Critique de film

Der Bunker

"Der Bunker"
affiche du film
  • Genre : Horreur, Comédie, Drame
  • Année de production : 2015
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Pays d'origine : Allemagne
  • Durée : 1h25
  • Musique : Leonard Petersen
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Récompenses :

En échange du gîte, un étudiant accepte de donner des leçons privées à l'enfant de la famille. Il déchante quand il découvre que la folie règne dans le coin

Les critiques à propos de ce film

Critique de Der Bunker - La cabane au fond du jardin
Par : Damien Taymans


Un étudiant loue une chambre pour y terminer ses travaux. Ses logeurs lui proposent un deal alléchant : il reprend en main l’éducation de leur moutard en échange du gite et du couvert. Dans le contrat, c’est évidemment écrit en police 3 que le gamin en question compte à peine plus que huit ans et qu’aucun apprentissage ne semble s’imprimer dans sa caboche, malgré des années de cours particuliers dispensés par son propre père. Quant à l’hôte extraterrestre qui habite la cuisse de la mère, il ne faut pas rêver, ce n’est mentionné nulle part...

Attention, OFNI... Présenté en première mondiale à la défunte Berlinale, le premier long-métrage du grecquo-germanique Nikias Chryssos a remporté le Grand Prix du festival Mauvais Genre avant de s’inviter dans divers festoches dont le NIFFF 2015. Sous ses faux airs de comédie familiale légère, cette bizarrerie cinématographique se libère lentement de ses oripeaux, se débarrasse de toute bienséance et révèle, sous ce vernis craquelé, une situation qui passe de loufoque à macabre. Cynique, Chryssos dépeint une cellule familiale atypique : le père torturé ne vit que par le regard de son épouse, la mère nourricière allaitant son marmot au sein et cachant un hôte étrange nommé Heinrich dans sa cuisse et enfin, un homme-enfant prétendant avoir huit ans mais aux dimensions adultes. Une foire aux monstres digne d’un Cronenberg, une brochette de freaks qui connaissent pour seul chapiteau un bunker isolé dans l’Allemagne profonde. Ce qui ne les empêche pas de nourrir quelque ambition aventureuse puisque les parents exigent que leur progéniture connaisse par cœur les capitales du monde entier et espèrent qu’il devienne un jour président des États-Unis, rien de moins.

Aussi absurde (le décalage créé par ces personnages extravagants, l’obstination de chacun à atteindre son objectif) que glauque (fessées et humiliations sont présentées comme les méthodes d’apprentissage les plus efficaces), cette bande parvient avec brio son numéro de funambule entre ces tendances grâce à un savant dosage de premier et de second degré, de loufoque et d’irrévérence. Porté par un quatuor d’acteurs fabuleux (parmi lesquels on retrouve Pit Bukowski, le samouraï en robe de Der Samurai), Der Bunker est une nouvelle étrangeté allemande aussi curieuse que percutante qui égratigne au passage une certaine bourgeoisie et s’attarde sur les dangers de l’éducation. Une première œuvre prometteuse, annonçant assurément que ce bunker ne sera pas celui de la dernière rafale pour son auteur...


Cinemag

> Feuilleter

Concours

Sondage