très distingué du vampire Barnabas (sorte de clone presque parfait de Bela Lugosi), une Helena Bonham Carter qui, sans trop d’effort, demeure impeccable, puis il y a aussi le plaisir de retrouver Michelle Pfeiffer devant la caméra du réalisateur qui en fit la Catwoman la plus sexy jamais vue sur grand écran, ou encore l’inévitable caméo de l’éternel Christopher Lee. Quelques nouveaux-venus complètent le tableau comme l’excellent Jackie Earle Haley dans les guenilles du domestique (l’ombre de Riff Raff plane), la mignonne Chloe Moretz en mode flower power, et, surtout, la sublime Eva Green qui trouve ici l’un de ses meilleurs rôles, ce qui nous vaut d’ailleurs une superbe confrontation finale où Tim Burton laisse davantage éclater sa folie. Les fans de son univers devraient donc passer un bon moment, les détracteurs, quant à eux, pourront sans crainte continuer de bloquer sur les tics d’un cinéaste qu’ils jugeront fade et en panne d’inspiration. Tant pis pour eux, nous, on continue de prendre du plaisir !

Si Dark Shadows n’est éminemment pas un grand Tim Burton, loin de là, il n’en demeure pas moins un bon divertissement sombre et plus subtil qu’il n’y paraît, qui devrait rassurer les fans qui auraient déchanté devant Alice et qui nous réconforte en attendant la sortie de la version animée de son Frankenweenie qui pourrait bien enchanter, à sa façon, notre prochain Halloween.


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